‹ Napoléon III en AlǵerieChapitre 28 sur 56 · BISKARA · texte numérisé non relu

BISKARA

Le marclié deBiskafaesttràs-^fréquenté. Les gens du Souf et de Tougourt y apportent leurs produits, qui consistent en dattes/ blé, laine et bestiaux.

L'Empereur parti de Batna» le 31 mai à 4 heures du matuii est arrivé à Biskara le même jour, à 4 heures et demie soir.

Sa Majesté est entrée à Biskara^ escortée par les escadron» de chasseurs d'Afrique, par les spahis et les goums du cercle. Toutes ces troupes, le commandant supérietir, M. le chef d'escadioii d'état-major Forgeniol, en tête, s'étaient portées à la rencontre du cortège impérial jusqu'à tiois kilomètres de la place.

On remarquait surtout les goums venus des régions sahariennes de Tougourt, du Souf et d'Ouargla, qui avaient traversé les profondeurs du désert pour joindre leurs hommages à ceux des tribus de la frontière du Tell.

A l'entrée de la ville, sous un arc de triomphe élevé par la population européenne , M. le commandant de place faisant les fonctions de maire a présenté les clefs à Sa Majesté, et Ta assurée des sentiments de dévouement et de fidélité des habitants de l'oasis.

Plus loin, les indigènes avaient érigé un second arc de triomphe, sous lequel i'iîanpereur dut passer avant de taire son entrée au fort.

Partout, les acclamations les plus enthousiastes ont accueilli le passage de l'Empereur, et elles ont redoublé encore lorsque Sa Majesté, après avoir reçu Mlf . les officiers et les employé* civils, a parcouru les rues de Biskara, accompagnée de M. le commandant supérieur et de quelques officiers de sa suite.

Lors des réceptions, TEmpereur a adressé de nombreuses questions à M. le curé de cette paroisse perdue dans le désert, au directeur de Técole arabe-française, et à M. ie président de

m PIMIVMCE DE GOKSTANmCE.

de la Soci<*lé de secours mutuels, auquel il a laissé une somme de 50(1 fraiM» pour les beaoint les plus nrsents de la Société.

L*Enipereur « touIh TÎsiier Tottis des palmien. H s*/ «t rawla« enUmré d*oii ooitége briUâot de eheft iDdigèoes, aux Immooe de pourpre, som des cavaliers réguliers, des gouns et de Is Ibute timoinbnibte des liabitaiifs.

Le corti'ge, qui s'avançait lentement, rencontrait 8sr soa passage des improvisateurs indigènes, qui chantaienl la bienvenue du grand Sultan de la France et de l'Algérie, en s*acconipagnant à la iiianière des bardes, de leurs instruments primitifii ; les femmes indigènes, non voilées, se pressaient en groupes norobreox ; d^autres, perchées sur des diamesiix, se nonlraiont richemciit parées dans leurs atotoiicto e&tr'ouverts; toutes poussaient de Joyeux you/ you! dès qa'ellea aperoëvaient TEmpereur.

n serait impossible d'imaginer un spectacle plus admirable et plus saisissant que cette marche triomphale de l'Auguste Visiteur vers la ]>renii»'re oasis du Sahara : le désert, cette mer desaldr, s'éteudant à perte de vue ; le ciel embrasé dont la ^l'It iideur pourprée contraste avec la teinte uniformément grise du &0I ; la verdoyante oasis s'épanouissant comme ua immense bouquet ; la foule joyeuse, enivrée, aux types si diverst tels étaient les grands traits du plus magnifique tableau qu'il soit possible de concevoir*

A plusieurs reprises, l'Empereur a manifesté son admiration (1).

(1) MoniUur de VAIgérU et P Africain

PHIUPPEYILLE.

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