BATNA
les insurrections périodiques des tribus du Sud, dont le moindre efl'etest de paralyser le développement do la colonisation.
— le»" JUIN. — Ce matin, l'Empereur, accompagné des généraux Fleury, CastelnaTi, de son médecin M. Corvisarl, de M. Urbain, interprète général, de M. Fenoux, l'un des rédacteurs du Moniteur d? V Algérie^ des officiers de sa maison, de M. Gudin, peintre de marine, et antres personnes de sa suite, a continué son excursion vers Biskra. La cbaleur excessive de cette journée n'a pu affaiblir en rien sa résolution de tout voir, de tout connaître par lui-même. Â moitié route, le déjeuner a été servi en pleine oasis d*El-Kantara : une large pierre ser* vait de siège à Sa Majesté, sa table était uti tronc de palmier ; la gaieté la plus franche n'a cessé de présider à ce repas cliumpétre, dans un lieu où il semble que la nature se soit plue à déployer ses plus belles richesses, comme pour mieux déterminer la limite de notre conquête. L'Empereur a reçu gracieuseinent la pétition de Taubergiste de l'endroit ; ses enfants ont obtenu une marque de sa munificence. Quelques heures ont suffi pour visiter les plantations de coton de M. Dufourg, et étndier la position topographique de Biskra.
Après une nuit passée sans sommeil et par une chaleur tropicale, l'Empereur est leiUré a iiataa. Sur son refus, les honneurs militaires ne lui ont pas été rendus.
— 2 JUIN. — Le repos et les soins que nécessitait pour Sa Majesté, la fatigue d'un trajet de 256 kilomètres parcourus
en trente lieures au plus, sur une route à peine carrossable, ne l'ont pas empêchée de recevoir les diverses personnes qu'elle avait jugées dignes de la décoration. Elle a voulu leur distribuer elle-même ces récompenses.
MM. Viel, payeur. Chassa ing (l'intrépide tueur de lions), les deux frères Mahmoud, caïds, ont été faits chevaliers de la L^on d'honneur* MM. de Mauvise, lieutenant-colonel du 66« de ligne, Renard, médecin-major de l'hôpital, et le caïd Si* Boudiaf cnt été pitimus officiers de l'ordre. Ce cérémonial ter-
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PhOYLNCE DE CUXSTAMLNE.
miné, t'Emperror et sa suite sont allés visiter les ruines romaioes de Tantique Lambœsis.
Après avoir examiné quelques instants Textérieur de la Maiiion centrale, ja iis lieu de détention alTecté aux d» tenus politit^utié, le Prœtônum <*t les statues mutiKies qui y >i Mit encore ronf«prvt^ps, ont fiM'; longtiMni»s son attention. M. le colonel Martin, directeur des fortilications de la province, et M. Hirvoix, chef de ta {tolice de sûreté, tous deux arrivés la veille à fiatna, assistaient à cette visite qui ne s'est pas prolongée plus d*nne heure. La population du village qui a pris la dénomination de Lambèse, a*était portée au devant de l'Empei^ur. Sa If i^^*^ ^ adressé des questions et des paroles bienveillantes à Tadjoint^et lui a remis un secours de 300 firanes pour les pauvre:^ .
Trois chefs imiigi'ncb ont pus place, le soir ineme, à la table <le l'Empereur, qui, cette Ibis encore, a interrogé de nouveau M. le connnissaire civil sur les besoins les plus urgents de la localité. A huit heures et demie, tous les invités se sont retirés. S. Ëxc. le maréchal de Mae*lfahon et sonétat-miyor ont seuls parcouru la ville illuminée comme pendant les deux soirées précédentes.
3 luiN. — L'Ëmpereur et sa suite ont quitté Batna ce matin, à sept heures.
EL-KMTARA.
El'Kantara est une oasis, située à 179 kilomètres de Constantine, entre Batna et Biskara. Elle est formée de trois daeheras (village) , qui sont : Khrékar^ sur la rive gauche de l'oued-
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Kantara ; Dahraouia^ sur la rive droite ; Kbaur'et-abbas , au confluent de l'oued-Kantara et de Toued-Biola. La population de ces trois villages est de 1800 ftmes.
T/Empereur se rendant à Biskara s'est arrêté^ lu 30 mai, à Ël-Kantara pour déjeuner.
Un bel arc de triomphe, composé de branches de palmiers et de tentures indigènes, et dont la voûte était ornée de régimes de dattes, avait été élevé à rentrée de l'oasis.
L'Empereur invita les caïds et les aghas qui étaient venus le saluer à prendre le café, et tenant sur les genoux le fils de Tun d'eux, il félicita le père sur la gentillesse de non ciitunL.
Cette aimable familiarité encouragea deux jeunes européens qui se trouvaient non loiii de là et qui s'approchèrent de Sa M^est^. C'étaient le petit garçon et la petite iille d'un colon appelé Bertrand, (le seul de la région^ ajoute M. Fenoux auquel nous empruntons ce récit). — L'Ëmpereur les accueillit avec bonté et leur demanda leurs noms et celui de leurs parents. Le jeune garçon restait muet d'émotion , tandis que la miette répondait avec autant de tranquillité que de gentillesse.
Ces deux enfants ainsi rencontrés aux portes du désert, au milieu d'une oasis, loin de tout centre européen , avalent intéressé l'Empereur.
— Yeux-tu que je t'achète un cheval, daigna demander Sa Majesté à l'ainé ?
— Oh 1 non, Momieur V Empereur,
— Eh bien 1 que désires-tu alors? Veux-tu de l'argent?
— Merci, Monsieur VEmpereur^ j'en ai.
Et le pauvre enfant exhiba gravement un porte-monnaie . duquel il fit sortir triomphalement une grosse pièce de deux sous.
ba Majesté la lui prit des mains, en lui disant :
— TnMo. \oil I I I rnonii.ii»' d<* ta p'uVe.
Kilt* Im L'Ii-^- i il;in- I l inniii. iIimiv Immii\ napoléons, enaiémc lernj»'- «lu oll»' r« iii«'ttait a la [>otite (ill«^ une pi^^cc iIp 5 francs IfMile neuve, toute bhUaiUe comme au sortir du balancier (1).