PROVINCE DB Q0N8TAM1NE
le chiffre toujoui-s croissant de nos transactions. Le nouveau régime de In navigation que nous devons aa gonvemement éclairé de Votre Miyesté, ftctlitera encore nos oKiyens d'action; mais les intérêts matériels, oorome les intérêts de ]*indastrie, commandent qne tous les produits fiibriqués ou mannfiu^tnrés en Algérie, sans eicefition, soient aceaeiltis en franchise, en attendant qn*une assimilation plus complète à la Métropole, nous permette de voir TAlgérie convertie en département» français.
M Prrnr l'aîrriciilture , Tindiuitrie et le commerce, comme aussi pour le développemeut de la population européennd, if n'est pas de meilleur moyen que de créer des voies de communication de toute nature et de tirer des eaux, qui ne sont pas très-abondantes, le plus grand parti possible. Les intérêts généraux nous engagent done à vous demander, Sire, que des mesures efficaces soient prises en vue de Fachèvement de nos ports et de nos routes, de la prompte exécution de nos chemins de fer, et que, dans l'intérêt de l'agriculture surtout, les chemins vicinnui soient enlin créés. Nous demandons aussi à Votre Majesté que les travaux ayant pour objet l' irrigation des terres, soient entrepris sur une vaste échelle et poussés avec activité.
c Le défaut de commuuicatiûn avec Âlger, a mis plusieurs fois notre commerce en souffrance.
« Par la voie de terre, l'ouverture de la routé impériale apporterait la vie et le mouvement dans llntérièur dés déux protiiices, eli attendant que le réseau de nos voiétf férréésy complété par la création de la figne d'Alger à Tunis, y apporte la richesse et la prospérité. Sur le littoral, un service do correspondance et de transport conlié à l'industrie privée, remplacerait avec avantage les bateaus de l'Etat, qui, n'étant pas einméiiâgeb pnm ce service spécial, n'embarquent aucune espèce de marchandises, tandis que l'insuffisance de 6 places réservées aux passagers, oblige tous les autres voyageurs ii etidorer sur le pont l'iatempérie des stt&ons^
« Eu Tue de consenrer les ind^t^M dant nos «kui%, 9 étaH
CÛNSTANTINE.
iritt'relit nnguiTC d'acquérir leurs immoulilos. Lorsque coite entrave à la liberté des transactions fut levée, U* commerce était déjà établi autour du Coudiat-Aty, où il s'est maintemi et développé parce que tous les intérêts européens sont venus s'y grouper. Nos intérêts, Sire, et notre avenir commercial seraient, dès lors, gravement compromis, si la gare du cbemîn de fer était* placée ailleurs que sur la rivé gauche du Rhummet.
« Les intérêts de la population indigène, mêlés aux nêtres, sont désormais placés sous TEgide de TEmpereur ! C*est de ce contact que jailliront la concorde et la prospérité de l'Algérie. Mais, pour obtenir plus sûr ement cet heureux résultat, il vous paraîtra utile, Sire, de chercher avec sollicitude des moyens plus énergiques que ceux employés jusqu'à ce jour pour diriger le courant d'immigration sur l'Algérie, où l'immigrant français se porterait plus facilement s'il y trouvait les institutions de la mère-patrie. La naturalisation accordée aussi promptement que possible et sans frais à tout étranger qui en ferait la de* mande, serait aussi un pas immense fait vers ce bot.
« Tels sont, Sire, les vœux que la Chambre de commerce de Constantine prend la respectueuse liberté de déposeï- aux pieds de Votre Majesté, en vous priant d'agréer l'humble expres.-ioa de son profond amour et de sou inaUéraMe dévoueiuent. i
Le soir, les choristes du 83« de ligne, de concert avec les enfants de l'école des Frères et de la maîtrise, ont exécuté, dans les jardins du palais, une cantate composée en Thonneor du voyage de TEmpereur. Sa Migesté est descendue et a félicité les chanteurs de la manière la plus gracieuse.— Le supérieor a profité de ce moment pour lui présenter le fils Jouane, né le même jour que le Prince Impérial. — Après s'être informé de l'état de sa famille, et avoir appris que sa mère était veuve et sans ressource, l'Empereur a remis 500 francs au Frère, pour cet te pauvre femme.
A huit heures, l'Empereur parcourait la ville avec M. le maréchid de Mac-Mahon, et M. de Toustain du Manoir, préfet du département.
m PHOVLNŒ UE OUNSTAimMB.
La journt'-i* du lamlenuiiii, 30 mai, a été comme toutes les précédantes dcpuk un mob, entièrement eonmcrée à Tétade des ailiire», » la vttiie des lieui^ aui réeeptîoi» etunz bomis mnmi. Si on rée«pita]ait ton! ee qae l*Bmperear a fait d'utile au pays , pendant ces 30 jours , de même que Ton a calculé le nombre de kilomètres pareoonis, on serait émerveillé d'one pareille activîtt*. d'un pareil dévouement !
Pendainl une i^iandc purti»^ do la matinée, l'Empereur s'est entretenu avec M. de Cont«^ncin, <h's diverses questions qui intéressent l;i vtlleet dont qiit'l<jues-unes avaient une réelle importance, en nu«00 de la difergence des opinions émises jusqu'alors.
A 3 boores de raprès-midi, Sa Majesté se rendait en voiture anx cascades du Bhummel, visitait à pied les usines Lavie^ dont Tensemble forme la minoterie la pins importante de TAlgérie, pénétrait ensuite dans les profondeurs du ravin, jusqu'an point oj sont forcés de s'arrêter les plus Intrépides touristes, et ne pouvait se Is^r d*admirer le spectade de cette nature boaleversée , ces voûtes gigantesques qui relient, a plus de cent mètres d'élévation à pic, le Sidi-Mecid au rocher de Constantine.
Kn reniDUtant des cascades du Ulumunel, l'Empereur s'est rendu en voiture au pont d'K!-Kantara , parla seule route possible du Bardo. Sa Miyesté accompagnée de M. le Maire, s*occQpait encore sur les lieux de la question de la gare. Ensuite malgré la course extrêmement pénible faite dans le ravisf l*Empereur renvoyait ses équipages et remontait à pied U ville à travers les quartiers arabes et les mes Pérégaux, Tieiti» Rounud, etc.
Avant de renLicr au palais, Sa Majesté se rappelant Tespoi/' iju't lie avait donné deux heures avant aux représentante du commerce qu'elle visiterait la halle , se rendit encore à pied sur ce point où le commerce avait élevé son bel arc de triott* phe , dans la confection duquel on avait lait entrer, dit-on i près d^un million de francs de marchandises.
En effet, voulant sortir des sentiers battus, le commerce avait construit un magnifique monument avec du blé, de l'orge,
iiOiNSTAiNTliNE.
de la farine et des laines, et Tavait couronné d'un immense fW>nton en toisons.
Les abords de Tare de triomphe étaient envahis par la fonte. Cependant les représentants du commerce et de 1 agriculture parvinrent à remettre des adresses à l Empereur. Mais à peine Sa Majesté avait-Elle [ironoîicé quelques mots de satisfaction qu'Elle était littéralefnent enveloppée. Ce ne fut pas sans difficulté qu'Eile put pénétrer dans la halle, où l'attendait une nouvelle et plus bruyante ovation. Les indigènes mêlaient leurs acclamations à celles des européens, et quelques-uns, sans doute pour rendre hommage à Ffimpereur, jetaient des toisons de laines aux pieds de Sa Migesté.
Le lendemain, i*r juin, l'Empereur partait pour Batna, mais a^ant de s'éloigner de Constantine, Elle remettait à M. de . Toostain , préfet du département, une somme de vingt-mille
francs pour être répartie de lu niamèi e suivunLe .
Société de secours mutuels de Constantine. . , . 3,U0O fr. Société municipale de secours mutueiâ la Famille,
de Constantine 3,(KXJ
Société de secours mutuels des Sapeurs-pompiers. 2 , (XX)
Bureau de bienfaisance 3,000
Commission de bienfaisance musulmane 3,000
Société des Dames de charité 2,00u
Société de la Crèche 1,000
Secours particuliers 3,000
Après avoir bravé les fatigues d'un voyage ù Biskra, par une chaleur écrasante, et au milieu de niinçTf^ de poussière que soulevaient les voitures et l'escorte, l'Empereur est revenu à Constantine, s' arrêtant une journée seulement ù Batna alin de pouvoir visiter les ruines si curieuses de Liambèse.
En passant au Eroubs, l'Empereur put se rendre compte de l'importance de ce marché, qui fournit aujourd'hui à Tappro- ^onnement de plusieurs départements français.
M. de Rusé, prévenu de l'arrivée de Sa nàjesté, avait fait
PROVINCE D£ GOhSTANTlN£.
desr#»ndre «i Ei-Hari.i >os troupeaux <1p iKPufs H do moutons: plusieuni cnil:iin**s do l«* tcs de bétail. — M. do Ruzé. nj»r« s avni présenté à l'Kmpcrout son associé, M. Samson, qui liinge reiploiiation, pria Sa Majesté de vouloir bien Itonorer sa lérme d*ttnc visite. Mais l'heure était trop avancée, et, malgré ion détîr, TEmpereur ne pot accéder à celte demande (1).
Une cavalcade, composée d*une quarantaine d*hal»tanto de Gonstantine, pour la plupart commerçants ou industriels, était allée au devant de l'Empereur, jusqu'à 5 ou 6 kilomètres de la ville.
L'Empereur lit arrêter ses voitures, et accueillit avec un ^^racieux empressement la nouvelle escorte, invitant MM. Battandier et Joly de Brésillon, qui étaient en téte, à se tenir am deux portières de sa voiture.
Une riche branche de cerisier et deux eorbetUes de cerises, présentées par de jeunes filles à Sa Majesté, au moment où Elle passait devant la pépinière , ont été également accueillies avec une vive satîsfiiction par l'Empereur et par les hsots personnages de sa suite. Jamais bonne idée n'a eu peut-être plus d'à-propos et n'a paru mieux goûtée.
Rendue uu palais, Sa Majesté n'a pas tardé à reprendre la suite des affaires auxquelles Elle s'était rapidement initiée le dimanche et le lundi précédents. Dans un dfner auquel assistaient M. le Préfet, M. le Maire, M, Tlnspecteur général des Ponts et Chaussées, M. Tlngénieur en chef du département et M. ringénieur en chef de la Compagnie du chemin de fer, le question de remplacement de la gare a été de nouveau agitée et discutée avec ardeur. Elle a été définitivement tranchée en faveur du Mousourah, entraînant forccuieiit avec elle, dit-on, l'ouverture d'une rue Impériale directe de 10 mètres de lar-
(1) Le cliiflfre des bœufs engraissés chaque année dons celle belle ev ploiiation, est d^environ 3,000; celui des moutons, de 1 0,000. — L'Empereur en nppronaal ces r<'>sii1tat.s imporlanis s conféré la décoration (ie la Légion d'iionneur à U, de Ruzé.
COiNSTA.NTLNE
geur. La question de la suppression des fortiQcatioiis de Bône, et de la remise des terrains à la commune a été également décidée.
Le dimanche, l'Knipcreui rendit à ri-^liso pour y cnlendrc lii lue.sse. M. Pavy, vicaire-général, en lui oiïrant l'eau bénite atireâisa à Sa Majesté raliocution suivante; « Sire,
« Quels que soient mes sentiments d'admiration et d'amour pour Votre Majesté, je dois par convenance les contenir en ce moment. Vos longues fatigues, vos nombreuses affaires, le temps qui vous presse, mettent une garde à mes lèvres, et m*interdisent tout discours. Je meeontenterù donc de vous répéter ce que vous savez déjà, que le clergé et les fidèles de Constaiïtiiic sont tout à vous ; à vous, dans la plciatudts même des termes de l'Eglise : CorcUiy voces et opern.
a Ce faible témoignage de notre dévouement, vous daignerez l'agréer, Sire, avec cette bonté qui vous caractérise et qui n'a d'égal que le bonheur que nous avons nous-méme à vous roflkir. 9
Sa Majesté a répondu à peu près en ces termes : c Je vous remercie des bonnes paroles que vous voulez bien < m^adresser ; partout sur mon passage, le deigé m*a foit un
« accueil empressé ; j'en garde un bon souvenir.
« Je suis venu encore une fois avant de vouh ipiiLler, im- «c piorer le secours du Ciel. Priez toujours pour la France et « pour l'Algérie. »
La quête pour les pauvres fut faite par madame de Toustain, et, ce jour- là, la moisson fut abondante.
Le soir, après le diner, Sa Majesté s'est entretenue avec plusieurs de ses invités et, notamment, avec MM. fiamoin, pré* sident de la chambre de comn^erce, Cauro, président du tribunal de commerce, et Battandier, banquier.
Une allusion ayant été faite par ce dermer au dénouement imprévu de la question de la gare, Sa Majesté a expliqué ce dénouement par la grande dillci ence de niveau et la déclivité
FROVniCK DE OORSTANTliŒ
du aol qiio présdoie le Bmnio. Ces difQcultéSy cefteiidaot, a-tellc fijauté, pourront être sunnontécs par la puissante Compagnie du chemiD de fer, dès qa*eUe reooniiaitra la néceaité de prolonger la voie Jinqu^av centre européen et commereial de U ville.
Dent la soirée, Sa Majesté a écouté de la fmêtre, sur la cour
du palais, la cantate déjà exécutée huit jours avant par les niusirirns du Ki»* de ligne et les enfants de l'école des Frères. Cette iii 11 ini cale, dueùM. Manens, chef de musique,
a gnpiu encore a la seconde audition.
A dix heures du soir, les soldats ont donné à la popi^lation le spectacle de la reiraite aux flambeaux- dont Teffet est toujours magique.
Le lendemain, rEmpereurreprenaitlaroatedePhilippenlle, spr^ avoir foît les nominations suivantes dans Tordre de la
Légi^ti d iiuiuicur.
oppicisas :
Pavt, vicaire-général.
Vérillon, capitaine en retraite.
CUËVAUEAS :
MM
ToUTàlN, conseiller de préfecture.
JouYHE, président du tribunal de première instance.
Chaix, maire de Messaoud.
Si bl Mbkki bbn Badib, cadi» membre du conseil général.
Hartik, ingénieur dvil.
FOACIBR OB RUZÉ, propriétaire, agriculteur.
PiOLLBDE Champflorin, inspecteur des Contributions diverses.
Chëylut, inspecteur des lignes télégraphiques.
LE KHROUIIS.
LE KHRÛUBS.
Le KbroubSf chef-lieu de commune , est situé à 16 kilomètres de Constantine, sur la route de Batna*
Ce village, créé le 6 août 1850, sur la rive droite de l'oued
Bou-Mcrzoug, s'est promptement dévcloj)pé et a été érigé })cii d'aiinéos après en chef-lieu de c;pminune , en y anncxn?it los Oulad-Ramoiin. La population totale de cette conmmne est de 1G3U habitants : européens et indigènes.
Le nom de Khroub ou plutôt de Khrouroub, signifie masures, ruines ; il a été donné à ce village par les arabes, à cause des antiquités romaines qui Tentourent.
Le territoire de la commune du Khroubs est fertile. On y cultive les céréales, la vigne et le lin.
Ce village doit sa prospérité en grande partie au marché de bestiaux qui s'y tient tous les samedis et qui eut le plus important de la province de Constantine.
li*foipereiar au Khrovlia.
Le Kroubs avait été brillamment paré avec des pavillons, de la verdure et des fleurs. Toute la population attendait
l'Empereur et raccueillit par les vivats les plus enthousiastes quand il traversa ce centre pour se rendre à Batna, le 30 mai; M. Cauzon, maire de la coujunine, lui adressa Tallocution suivante, dans laquelle il signale la bonne entente qui r^gne entre les indigènes et les européens là où il sont réunis : € Sire«
t Les. Milaiits européens et indigènes de la commune du Khroubs étaient jfdiûnx de Joindre leurs voix à celles qui par*
m l'HOVLNŒ DE a)NSTÂl«TlN£.
toot, dim ee Meoud empire oii se prolonge U France , cni
acclamé votre présence.
c Ix's iiiMilaires et les curoprens ont été profondément émus de» paroles que, son débarquoiuent. Votre Majesté, a daigné adrei>«^r aux populations ; ils y ont trouvé Texpresbion d'un sentiment , vaguement compris encore, et qui, cependant, defMib plusieurs aiméee déjà, avait fécondé leurs relations réci* proquet. C'est que les races ne soot point nécessairement hostiles par cela qu'elles diffèrent d*origîne, c*est qu'à c6té de la conmnniijn de croyances il y a celle du labeur accompli de moitié et des dangers aAronlés sous le même drapeau ; c'est qu'an dessus de la firatemlté du berceau et du langage, il y en Il une plus large et plus sainte, \a fraternité de la grande faiiiiUf Iiuiiiaino.
(' Déjà urjis j»ar ces liens fonJamoiitaux dont chaque jour leur démontre la puissance et le bienlait, les liabitants européens et indigènes de la commune du Kroubs se rapprochent encore aujourd'hui^ Sire, par la commimauté de leur dévouement à Votre M ^esté et par ce cri de ralliement désormais commun à tons : Vive V Empereur I Vive l'Impératrice! Vive U Prmee Impérial ! 1^
Ce petit discours a paru être agréable à TEmpereur, qui s'est entretenu im instant avec M. Cauzon des intérêts de sa commune, et qui lui a icmm 200 francs pour les pauvres.
BATNÂ.
BaU», chef-lieu de commissariat dvU et de subdivîsioD militaire, est situé sur POued-Batna, à 117 kilomètres de
Constantine. ^a population est de 6,639 habitants.
BATMA.
iOl
En 1844, pendant l^expédition de Biskara, on établit au lieu dit : Bas-eL-Aioun-Baina, (téte des sources de Batiinj, un camp destiné à protéger la route du 1. II au Sahara, et à dominer les inontaLnies de rAur«'s. La situation était bien clioibie, car Batna est à 102i>» au dessus du niveau de la mer.
Il se forma peu à peu, autour de oe camp, un centre de population qui prit d'abord le nom de Batna, pute celui de nouvelle Lambèse, en 1848, et qui fut déflmtivement constitué, par décret du 20 juin 4849, sous son nom primitif de Batna.
Batna est aujourd'hui une charmante petite ville, possédant un cercle, un thé&tre, un musée. Ce musée, il est vrai, est en pk'iii air^ et stcrt en même temps de promenade. 11 a été formé par M. le colonel Buttafoco, avec les fragments des monuments . antiques de Lambèse.
Le territoire de Batna est fertile et bien cultivé. Ses principales productions consistent en céréales, plantes maraîchères, vignes et VM-gers. Les forêts de cèdres et de chênes verts qui en dépendent, sont extrêmement remarquables, et deviendront une source de richesse pour cette partie de la province de Constantîne.
Nous empruntons au journal Vlnd^^endani de ConsUmline la relation suivante ;
— 31 MAI. — Dès Tannonce de la prochaine arrivée de TEmpereur, le consdl municipal^ l'administration, les habitants, se concertent en toute hâte sur les dispositions à prendre ; tous rivalisent de sèie et d'ardeur. Une souscription publique est ouvertè et, en quelques heures, elle atteint la somme suffisante pour ^re fhce aux lirais de la solennité. Une commission de dix membres est aussitôt instituée.
Sous sa direction et avecle concours de M. Boccu, architecte, s*est élevé alors, comme par enchantement, au rond-point d'où
Ton voit lc& "iiiatre portes de la ville, un arc de tricMtipfec d'uu aspect ruooumental. Sa hauteur est de dou^e mètres sur dix de largeur.
I/Dupercur, parti de Coostantine à 6 heures du matin, n'est arrivé à fiatna qtt*à 6 heures et demie du aoir, ayant mterrompu la rapidilé ordinaire de sa marche pour assister à ane splendîde difa^ que lui ont offerte les ehe& indigènes et les goums réimis à El-M'lila. On porte à pins de 6,000 le nombre des arabes qui ont pris part à cette représentatioB de gaia,
M. le colonel Séroka, commandant de la subdivision, à îa téte de goums nombreux, s'était porté à la reiicoutre du cortf^pe impi^riîil, jus(ju'à Irui» kilonaetres en avant de Balna. À son arrivée au aûlieu des gpums, Sa Majesté a été saluée par des acclamations frénétiques, accompagnées des modulations stridëntes de leur musique primitive, les cavaliers agitant leurs drapeaui et faisant tournoyer leurs armes en Tair, comme dans le délire d*une grande fimÂasia.
Aprt» avoir accueilli sur sa route les honunagss dea cotois du village de Fesdis, Tune des annexes de la eommine de llatna, ctb'étre entretenu pendant quelques instants, en patois drs liitsses-Piirrnées, avec l'adjoint auquel il a remis une somme de .'•<>0 fi ancs pour les pauvres, Sa Majesté est arrivée a Batna, où elle a été reçue, au son des fanfares militaires et des salves d'artillerie, par le commissaire civil faisant fonctions de roairCr le conseil mimicijat et les fonctionnaires des divers services publics. En remettant à rEmjMasuc les elefr de la ville, M. le baron Brou a prononcé d'une voix ferme et accentuée rallocution suivante :
a Sire,
« J'ai rhonneur de présenter à Votre Majesté, ^ec les eM delà ville, rhouunage respectueux de dévouement du conseil municipal et de la population de Batna.
t Par cette visite, Yotjre M^^té comhla nos vœux et dépasse nos espérances.
« Sa nuun puiaiants vient s'étendra sur cette terre éloigiés,
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UATNA.
poste avancé de la dvilisatioii, et répandre ses bienfaits jusqu'aux portes du désert.
« Ctomme César^ Napoléon III pourra dire : venù
« Soyez hém, Sire, pour le bien que vous apportez, et pour les bonnes paroles que Votre Majesté a daigné laisber aux rivages d'Alger.
« Nous, nous avons une confiance entière dans la sollicitude de l'Empereur, une foi profonde dans le génie qui gouverne notre belle France, notre bien-aimée patrie.
c Exprimons notre gratitude à Votre Majesté par ce cri parti du cœur : vive VEmpereurl vive Vlmpéfatrioel vive le Prince Impérial ! »
De nombreux et chaleureux vivats ont suivi cette allocution ù laquelle Napoléon 111 a répondu avec bienveillance : « Monsieur le commissaire civil,
« Je suis satisfait de ce que vous me dites. Vous avez raison c de penser que je suis venu pour connaître aussi les besoins € de votre localité. »
Sa li^esté s'est aussitôt enquise de la population européenne de Batna, de répoque de la création de ce centre, de la richesse de son sol, de Timportance de ses cultures ; il a été répondu brièvement à toutes ces questions qui témoignaient d'une grande sollicitude pour les intérêts agricoles. Continuant sa marche, le cortège impérial s'est arrêté de nouveau à la hauteur de l'arc de triomphe ; la milice et la troupe de ligne formant toujours la haie. Une députation de jeunes filles, appartenant aux quatre religi(ms du pays* s'est alors avancée et a remis à l'Empereur une magnifique corbeille de fleurs sur laquelle était déposée, au même instant, l'adresse des habitants, lui portant l'expression de leurs vœux et de leurs besoins.
Voici les conclusions de cette adresse :
c Par la constitution de la propriété individuelle» l'Arabe, devenu notre nouveau compatriote, se rendrait aux bienfaits de noUe civiiisiutian ; et pour faciliter squ assimilation entière,
PHUYtXCË D£ CUNSTAIiTlKË
nous seriom heureux de le voir placé sous les lois du Code Napoléon.
« C'est ainsi qu^étant tous abriU^ sous le drapeau de la Fnincc, l'Algérie recueillerait les li iiits d'une traiiblormatiou roiuplète, h laquelle elle ne cesve d'aî>j)irer.
•< Que Votre Majcbié daigne uuus permettre de lui adresser leai vœux que nous formulons :
« Des voies de commanication reliant les centres importants de noire provinee, pour faciliter Técoulement de nos richesses agricoles et forestières ;
s Des eoropagntes puissantes, appelées à donner une grande extension à Tindustrie ootonnlère dans le cercle de Biakra et dans la plaine de Bérika ;
t L'aménagement des eaux, des canaux et des barrages ;
•t Des centres agricoles ou fusionneraient les races;
a Di>s disputés au Corps législatif ;
« Des Conseils municipaux et des Conseils généraux élec* tifs. »
fl L'Algérie, Sire, est pleine de reoonoaissance, et c'est avec bonheur qu'elle a recueilli ces augustes paroles, prononcées à votre départ d*Alger :
< Je pars avec une confiance entière dans Taveiùr de l'Ai-
« gérie et une foi profonde dans sa prospérité future. »
Les IV *>ptions officielles ont eu lieu immédiatement à Phôtel de la siil) livision. On a beaucoup remarqué avec quel bon goût et quel art étaient décorés le portique et la cour intérieure de ce bâtiment d'architecture orientale, quoique de construction récente, devenu pour quelques heures la résidence d'un h6te illustre.
Au dîner de Sa Majesté, auquel avaient été gracieusement conviés M. le colonel Séroka, commandant la subdivision, M. le baron Bron et plusieurs officiers de la garnison, diverses
questions intéressant l'avenir de TAlgérie, ont donné lieu à
des appréciations d'une haute portée politique. Une des préoccupations réelles de r£mpereur est de prévenir désormais