MÉDÉAH
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nicipalité et au nom de la population, saluer en Vous, Sire, rélu de la France et le maitre des destiiiées de notre belle GokiBie.
c Grftee aux bîenftdts que vous n*ave« eesai de répmdre sur nûtr9 cèère patrie, dès l'Instant où, par la iroknté nationale, Vous êtes arriéré an pouvoir sapréma, la sécnrité de ^avenir que nous n'avions guère comme que sous Tégide de Votre illustre oncle, le plus grand des grands hommes de Tantiqnité et dtoà IcijjjKS modernes, est aussit6t rentrée dans nos esprits ; la confiance, toujours indispensable dans les transactions commerrinles. s'est réhiblio, ot. à part quelqm^- souÛrances i{\nî nous cherchons toujours a atténuer et à soulager dans la mesure de nos forces, nous avons éprouvé dès lors un bien-ètrc et vne tmiquUUté dont nous afions été privés pendant de si longues années.
« Poursaives dono glorieusement la aoUe et lourde tâche que la Providence Vous a imposée et que Vous aeoomplisset uvec tant d'édat, de eonrage et d'éneiigie, et soyes oertam, Sire, ^ue la page que vous réserve Thistoire, ne sera qu*uae lOQgue suite dos prodiges opérés par le fondateur de Votre dynastie.
« Votre présence sur cette terre d'Afrique, est pour nous une preuve éclatante de la sollicitude que vous étendez sur toutes les parti* de Votre vaste, empire, et j> suib hoiireuxf Sire, d'être l'organe de la reconnaissance de toute cette population qui Vous entoure, et qui voit en votre présence un gage certain d'avenir et de prospérité pour son pays d*adoption.
c Entrez dans nos murs, Sire, et Vous y recevrez de toute la population, tant chrétienne que musulmane et is»élite, un acGudl enthousiaste, les bénédictions qui Vous sont dues et la preuve de sondévonement à Votre auguste personne, à l'Impératrice et à notre bien^aimé le Prince Impérial. »
En traversant la place Napoléon et la place d'Ârmes, coquettement décorées, l'Empereur fut agréablement surpris de l*atiuuatiou et du la gaîté qui régnaient dans cette ville eu quel-
que aorte perdus dam la» montagnes. Chaque maison, chaque ftaêlrs étÊit ornés de drapeaux et de banderolles aux couleurs
variée». Là où les drapeaux avaient manqué, les habitants y avaient suppléé en i n utivraiit la façade de leurs maisons avec ces riches tentures, ces brillantes étoffes en soie, en damas et en hn>card, qui entreot dans la com|>08ition du vêtement dea te m m es indigènes.
Parmi les discours adressés à l'Empereur, nous avons remarqué , et nous signalons celui de la communauté Israélite de Médéah* Le délégué de cette communauté s'est exprimé eu ces tenues :
t Sirs,
s La communauté Israélite de Hédéali ne nent point au devant de Votre Mijesté pour la prier de croire à sa fidélité à laFVanee.
«i Ne pas ctre dévoués à cette France dont le drapeaut dans ces contrées, a été le signal d abolition de notre servitude, cela nous serait impossible, nous serions frappés de dé* mcnce.
« C'est comme membres participants aux progrès de la colonisation, €*cst comme peuple lié par nos intérêts communs^ par des aspirations communes avec les Français, devenus Algériens, que nous venons, en la saluant de nos respecta et de notre amour, remercier votre Olorieuse Mi^esté de la sollicitude qu'atteste sa visite dans nos montagnes. »
Le lendemain, 12 mai, l'Empereur rentrait à Alger.
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La Province d'Oran est limitée: au nord, par la mer; k rest, par la province d*Alger ; au sud, par le désert ; à Touett, par Vempira du Maroc.
Sous la domination romaine, le territoire compris aujourd'hui dans la province d*Oran, faisait partie de la MauriUmie Céaa»
A l'époque Sarrasine, cette partie de la Mauritanie Césarienne forma un royaume arabe, désigné sous le nom de royaume de Tlemcen.
Plus tard, lorsque la milice turque domina en Algérie, le royaume de Tlemcen fîit réduit en un gouvernement qui eut pour chef-lieu Oran, où résidait un lieutenant du Dey d'Alger. Mais, pendant la longue occupation de cette ville par les Espagnols, le siège du gouvernement Turc fut établi à Mascara.
La province d*Oran occupe une superficie de 102,000 kilomètres carrés ; sa population est de 690,000 habitants, dont 028,000 indigènes et 62,000 européens.
Cette province est divisée^ comme les deux autres provinces, en deux territoires :
lo Le territoire cml^ administré par lûi préfet, et formant
un dé|Mirtenie4ii. — 2» Le îvrriUnre miUiaire^ administré directemmt par le général commandant la province, et
formant une division militaire.
Le département d^Oran se subdivise en quatre arrondisse* ments : Oran, Mascara. Mostapinem et Tlemcen.
Ce* quati'ti arranUti>scmenU> cuiuprennent !22 cUeli^-iieux de communes : Aboukir, AIn-el-Turc, AiU-TëdélèSi Aneu, Fleu* rua, r>ou-Tlrliî«, Mascara, Mers-cl-Kébir, Misserghin, Mostaganem, Oran, Péiissier, Kelixane, Rivoli, Saint-Cloud, Saint- Denîs-du-Sig, Saint>Louis« Saînte-Barbe-du-Tlélat, Sidi-bel- Abbès. Sidi-Chami, Tleuicen el Yaltuy.
53 villages sont annexés à ces ^ communes.
Ce qui porte à 75, le nombre des centres de population habités par des eui ojh ens, dans Ja province d'Oran.
Sur les 75 villes ou villages, il n'en eiistait que 7 au mo* ment de la conquête. Le bilan de la colonisation européenne dans . eue province, est donc de 68 villages créés.
La division militaire d*Oran comprend cinq subdiviaiom: Oran, Mostaganem, Sidi-bel-Abbès, Mascara, Tlemcen ; quinze cercles ou annexes; Orau, Ain-Temoudieiit, Mostagauem, Ammi-Mouasa, Zamora, Aïn-bel-Abbès , Daya, Mascara, Tiaret, Saïda. Géry- Ville, Tieiiicen, Nemours, Lala-Maghnia, eUSebdou ; et trois cent trente huit Kaïdats ou commandements arabes.
Au point do vue agricole, la ]»r()Vince d'Oran offre beaucoup d'intérêt. Quelques hommes d'initiative et d'intelligence, à la tète desquels il faut placer MM. Jules Du Pré de Saint-Maur, Charles Bonfort, Alexandre Calmels^ et les fondateurs de
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V Union du â^t^, ont donné uneipiveimpulvion an développement de ragriculture (laiis cette province, en ûtabiissatil et en diril^cant eux-mêmes dUmportantes exploitations, en y introduisant, en un mot, la grande culture.
Possesseur d'une fortune conaidcrablef M. Du Pré de Sahit- Maur apportait^ il y a vinigt ans, ses capitaux en Algérie, consacrait un million et demi h la rtnae en culture d'une vaste étendue de terrain, située dans la plaiue de la Mléta, créait une véritable ferme modèle, défrichait un millier d'hectares, cultivait le coton un des prenùer.s, et obtenait, dès 1854, le grand prix d'honneur pour ce riche produit.
La ferme de Temsalmet, créée par M. Charles Bonfort, près de Missergliiu, n'est pas moins importante. Concest-iionnaire de 1,500 hectares de terraiii, acquéreur de 1,000 autres heetares, il fondait, en 1852, une magnifique bergerie en vue de l'élevage et du perfectionnement, par les croi»ement8, des races bovine et ovine du pays ; ildéfridiait, plantait, bâtissait et transformait cnOn, un vaste désert en une riche exploitation agricole, que l'Empereur visitait, il y a deux mois, admirant les prodigieux résultats obtenus en si peu de temps.
Vers la même époque, un autre colon, M. Alexandre Calmels, du Tarn, commençait le défrichement d'une très-grande concession accordée à son père et à M.'.le colonel Brice. n attirait à Oran une importante immigration de cultivateurs du Tam^ «t faisait surgir, avec leur concours, d*une plaine couverte de palmiers nains, cette belle exploitation de Sidi-^Marouf, qui, par l'exemple donné de l'emploi des fumiers autrefois jetés à la mer, est considérée comme un modèle de culture*
Il« PROVUfCE DtNUK.
Enfin, la grande awo c ia t ion de VUnùm duSig, les fennee à eonridéniblai et si bien dirigées de M. Daudrieo , à Aréole, el
de M. ba^Ude, à Sidi-Uel-Abbcs, ont imprimé le mOûTement agricole, en inspinuit de la conflanee anx eoloas, et en important des capiteux là où ils manquaient.
L'exemple a été suivi, et l'agricuiture a fait de notables progrée dane cette province.
Il a été constaté, en effet, par le jury de la dernière exposition agricole, qu'en 10 ans:
Les eolons de la province d*Oran ont défiricbé 43,000 hectares de terrain ; qu'ils ont augmenté de 4j,Û00 hectares la culture des céréales ; que celle de la vjgne a été portée de 1S7 à 3,900 hectares, et celle du coton, de 5 à 3,800 hectares.
La commission du jury a terminé son rapport par ee tableau encourageant et très-exact de la colonisation dans la province d'Oran :
€ Eii traversant les plaines d'Oran, les coteaux de Mascara
qui se couvrent, d'année en année, de vignes luxuriantes ; — en visitant la vallée du Sig, où les heureux courtisans du roi C6Um se partagent son sceptre d*or ; — en admirant Sidi-bél- Abbès, qui compte à peine quatorze ans d'existence, Sidi-bel- Abbés et sa ceinture de peupliers et de platanes ; ses vergers dont les arbres ploient sous le poids des fruits ; ses fermes cachées dans des bouquets de verdure ; son amphithéâtre des eollmea du Thessalah, pleines d*air et de soleil, où s*étageiit de blanches habitations ; — Mostaganem, la perle de notre province, avec t»es nombreux villages, où l'aisance et le contente-
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meat témoignent du succès, la Commission ressentait une impression irrésistible de satisfaction et de bonheur.
a Pour moi, qui revoyais la Province après une absence de quatorze années, quand, spectateur lointain, je rapprochais, dans mon esprit, les souvenirs des premier s jours de lu coloni* satioti, des sites qui de tous côtés se déroulaient sous mes yeux, je ne pouvais me défendre d*une vive émotion, et Je disais avec le grand poëte romain :
• Salviî ma?na parcns frugum, Saturna lellus ■ Magna virum
€ Terre généreuse que celle qui donne tant de riches moissons ! Dignes enfants d'un tel sol, ceux qui les font germer t
€ De cette excursion, Messieurs, la Commission de la prime d'honneur a rapporté cette double conviction :
c Que le cultivateur algérien peut tout se promettre par le travail, partout où il le voudra, et que la colonisation a vigoureusement planté son drapeau sur cette terre à jamais fran"
c Aux esprits impatients dont le doute s'empare dès que soi^t un obstacle, comme aux esprits injustes qui nient sa vi* talité et sa puissance, elle peut répondre comme Galilée :
E pur si muove. » Oui, Messieurs, elle marche. »