CONSTANTIN
Constaotine, chef-Iimi de préfecture et de divisiOD militaire, est situé à 482 kilomètres d'Alger, et à 83 kilomètres du port de PhilippevîUe.
La Ville de Constantine est bâtie sur remplacement de Cirta, qui avait été fondée par les Grecs, et qui devint la capitale de la Numidie, Cirta ayant été détruite par les lieutenants de Maxence (304 après J.-C), fut réédifiée par Constantin, qui lui donna son nom.— Ckxnstantine résista aux Vandales ; mais, sous la domination arabe, on y laissa périr les beaux aqueducs et les égouts construits par les Romains. Kaïr*ed-Din Barberousse s'en empara en i520 , et depuis cette époque, jusqu'à sa prise par le général Valée, en 1837, elle obéit à des beys, vassaux du dey d'Alger.
Placée dans une dépression que forme la cbalne limite du Tell et des grandes plaines centrales, CoJistanLiiie occupe un plateau dont les contours dessinent un tr apèze régulier, qui a son angle le plus aigu tourné vers le midi, tandis que les ti ois autres font exactement face aux trois autres points cardinaux.
Sur les deux faces du sud-est et du nord-est, ce plateau a été séparé de la masse à laquelle il appartient^ par une décSiirure profonde dans laquelle coulent, sous le nom d'Oued- BtnmA^ riidère du sable, les eaux i<éumes de VOueà-alU-Hwmmam et de VOued'BihiirMenoug.
Pendant un assez long parcours, ce n'est qu*un ravin d'une soixantaine ^^de mètres de largeur, à l'extrémité duquel on avait jeté ce pont fameux appelé El~Kantara, qui s'est écroulé en 1856. Arrivé en cet endroit^ le ravin s'évase progressivement et prend enfin une grande laigeur, le torrent disparait
fit PROVINCE DS GONSTAimifE.
à pliuiaiirt rapriMB toi» dei bancs de rodiei épiaiw, et reftenH aiiMt tfoîs ftis dme des gooftres proflbndst jaaqaTsa monMiit oft il t*élaiice m cateades écumantes dans la belle valMe qtà le conduit à la mer.
Et comme la surtace du plateau s'est de plus en plus élève a iiiehiire que le lunti de 1 al)ime <?'al>ais!?nit toujours, au-dessus (les cascades se <ire:»se uu promontoire immense d'environ 2fX) Hiètres de hauteur, qui justifie pleinement le sumoui d*Aéristmê, donné jadis à Constantine par les anbes.
CoMtantine aM lioutée, eil daneniie véritable pream*tte, qui n*eil to dlemeat abordable q«*an snd^eel. Anasi, eiUoe de oe e6td que se itwr^ la porte prindpald, la Perle YMê, et qo*aboiitisaent les trois grandes roqtes qui la mettent m rapport avec Pbilippeville au nord, DjidjelU au nord-ouest, IKatna et Bi^kaia, ïan clefs du Sahara, au midi j Sétif et .iUger à I ouest (1).
Constantine est divisée en deux quartiers, dont la physionomie est bien distincte : le quartier européen et le quartier ar^be. Dans le premier, qui oomprend Faiieieià et trèe-beau palais 4*Abmd«Bey, affecté aiqoafdliui an logement du commandant ■«péifieiir, Ice mme françaisea ont remplacé l^e coMtr wi w ms îndli^oes; on 7 retroi^# le nmivement de noa grandw fiUne de \a Métropole, Le (piartiw Indigène a^coaesrvé mm originalité. « Rien n*est plus curieux, dit H. h. Piesse.
cette fournulit re qu'on appelle le quartier arabe, où les FVta^ et les impasses, étroites et tortueuses, à ciel Ouvert ou vo(^^^s, font le labyrinthe le plus i|i^|^tncable qu^ Xoi^ pyi§$^ loM^iguicr. 9 ^
La population totale de la^ COiJUputfe de Capsts^itine est de 45, 743 habitante ; elle se coiApp^ ifi VA^m^pét^ ^k4^
Qml^ntiii^ 4M à ea jposîtm C^i^^
(l^ Celte (losrriplion est exlraile textuellement de Is GéograpkU de
CONSTÂNTINE. fM
viœê, et sur U roate qui unit les oasis du sud-est de TAIgérie iitt littoral de la mer, d'être une place commerciale fort importante. — Sur les iiiarchés quotidiens de la ville, sur les marchés hebdomadaires du cercle, abondent : blés, orges, fèves et pois ; laines brutes et travaillées; bestiaux de toute espèce, cuirs, fruits et surtout des dattes et des figues. En retour de ces marchandises qu'ils apportent des tribus voisines, les Arabes et les Kabyles font provision d'huile, de savon, d'épiceries, de denrées coloniales, de bonnets de laine, de tissus de .soie et de eoton.
La fabrication des ouvrages en peaux et des tissus de laine,
forme la principale industrie des indigènes. Les européens ont créé de nombreuses minoteries, alimentées par les blés de la provmce, dont le marché de Constantine est toujours abondamment approvisionné.
Lê yaoht impérial, qui avait quitté Alger le samedi, 27 mid, à 11 heures du matin, mouillait à minuit dans la rade de Stora.
Le lendemain, TEmpereur entendait la messe à Philippeville, et repartait immédiatement après pour Constantine, où il arrivait à 4 heures et demie du soir.
Ainsi, le samedi matin. Sa Majesté avait travaillé avec lë maire d'Alger, et le dimanche au soir, il était reçu par le maire de Constantine.
La ville de Constantine, si diversement peuplée, s'était mise en grands frais pour recevoir l'Empereur. Tous les habitants sans exception, avaient prêté leurs concours matériel ou pécuniaire. Aussi les rues et les places de l'ancienne et de la nouvelle ville rivalisaient-elles de splendeur. Ce n'étaient que pnvillôns, guirlaiides de fleurs, trophées. Chacun avait voulu
a\oir M^ii arc 4e iriomphf». Le commerce, la muntciiialité îev muaiuUiiaJiii, le> iMaclito>i, lea maltais, étaient représejuea spécialement. On ne comptait pas moins de sept arcs de triomphe, ainai répartis :
1« Le commeree, à la halle aux grahu ;
9* La municipaUté, an rond point Valée ;
3* La popolation miunilmane, entre ce dernier et la porte Valée;
4* Lee ieraéfitee, à rentrée de la ville, dans rintérieur ;
Tjo 1^ chambre de commerce^ rue du Palais ;
♦V» I^s nialtaiâ, .>ur la place de la Pn tVcture ;
7" propriétaires dn quartier îSauit-Jean, hors la ville.
A 4 heures, une salve d'artillerie annonçait à Constantine rarrifée de l'Empereur au pied de la côte. Un instant après, lee goums qui couronnaient le Coudiat, faisaient entendre leurs détonations.
L*état»m^jor de la place, les caldsde la province et les spahis (pli s*étaient rendus au-devant de Sa Migesté, faisaient partie
de son escorte.
Le cortège impérial s'est arrêté sous l'arc de triomphe, dressé pur la ii)uruei|)alité. M. de Coutencin, maire de Constantine. entouré des membres du conseil municipal, a otîert à iSa Majesté les clefs de la ville, en lui adressant l'allocution suivante :
t Sire,
c J'at rbomieur de présentera Votre Mijesté les clefe de la ville de Constantine c L'enthousiasme qui vous attend, Sire, en pénétrant dans
ses murs, est celui qui a accueilli Votre Majesté au seuil de
toutes le.s cités algériennes ; c'est Ja plus franche et ki plus chaleureuse manifestation par laquelle elles puissent lénioil^ner à l'Empereur leur dévouement respectueux et leur recotinaissance.
« Que Votre Migesté daigne recevoir avec bienveillance les vœux et les assurances de fidélité des habitants de Constantine^
GONSTANTINE,
a Je suis heureux et fier, Sire, que la position qui m'a été accordée par la haute confiance de Votre Majesté, me permette d'être aujourd'hui Tinterprète des meilleurs sentiments du corps municipal et de toute une population, fidèle et dévouée, qui n'a qu'un seul et même eœur pour souliaiter la bienvenue à l'Empereur, le bonheur à sa dynastie et qu'une seule et même voix pour acclamer ce cri tout firançais : Vioe VEmpe» reur! Vive VImpératrieet Vive le Prince Impérial ! »
L'Empereur a remercié le maire de l'accueil si sympathique que lui faisait la population de Constantine : et jetant ensuite les yeux sur les clefs de la ville qui lui étaient présentées : <k Conservez ces clefs, ajouta-t-il, dans cette ville que nous a avons conquise et que nous saurons bien garder. »
L'Empereur, arrivé au Palais, a reçu successivement dans le grand salon, toutes les autorités de ta ville et les représentants des divers services.
M. Bamoiil, président de la cliambre de commerce, a demandé à l'Empereur la permission de déposer en ses mains l'adresse suivante exprimant les vœux du commerce de Constantine :
La Chtmbre de Commerce de CimiUmtme à Sa Mtiesiè Napoléon III, Empereur des Français.
c Sire,
€ L'ÂJgéiie toute entière salue, le cœur plein de joie, votre retour au milieu de nous. En venant seconder nos efforts, vous voulez cmmaltre nos intérêts ; votre haute et généreuse pensée
est digne de la politique sage de l'Empereur ; elle sera pour cette terre à jamais française, un bienfait ineffaçable.
« Daignez nous permettre, Sire, de vous offrir le tribut de notre reconnaissance, et d'exposer, en quelques mots, à Votre ll^esté, nos aspirations et nos vœux.
< Le commerce, libre et protégé comme en franc» par des iuBtitutions libérales, augmente chaque Jour, en Algérie, le mouvement des échanges, dont les progrès se manifestent par