SECOURS
L'Empereur a fait distribuer des secours importants aux œuvres de bienfaisance, à la Société ouvrière d*Oran, à divers habitants européens et indigènes, et a donné une dot de 600 fr. à une jeune fille qui lui présentait un bouquet pour le Prince Impérial.
LA SÉNIA.
Le village de La Sénia est situé ;i 8 kilcmètres d'Oran et à 43 kilomètres de Valmy. Sa populatioii est de Gô2 li il niants.
Ce village, peuplé en grande partie d'espagnols , a été créé le 10 juillet 1844, et amiexé a la commune d'Oran le 31 décembre 1856.
Les colons de La Sénia se livrent particulièrement à la culture maraîchère, dont les produits trouvent un fodle écoulement sur les marchés d'Oran. Cependant on remarque sur m territoire plusieurs fermes assez importantes.
1» HIUV1MC& wms.
lièh le lendemain de son arrivée ù Oran« T Empereur a voulu, comme il Imaii fait à Alger, visiter les villages agricoles de rurroodÛMineiit, «fin de juger par lui-même des tiamn aceompUs par les ooloos, et de Tétat des cultures européennes. Il a été émerveillé de (ont ce qn*U a vu dans cette riche pfOvince.
A quatre kilomètres d*Oran, sur la route de La SéniSi TKiupereur a fait arrêter «a voiture devant la ferme de Satsl-
Aifui; appartenant à M. Aimé Décugis. Sa Majesté a exsause avec plaisir lu petite exposition agricole qui a\aiL été placée à I tMitrée fie l'avenue de cette jolie ferme.
Au iniiieii tlf- or.iii^'es, des citrons et des autres produiii «le Sainl'Aimi\ s'otalait un superbe bouquet, compose de toutes les plus belles variétés de fleurs, et n'ayant pas moins de trois mètres de ciroooférence 1 II eut été difficile d*offnr à la maiû cet Immense bouquet; aussi, y avait-on renoncé. Mais la nièce de H. Aimé Décugis, IfU* Octavie Conriet, déliôeuss enfant de six ans, désigna à TEmpereur quelques-unes des fleon les plus rares, et lui adressa un charmant petit discours, qo^ tous les journaux ont publié, et que nous reproduisons ciaprès :
a Sire,
« Daijj^iez accepter ces fleurs. Je voudrais avec mes petites mains pouvoir les semer sur votre route, oter les épines des roses, en écarter tous les soucis, afin quo le souvenir de votre voyage d'Oran, soit pour vous un souvenir de bonheur et pour toute la population, qui vous chérit et vous désire, un biea^ut sans prix, t
Pendant que la petite ftUe mignonne et gradeose, débitait son compliment, l'Empereur, qui a le don précieux de rassurBr les plus timides, écoutait avec un sourire plein d'aménité et
LA SÉMIA
lui disait tout bas : a bien, très-bien , mon enfant. » L*enfant, après un gentil salut, se jeta heureuse et fière de s'en 6tre si bien tirée, dans les bras de sa mère.
H« le général Deligny, qui ai^mpagnait rEmpereur, lui présenta le propriétaire de la ferme, M. Aimé Décv^s, ancien colon et administrateur de La Sénia, aetuellement a4joiiit de la ville d*Oran. Sa Majesté le complimenta sur le bon aspect de ses cultures, et sur là beauté de ses fhiits. Puis, acceptant les fleurs que M. Décugîs lui offrait, Sa Bfajesté exprima le regret de ne pouvoir les envoyer ù Paris.
L'Kiijpereur conserva un lion souvenir de cette visite. Le lendemain, Sa Majesté, récompensait, en effet, l'intellip;:ent colon et l'administrateur dévoué en lui remettant Elle-même, la croix de la Légion d'honneur.
Après cette courte station à Saint-Aimé^ r£mpereur se rendit au village de La Sénia.
Le "village était en fête. Les rues et les places étaient pavoîsées. Des guirlandes de fleurs^ des couronnes de verdure* formaient comme un berceau, partout où le cortège impérial devait passer. Toute la population s*était portée au devant de Sa Bfiyesté, qui flit reçue à rentrée du village par le maire* adjoint, M. Joseph Royer. L'Empereur, charmé de l'aspect qu'offrait ce centre agricole, et très-satisfait de l'état des cultures qu'il avait remarquées, adressa à ce sujet quelques paroles très-bienveillantes à M. Royer, en le priant de féliciter en son nom, les courageux colons qui avaient transformé si heureusement des terres jadis couvertes de broussailles et de palmiers nains.
Cn paroles accueillies avec bonheur, redoublèrent l'enthou* siasme de la population, et rénera;ie de ses vivats, que TEmpereur dut entendre longtemps encore après avoir quitté le village.
PROVINCE inJHAA*.
MiSSERGHIN.
Ml»eighiu, clipf-iicii de coinrnune, i >i situé a 10 kiiomètres d'Oran, sur la route do Tlemcen. Sa population est de 1,440 habitants.
Les Beys d'Oran possédaient ;i Missergfain une habitation de plaisance» qui avait été abandonnée, et qoi n'offirait plus que des ruines, lorsque notre année prit possession de ce point. On j installa en 1857, dans un camp retrancbé, une colonie de militaires cultivateurs, auxqueb on substitua plus tard un régiment de spabis. Une très-belle pépinière, formée par les soins de ces militaires, fut dans la suite concédée à Vabbc Abram, sous Ifi condition d'y établir un orphelinat.
Xetm hi lin (le lS4i, M. Mercier Lacombe, alors directeur des aiïaires civiles de la province d'Oran , eut la pensée de créer un centre agricole dans le voisinage du camp retranché, près duquel étalent déjà groupées quelques maisons de cantinicrs et de petits commerçants. Ce village, dont l'emplacement avait été très-bien choisi, 8*est rapidement développé.. Il a été constitué en commune le 31 décembre 1856, et forme aujourd'hui une charmante petite ville. Ses rues sont larges^ droites et bien aérées. On y remarque une jolie église , construite en style roman, par If. Viala de Sorbier.
Le territoire de Misserghin est des plus fertiles : céréales, tabacs, arbres fruitiers et vignes; bétail nombreux, élève de IVspi' ce Ixuine et de l'espèce ovine, race mérinos. A quelques kilomètres de Misserghiii se trouve le lac salé.
Le lundi, 16 mai, à une heure et demie, le cortège impérial arrivait à Hisseighin.
MlSSERGiON.
M. Brosselard. préfet d'Oran, et M. le baron de MooLigny, secrétaire général de la préfecture^ attendaient r£nipereur à rentrée du village. ^ Sa Migerté s'est arrêtée près d'un arc de triomphe d'une magnifique simplicité, qui avait été dressé par les colons. La milice formait la hsie et ne parvenait que dUBdlement à arrêter les flots de population impatiente de contempler les traita de son Souverain. L*air retentissait des acclamations qui sortaient de toutes les poitrines.
A la téte d'une députation de jeunes filles toutes vêtues de blanc, portant une bannière où se lUaient ces nnot^: Souvenir du passage de Sa Majesté Napoléon III, M^'* Buret a lu à l'£mpereur le charmant petit discours que voici : « Sire,
« Permettez-moi d'être ai^ourd'hui l'interprète de mes compagnes, et de déposer aux pieds de Votre Hijesté l'expression sincère d'admiration et de dévouement sans bornes, dont nos cceurs sont pénétrés pour Elle. «
€ Instruites par nos parents dès la plus tendre enûmce, Sire, à aimer, bénir et respecter Votre illustre famille, ce jour certainement, ne sera terni que par un seul regret, celui de ne pouvoir montrer à Sa Majesté l'Impératrice, ainsi qu'à Son Altesse Impériale, votre Auguste fils, tout notre amour et tous nos respects.
« Sire,
c Ces fieurs que nous vous offrons, sont dues au travail de nos pères et de nos frères, et si Votre Majesté daigne les accepter, Elle lussera dans nos cœurs un étemel souvenir d'amour et de reconnaissance. »
L'£mpereur a répondu à peu près en ces termes :
€ Je VOUS remercie pour llmpératrice et le Prince Impérial, c des sentiments que vous m'exprimez au nom de vos com-
« pagnes. Je suis persuadé d'avance qu'ils seront très-sensibles « aux marques d'affection que vous témoignez. »
M. Buret, maire de Misserghin. entouré de son conseil moukipal, a ensuite pris la paiole en ces termes :
<t Sire,
€ L'surmée a conquis 1* Algérie, protégée par son drapeau victorieux. La cokMùsation deYait défricher et mettre en rapport cette belle conquête.
c Ceet la tAclie que nous nous sommes imposée, 9t que nous poorsutmns sans nous laisser déeoorager par les obs* tades.
c II y a dix*bttit ans à peine que les délHcliemenla et les belles cultnres que vient de traverser Votre Majesté sur le territoire de Mii>èergl»in , — remplacement lui-même de notre village, — n'auitUent oUcrt à ses yeux qu'un immense ama^» de palmiers !
4 Nos devancieni ont commencé l'œuvre avec courage et patience, nous la continuerons, Sire, avec persévérance et courage !....
< La Yisite tant désirée que Votre Majesté daigne nous £ûre en ce moment va rammer et doubler nos fi>ross. Qu'un rcjgard bienveillant tombe sur nos travaux, qu*un souvenir de cette belle Afrique, si riche d*avenir, suive Votre Majesté, quand Elle sera de retour dans notre mère>patrie. Soutenus et ranimés par cette grande faveur, nous resterons, Sire, à la hauteur de notre mission : créer en Afrique une nouvelle France ! »
bii Majesté a remercié M. le maire de l'accueil sympathique qui lui était fait par lu population et l'a aussitôt questionné, avec bcaucouj) de hienveillancc. sur les diverses cultnres du pays, principalement sur celle du coton, demandant si elle nécessitait une dépense d'eau considérable.
M. le maire a répondu que la terre d'Afrique est si fertile que toutes les euUttresy réussissent. Les terres de la commune produisent déjà des céréales de toute espèce, du lin, du tabac, des olives, des citrons, des oranges, des fruits variés et délicieux, voir même des nèfles et des bananes. Quant au coton, a lyouté M. Buret, il inent par&itement, malgré la (hible quantité
MISSERGHIN.
lit
d*eaa dont il est posnble de disposer aujourd'hui ; mais une fois les eaux d'irrigation bien aménagées, les cultures augmenteront en s*améUorant, et là province d'Oran aura son petit Blldah.
L*Enipereur s*est aussi informé des défrichements de la dernière campa-oie. Il loi a été répondu que les colons de la commune avaient planté seize hectares de vigne et que quinze hectares de palmiers avaient été défrichés.
Conduite sur la place d'Armes, où se trouvaient réunis dans une petite exposition agricole, quol iuos spécimens des produits dont M. le maire l'avait déjà entretenue, Sa Majesté a daigné descendre de voiture pour visiter un à un tous les objets ; Elle s'est arrêtée avec une attention toute particulière devant plusieurs échantillons de céréales, mais surtout sur une gerbe de blé d'£gypte, exposée par M. Tatyoînt Thomann. Les tiges de cette gerbe mesuraient près de deux mètres.
L'Empereur, émerveillé de la grosseur et de la beauté des épis, s'est tourné vers H. le général Fleury, affirmant n'avoir jamais rien vu d'aussi beau. Les orges et les blés des arabes ont également attiré l'attention de Sa Majesté.
A la vue des fruits et des légumes exposés en grande quantité, l'Empereur a demandé si les jardins étaient nombreux et bien cultivés. Sur la réponse affirmative. Il s'est avancé pour considérer un instant quelques nistruments aratoires ^t des sujets améliorés de l'espèce bovine du pays.
Sa Majesté est ensuite remontée en voiture aux vivats mille fois répétés de la foule, et le cortège impérial s*est dirigé vers la ferme de Temsalmet» appartenant à M. Charles Bonfort(i)>
[i) Ce compte rendu est exlrail de VEcho d'Oran. Nous avons fait de nombreux emprunts snx deux jourasnx qui se publieni à Onii. M. Perrier, rédaeteof de VEeho, et M. VsTgéridon, rédacteur du Courrier,
voudront bien nous excuser si nous ne plaçons pas toujours leurs noms à la . suite di s articles, que nous avons souvent reproduits textuellement, dans la crainte de nous laisser entraîner à des descriptions très-poéUqucs, isau inexactes, que l'imagination crée si volontiers quand il s*agit de ce beau pays. .
m PROVINCE DX)]IAN.
TEMSALMET.
La ferme de Sainte'Marie de Temêotmet est sUuée sur la route d'Oran à Tleincen, à 3 kilomètres S. 0. de Missei^in,
et i 10 kilomMres N. E. de Bou-T!élis.
(Vtto ferme, d'une contenance totale de 2,500 hectares en- \iiou (1). coini»iend trois rtahlissements distincts: le premier a »Hé crc»i j»n's du /,<»<•->'»///■; le second, près de la route, au lieu dit Aiii-liri'diah, où sont des sources artésiennes d'une grande nhondancc; et le troisième, le plus important, est situé près de la source des Poissons -Sacré$ , à Tentrée du ravin de Temsalmet et non loin du célèbre marabout de Sidi- Marouft.
On arrive à la ferme en suivant une dodble rangée de superbes mûriers, qui forment une avenue d*an kilomètre de longueur. Les jardins ont une étendue de 10 hectares, et sont
comptantes d'oranfi^crs, de citronniers, d*arbres fruitiers, d'oliviers, de \i^Mies et de légumes.
M. Chailes Honfort, iiropriétaire de ce vaste domaine, a fuit d'inimeubés travaux en d«'tVichemonts , constructions, irrigations et dessèchements; mais le jnincipal ohjet de son exploitation agricole, est l'élevage et le perfectionnement, par les croisements, des races hovine et ovine. Il a obtenu de très* beaux résultats. Ses pix>duitsontété remarqués dans toutes les expositions, et lui ont valu de nombreuses médailles.
(I) l.iftO hcciures ont élé concéks à M. Bonfori,* les autres liectaivs, itutauniient lesjarJias, proviennent do divers achats.
TEMSALMET.
L*Empereur a visité la ferme de Temsalmet avec une attention particulière. Sa Mi^esté n*a pas oonsacré moins de deux heures à Texamen de cette propriété. Elle a voulu tout voir, tout savoir.
Cette visite est, selon nous, un feit important ; car M. Charles
Bonloi 1 a pu éclairer Sa Majesté sur les difTicultés de plus d'un genre qu'il a rencontrées dans son existence de colon, notamluent daris le libre emploi de la main-d'œuvre indif^ène, que les chefs arabes ont un si grand intérêt à retenir chez eux, à leur profit, car ce qu'ils redoutent le plus, et non sans raison, pour leur fortune, c'est le contact des européens avec leurs administrés.
Mais ces obstacles ont été levés, grâce à la persévérance de H. Bonfort, et TEmpereur a appris avec plaisir qu'un certain nombre d*indigènes, installés dans la ferme depuis plusieurs années, travaillaient à côté des européens, et vivaient avec eux en très-bonne intelligence.
Nous devons à Tobligeance d'un parent de M. Bonfort, la communication d'une relation q\ù contient des détails trèsintéressants sur la visite de l'Empereur à Temsalmet. — Rien que ce récit intime n'ait pas- été rédigé en vue d'une publication, ou plutôt à cause décela précisément, nous commettons Findiscrétion de Tinsérer dans cet ouvrage j car il nous paraît extrêmement utile de publier les renseignements les plus complets sur le voyage impérial, auquel nous donnerions volontiers le titre d*enquête agricole,
SOUVENIRS rXTIMES DE LA VISITE DE SA MAJESTl^ NAPOLÉON lU A LA FSBMB DB 8AIHTE-IU1UB OE TEMSALMET.
Le 15 mai 1865 a été pour ma l'amillc un jour de triomphe, un jour de bonheur, qui m'a fait oublier bien des tribulations
PROVINCE vmks.
pa-s^»»«»!«. «t dont le Houvenir »^st à jamais gravé dans nos cœurs.
J'»i eu plutôt la visite d'un p«>re que celle d'un souverain : d'un souverain qui lient en échec l'Europe ! le inonde entier lî!
Dans la matinée du 15, j'appris indirectement que la veille, à t.ihla, Sa Majesté avait manifesté l'intention de connaître en détail mon eiploitation; ce ne fot tootefois que vers lOfaenres, que je eonnue le moment du départ pour Miasergliln, o& TEmpereur devait le rendre avant de venir chei moi.
Je n*arrivai à la ferme qu'une heure au plus avant SaUiyesté. M. le commandant Piquemal, qui précédait de quelques minute» le cortège, me surprit clouant, au pied du premier peuplier. |il.intc au latlieu de la ferme, et au sommet (iiujuel j'avais arboré le pavillon national, cette inscription véridique. « En tSx)^^ ici tout était jJtUnttrrs muHS. *»
C'était tout le luxe que je voulusse et que je dusse déployer : Uu reste, je n'avais eu que le temps de faire rentrer à la hâte une partie de mes troupeaux, (environ i,âOO bètes, espèces bovine et ovine, croisés bretons, et métis mérinos), de réunir mes travailleurs européens et indigèm^s, et de ranger sous la treille nord de la maison, en avant du jardin, divers produits de mon eiploitation (1).
Je me portai & 100 mètres en dehors descourâ, dans l'avenue des mûriers qui va de lu route à la ferme, pour offrir ni€S respectueux hommages, à l'Empereur au moment où Sa Ma- }(^Mx poiictrait dans la première enceinte démon étabiisselueul .
Sa Majcstt' Iranchit au pas la première cour, examinant attentivement les troupeaux de vaches et indiquant celles de race bi étonne et leurs dérivés qui se rencontrèrent à portée. Puis , le cortège prenant à droite dans la deuxième cour,
(1) Laine , colouj blé, orge, avoine, maïs, luzerne, légumes tirais d secs, caroubes, etc., etc. et d'entaassr sur une table arabe» les fruits
frais, oranges, citrons, mandarines, pample mousses, cédrats, bananes, amandes, fraisi^s, figues, abricots, olives, etc., elc*, vin, miel, cire, beurre, porc salé, etc., elc.
TËàlSALAIËT.
s'urr^ta devant la porte de mon habitation, où Sa U^esté mit pied à terre.
Aussitôt j*ett8 rineffiible bonheur de présenter à TEmpereur ma femme et mes enfimts, en ayant soiii d'indiquer que ces derniers étaient algériens.
Avec une aménité impossible à traduire, rEmpereur me questioiHia sur mon origine, l'époque de mon arrivée en Algérie celle de ma création agricole, sur l'âge de ma iilie et la vocation de mon fils.
Déjà, maître de nia profonde émotion, grâce à l'aftabilit*; hieiprimable de Sa Majesté, je répondis succinctement à cet interrogatoire paternel, en ^joutant que si I^eu voulait que je restasse colon, mon fils me succéderait. L'Empereur voulut bien applaudir à cette résolution, et complimenter madame Bonfort d'avoir, dès les premiers jours, partagé ma vie de colon ; puis, traversant mes modestes appartements, Sa Majesté, en entrant dans le jardin, fbt saluée par mon personnel européen et indigène aux acclamations unatamcs el spontanées de:
Vive l'Empereur l Vive r Impératrice !
Vive le Prince Impérial !
L'Empereur s'arrêtant devant chaque produit exhibé, m'interrogea sur le mode de culture, les quantités produites, les rendements, les débouchés, etc., etc., exprimant le désir d'avoir de moi, puisque j'avais été négociant, des renseignements précis et commerciaux.
Les laines, les céréales, les cotons, l'élevage du bétail, parurent attirer plus particulièrement l'attention de Sa Majesté, qui voulut bien exprimer sa satisfaction de juger sur les lieux mêmes ce que i uuuative privée avait su créer eu si peu da temps.
Plongeant la main dans un sac de pois chiclies, pois pointus, Sa Majesté dit en bon espagnol; ^ ce sont là des gorhanzos. » Puis, voyant des caroubes» Elle me demanda presque farni-
liimncni si j*ftTais essayé d'en faire du café. Peu initié aux sacreU de cefU nouvelle iodaslrie parisienne, j'avouai D*avoir sa, comme café proprement dit, en fiure %a*im détc^able Iweniage, maie qu'en été, nos ootrien en faisaient une orte de piquette penable et Ibrt désaltérante; que, comme en Cone, en Sardaigne^ etc., j*en engraissais le bétail, et j'ajoutai que ce fruit, très-avantaireusement employé en distillerie, pourrait devenir un produit naturel d'une importance n elle, si les carmibiers, fn'«(-romînuns en Algérie, mais qu on n a rencontrés qu'à Tctat sauvage, étaient soigné?:, preffés. muiiipliés, et surtout préservés des incendies qui, par rîncurie des araires, dévastent trop souvent les reboisements.
8a Miyesté me questionna ensuit» sur mon penonnsl indigène, sinfbrmant de ses trataui , et désirant surtout savoir si j*en étais satisftdt, depuis quand j'employais les indig^ et à quelles conditions?
J'eus la satisfaction de pouvoir répondre que si, au débuts j'avais eu des diliu uiti's à les attirer librement chez moi, je ro*app1audissais d'avoir persisté ; que pas un seul n'y ét^iit depuif; moins de 4 à r> ans, et quelques-uns depuis le premier jour de mon installation (en 1852) ; qu'ils y vivaient selon leurs coutumes, avec leurs troupeaux et leurs âimilles réunies en petit douar ; que je les occupais selon leurs aptitudes à titre de fcomét, fUah (métayers), beif^ers, ouvriers terrassiers et même jardiniers ; que leur salaire variait de 1 à 2 francs par jour ; qu'à ces conditions, ils étaient, par le fait, plus heureux que les ouvriers européens ; que leur seule obligation vis-è-vis de moi était de ne jamais rester oisifs, de me fournir à toute demande la main-d'œuvre dont j'avais besoin et dont ils pouvaient disposer; (ju ilb paraissaient tous m*ètre dévoués, qu'ils m'en avaient souvent donné des preuves.
Sa Majesté parut fort satisfaite de mes affirmations, et sur* tout d'apprendre que depuis si longtemps j'employais avec succès les indigènes.
En entrant dans le jardin, l'Empereur fut frappé de la ri-
T£MSAUI£T.
ebesse de sa végétation. S'arrêtent devant les deux grandp;^
touffes de lauriers qui commencent l'avenue principale, Su Majesté parut surprise que ce tut là des arbres plantés par moi. J'etis la joie d'affirmer que ce n't'tait que de simples éclats mis en place en 1853, Pun en souvenir du général de Mac- Hahon, qui m'avait rois en possession de ma propriété, l'autre en souvenir du général Pélissier, qui m'avait fait délivrer mes titres définitifs.
Un peu plus loin, Sa Migesté s'arrêta encore devant les dattiers^ souvenir de Laghouat, dont la semence m'avait été expédiée sous ibfme de régime par Tillustre vaimiueur de cette oasis, le parrain de ma ferme.
Sa Majesté dai<rna faire aussi une station au gigantesque iiKissif de caroubiers et nmandiers où, dans l'hiver de 1852^ j'avais établi mon premier gourbi. Avant moi, il n'y avait pas pierre sur pierre, si ce n'est des cimetières religieusement respectés, de même que le marabout de Sidi-AIarouf (1), et dans la plaine, celui de Sidi-Ali-Bou-Tlélis , dont la légende veut quMl ait, un jour de guerre, renouvelé en faveur des tribus du Mahgzen, le miracle de la multiplicatimi des pains.
Il parut plaira encore à Sa Majesté de connaître pourquoi Veau qui arrose nos jardins s'appelle la source des poissonssacrés. Je racontais que chez les arabes, il était accrédité que Viime de leur marabout se perpétue dans les barbets qui, depuis des siècles, se multiplient successivement dans le bassin naturel du bouillonnement de la source ; qu'il paraissait avéré que Sidi-Marouf, qui vivait du temps des Beni-Zian, avant la domination Turque, homme de jugement et justement vénéré, avait dû, pour détruire le frai de sangsues qîii s'engendre dans les eaux vives, y porter des poissons qu'il avait eu le bon esprit de mettre%ous sa sainte protection. Cette tra- <Utioo des barbots sacrés, du reste commune à beaucoup
(1) Ce moQumeDt» qui renferme le tombeau de Stdi-Maruul et celui de A femmcy a été élevé par les arabes longtemps aprè^s sa mort.
ta
de source», était connue de plusieurs hauts personnagei> de la toiU d« Sa Majesié, qui avant moi, ont connu Temsalmet. — TemMlnet, a été le théâtre de pàiu d'un haut £ût militaire, aimî que ratteatent les bouleta, déteiréa par le 80C de nos cbarmct (I).
Sa Miqefié, ne restant indillérente à rien, m'interfOgea minatieueemetit et avec beaaeonp de bonté, sur ma ^ de colon,
sur mon exploitation, sur l'élevage, sur les déboQchés des protluils et <lii iM'tail ; &ur mes cultures, sur l'âge des planta- , tions. aiiiiiir ifïf à chaque pas la vigoureuse venue de orangers ' et des citronmers qui. de «simples boutures, sont devenus en i quelques années, à l'aide de beaucoup de soin, d'un peu d'eau et de bonnes fumures, des arbres superbes, donnant déjà an moins 150,000 fruit», là en était de même des autres plantations : oUviers, amandiers, figuiers, bananiers^ tîgnes, semis da pins, ete. Sa Mijesté admiim beaucoup les trois ou quatre | anciens âtronniers soigneusement aménagés et qui, chsenn, ! prodvdsent annuellement 2 à 3,000 citrons.
L'Empereur tint à voir un tuya, dont l'essence domuie dcius la contrée, et boise déjà convenablement les montagnes qui dépendent de ma propriété, depuis que j'en ai interdit l'accès aux troupeaux de chèvres. Sa Majesté m'ayant demandés! les pins poussaient avantageusement sur la montagne, j'eus le plaisir d*en montrer un bouquet de superbe venue, solde d*nn grand semis, miraculeusement échappé à un incendie venu des propriétés arabes environnantes qui, il y a quelques années, désola le pays*
En m*entretenant des reboisements et des défridiements,
Sa Majesté me demanda si j'étais d'avis que le palmier nain est indispensable à la conservation des pacages par l'abri qu'il donne en été aux plantes fourragères.
Je répondis qu'il m'était impossible de partager d'une ma-
(1) J*avtb mis en las ceux que j*ai trouvés, pour 6ire eontrasie avec les produits dn sol qui les oui si avantagmueroeot lemiilafiés.
TEMSALNET.
nière absolue cette opinion ; que la chose vraie, en elle-même* en ce qui est du pâturage primitif des indigèDCs, principalement pour les terrains de médiocre qualité, n'était plus applicable pour les terres cultivables odi Findustrie européenne saurait toujours, par la fiiux ou les instruments perfeetâonnés, tirer purli des foins là OÙ les pahiiieis ne seraient pas un obstacle ; que le palmier nain qui ne produit rien ou presque rien, était avec raison considéré par les colons comme un de leurs plus cruels ennemis.
Sa Majesté s'informa si le grand lac salé qui se déroulait devant nous était insalubre, si Teau y séjournait toujours, ft*il serait focile de le dessécher, de Fassainir, de te cultiver.
Sur la question de salubrité, l'opinion étant très-divisée, je me bornai à affirmer que, même « ma ferme des bords du lac, nous n'avions jamais directement ressenti de fUnestes influences du voisinage du grand lac ; qu'il me semblait possible^ si non facile, de rendre à l'industrie ptistorale cet immense steppe aquatique, mais que c'était là une œuvre de persévérance, et non une entreprise à enlever d'assaut en deux ou quatre ans, ainsi que théoriquement on semblait le croire; ce qui malheureusem^t jusque là, n'avait abouti qu'à entraver les efforts particuliers qui, pratiquement, avaient essayé de conquérir quelques parcelles des bords du lac, dont Fétendue totale ne compte pas moins de 00,000 hectares.
Quant à moi, il me parait d'autant plus difficile que le latf puisse par lui-même engendrer des maladies, que dans toute son étendue, aucune plante, aucun animacule ne peut s'y développer, puisque les eaux du ciel qui s'v accumulent en hiver, se saturent immédiatemeuL de sei, et s'évaporent dès que la saison pluviale cesse ; de sorte que la cuvette du lac, composée d'argile salée, dont la couche n'a pas moins de 200 mètres d'épaisseur, reste ordinairement 6 à 8 mois complètement à sec.
Revenus devant l'antique caroubier qui, en 1858, nous avait servi d'abri, Sa Mijesté daigna se souvenir de ce que J'avais
m llMMMMir d« rMonter iiim hem svatit, et de Màkt M«* BoniHi d*afOir asdeté, aidé à la création da merfefllrat jaidin (ee loni let eipreniODS de Sa M i^esté) qa*il avait tant
de satisfaction ù admirer en détail.
Sa Majesté visita ensuite les bergeries, et s* lit u importer des !îiine««, afin Ue rendre exactement c injitc du rendement diiïéreiitiel tr^-sensible en poids et en qualité qui existe entre la toiiion arabe et la toison métis mérinos, dont la race a ëté introduUe par moi, en i854, dans la province d'Oran.
Au moment où Sa Mij^^ sortait de la bergerie, ma fill« se rencontra aur son pasiage et eut le bonhenr de lui olfinr des roses qu'elle cueillait k la bâte, sans qu'elle eût le temps de les réunir en bouquet. Dans son aménité incessante. Sa Majesté exprima le plaisir de les recevoir ainsi sans apprêt, à l'improviste, et les cun . i va à la main jusqu'à son départ. J'ai su que le soir ces lieu rs décorèrent la table de Sa Majesté, qui voulut bien les faire admirer à ses invités, en causant avec autant de bienvâllance que d'indulgence de sa loqgae promenade à Temsalmet.
M. le Ckmvemeur Général ayant demandé ce qui, àBrédîaii, pouvait attirer Tatteotion du Souverain, je m'empressai és citer le merveilleui résultat du forage artésien, récemment entrepris par l'administration (1) ; mais j'ajoutai que la question d'irrigation n'avait été en réalité vidée que depuis très-pea de temps; que je n'avais à mon très-grand regret, aucune plantation à pouvoir evhilier; que je n'avais là qu'un vaste établissement d'élevage, parcs, étables, bergeries, puisque jusque là, il m'avait été impossible d'y continuer ee que j'avais ai courageusement commencé en 1856.
Sa Majesté termina son auguste visite à ma forme, en n»
(1) Grâce à l'intervention officieuse, aussi éclairée que bienveillaiit« et dévouée du service des luines, auquel je fais avec juste raison remonter teni ce quHl vient d*étf8 fuit dlisareux à Brddiah, après sept ai» laite navrante, deni le souvenir ne peut S'elboer de ma pensée.
TEMSALMËi.
complimentant chaleureusaisait sur les médailles de l** dasse que j'ai obtenues à l'exposition universelle de 1865, et aux diverses expositions locales, et qu*un de nos amis, & mon insu, avait cru devoir mettre sous les yeux de TEmpereur.
Devinant mon embarras de cet iiu^iromptu, Sa Majesté daigna me dire d'un ton de bienveillance extrême, que je n'avais pas à eu rougir, au contraire ; que c'étaient là de précieux souvenirs, des récompenses bien méritées, et réitéra sa sa- / tisfaction d'avoir jugé sur les lieux mêmes de ce que l'initiative pnvée avait su créer en si peu de temps.
Le lendemaini l'Empereur partit pour Tintérieur; à son re* tour du Sig, M. Charles Bonfort remit à Sa Majesté un mémoire sur la colonisation, ou plutôt l'exposé d'un mode d'exploitation ^ricole et pastorale, répondant avec plus de niéthodo aux diverses questions que l'Empereur lui avait adressées sur cet objet, pendant sa visite à Temsalmet.
Nous transcrivons ci-après les conclusions de ce travail, qui a été accueilli avec beaucoup d'intérêt par l'Empereur :
t J'ai voulu, Sire, par ce qui précède, exposer respectueusement à Votre Majesté, sous un point de vue général, Timpor* tance et la nécesuté de la création, en faveur de Tindustrie agfinole, de grands établissements de crédit, dont le fonctionnement en Algérie serait pour les colons comme pour la Colonie, une seconde providence,
« Un homme à jamais cplt bre. a peint dans une belle image qu'on dirait faite pour rAigérie, l'essor que le crédit donne à i'sgviûuiture.
a On peut, a dit Tuigot en parlant du crédit, regarder l'intérêt, le prix des capitaux, comme un niveau au-dessus duquel tout travail, toute agriculture^ toute industne cessent ; e'est eomme une mer répandue sur une vaste contrée; les sommets des montagoee forment des lies fertiles et cultivées ; si eette Bker ^ent k s'écouler^ à mesure qu'elle descend les terrains en pente, puis les plaines et les \alluns paraissent et se
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reiit de j*roductiuii>. 11 surtit t|ue i eiui luoiite ou ■s'abaisse d un pied paur îooiuler ou pour rendre à la culture de« plages iamtmtê. •
Snh-Bel-Ahb<'s, ch'^f-lieu df» cunmiune et de >iibdivisiomniliinive. eni situé à 8'2 kiioiuètres S. d'Oraiï, sur la route qui reli<": TIemccn n Mascarn.
Cette commune comprend deux annexes : Sidi-Lhassen et Sidi-Brahim. Sa population totale est de 6,587 habitants.
En 1843, une colonne commandée par M. le général Bedeea vint 6*éUblir sur le territoire des Beni-Âmer, et oonetnilaît sur le rive droite de la llekerra et à peu de distance de la Kouba de Sidi-Bel-Abb^, une redoute qui prit le nom de oe marabout, et dans laquelle on établit une ibrte garnison, destinée à tenir en respect la puissante et turbulente confédération des Béni"
Les Beni-Ain»T se voyant ainsi surveillés, abandoinuM ^nt, au nombre de 25,0(Â). le territoire de Sidi-Bel-Abbès, et traosportèrsnt leurs tentes dans le Maroc.
La fertilité de ce territoire, devenue ainsi la propriété de r£taty l'abondance de ses eaux, sa salubrité, sa position avan* tageuae au point de vue stratégique, déterminèrent le CtoQvarneur à Toccuper d*aQe manière définitive.* Un décret, en date du 5 janvier 1849, y créa une ville , qui fut érigée en chef-lisu de commune le 31 décembre 1856, et qui est administrée psr un commissaire civil depuis le l^"" janvier 1857.
« Sidi-Bel-Abbès, dit M. L. Piesse. dans son Itinéraire cte V Algérie, est aujourd'hui une ville toute Oannaise, sortie grande et belle, avec sa corbeille de verdure, dans l'espace de dix années seulement, d'un marécage de la Mekerra. »
SiDl-BEL-ABBÈS.
Amer.
SIDI-BËL-ÂBBÈS.
tftt
Le i6 mai, à 8 heures du matin, l'Eiiipereur p:u tait d'Oran po\ir aller visiter Sidi-Bel-Abbès. Sa Majesté s'airéta un instant à Valmy, où elle fut haranguée par M. Edouard Peyre. maire de cette petite commune, et poursuivit ensuite sa route ▼ers l'oasis de Sidi-Bei-Abbès.
a En quittant Valmy, dit le oomapondant du Moniteur du «oir,qiii a sai^ TEmperettr dans cewyage, la colonisation européenne disparaît pour ainsi dire ; ce ne sont plus que de vastes étendues occupées par les populations arabes. Sur tout ce long parcours^ les douars arabes étaient Tenus planter les tentes sur le bord de la route, et lorsque Sa Majesté l'Empereur pasbait devant un de ces rasseml)ltiiiieiits nomades. Elle était accueillie ]Jiir les vivats les plus frénétiques, les femmes faisaient entendre le toulouil, cri aigu de joie aux modulations stridentes, et les robustes ûUes de la tente venaient présenter à la portière de la calèche impériale le panier d*œufs et la jatte de lait de l'hospitalité, hommage Intime de lafiunille. Sa Majesté aeeneillait ^vec bienveillance ces manifestations primitives, le cortège impérial passait rapide pour être salué à un autre tournant de route, par une autre tribu, un autre douar.
a C'est au milieu de ces ovations échelonnées et ijjontanées, que Sa Majesté arriva sur le territoire de Sidi-Bel-Abbès. Je ne saurais vous dépeindre l'effet de transition qui se produit ; c'est plus que de l'étonnement, c'est presque de Témotion. La végétation surgit subitement sans aucune préparation. On passe de Tinfertilité apparente à la fertilité la plus robuste ; les champs aux moissons dorées succèdent aux vergers touflbs et aux vignobles verdoyants. L'abondance se développe sous toutes ses formes et se manifeste dans les produits les plus divers ; c'est une véntable débauche de végétation, et Tesprit
le pluti coiijpl.uaaiài a peine à se persuader que toute cette richesse aijrictile a été créée en quelques aanées. et qu'elle est Vii iivre de nos braves colons arrivés ici sans autres ressoufces 4tie les forces brachiales.
« CTest m Biittea da cette oasis que se cadie Sidi-Bel- Abbès, ville rigoUèfe tomm» une dté «mérkalDa Jetéeau miliea dHni jâifdiii ffenqne. s
à trois lieiiret ei demie, rBflqpereitr fiûeaîl aoii entrée à Sidi-Bel-Abbèi , et M. VUletard de Vrmakms, conuBisBaife civil, maire de la commune^ lui offrait les clefs de la ville, en prononçant le discours suivant ; t Sire.
•) J'ai rhonneur de présenter à Votre Mi^jesté les clefs de 8idi-Bel-Abbès.
c Ceet à Votre Ifiyeeté que cette tille doit son enateDce; c*eet à Votre lligeeté qae ses habitante doivent leur ananoe et leur bien-être. Notre gratitude était déjà bien grande, et Votre Majesté l'augmente encore, en daignant nous honorer és Son Auguste présence, en venant constater par Elle-Ménie les résultats de quinze années de luttes énei^iques et d'efforts persévérants.
'« haiprne?. donc, Sire, agréer Thommage de notre profonde reconnaissance , de notre confiance absolue en Votre Majesté.
t Si vives, si ardentes que puissent être les aoclamaitlonB qui salueront Votre Majesté, elles seront encore insuffisantes pour exprimer tout notre amour, tout notre dévouement à notre Empereur, à notre Impératrice et au jeune Prince, qui, formé par vos soins, continnera les traditions de grandeur et de gloire, dont l'Histoire fera le règne caractéristique de l'auguste et nationale dynastie des Napoléon. i>
L'Empereur a prêté la plus bienveillante attention à ce discours, et a daigné Lui-Même prendre le plateau où étaient déposées les clefs de la ville, et Ta remis au général Fleur) •
Sa Hi^esté est entrée ensuite dans la ville, en paaeant eous
SlDl-bklL-ABBÈS.
un arc de triomphe en verdure, élevé par les aolns de lu municipalité, et portant Vinscription saîvante :