‹ Napoléon III en AlǵerieChapitre 40 sur 56 · BON · texte numérisé non relu

BON

un des musulmans les plus instruits et les plus distingués de

notre temps ; puis Elle invita Son Altesse et plusieurs personnes de fc>ii suite ù s'asseoir à sa tal)le, ainsi qne M{>r Huttcr, évôqiie de Tunis et M. Du hesne de Bellecourt, consul-géneral et chargé d'affaires de France à Tunis.

A midi, une salve de cent un coups de canon annonçait ia débarquement de rËmpereur. Sa Majesté» reçue sous un élégmt pavillon, par les autorités civiles et militaires, était accueillie par les vivats les plus chaleureux de toute la population, qui était vraiment heureuse de pouvoir offrir l'exprèsnon de sa vive reconnaissance au régénérateur de l*Âlgéiie.

M. Lacombe, maire de B6ne, remit les clefs de la ville à r Empereur en lui adressant Tallocution suivante: « Sire,

« L'arrivée de Votre Majesté, si vivement désirée et si impatiemment attendue, comble aujourd'hui tous nos vœux. Aussi, en la voyant au milieu de nous, Timpulsion première de nos cœurs est de rendre grâce à la Providence d'avoir bien voulu lui conserver la santé pendant le long et pénible voyage qu'EUe vient d'accomplir jusqu'aux limites du désert, pour le bonheur de l'Algérie et la plus grande gloire de son règne ; car nous chercherions en vain dans l'histoire des siècles passés l'exemple d'une pareille sollicitude d'un souverain pour son peuple. Soyez donc le bienvenu.

a Pardonnez, Sire, Fémotion que j'éprouve en vous présentant les clefs de la ville de Bone ; je n'aurais jamais espéré qu*un si grand honneur me tut réservé. Mais, puisque nous avons le bonheur de vous posséder, entrez. Sire, et daignez visiter notre modeste cité; là, comme partout sur son passage, Votre Majesté trouvera des cœurs dévoués, une population avide de la connaître et heureuse de pouvoir lui témoigner les sentiments d'amour^ de fidélité et de reconnabsance dont elle a toujours été animée pour son Empereur. »

Sa Majesté a répondu :

« Je suis heureux, Monsieur le Maire, de voir qu'on m'ex*.

t» MiOVmCS DE OONSTAIfrm

f pnme les même» seotiaMoU de Mélité partout, ea Algérie « comme eo Fraoee. »

L'Enpereiir « remb eoitiile, lai*iiiéine, aux cotons et ans fonetioiinaires, dont las aerfices lut avaient été sigoaléa, la croU de la LégiOD dltooneor : Sa Ifiyesté a décoré MM. Joaanon, membre du conseil général, propriétaire de la ferme de Darouflsa ; Verroa-BeUeeonrty chef du service des tabacs ; Ffageollat, ingénieur des mines, Nicolas, membre du conseil gétàéral. propri«'taire à MonJuu.

Cette (iisti ilùiiiuii de croix a iiKspirê les réflexioas suivantes à un journaliste de lu province da Constantinc :

« Les décorations accordées par l'Empereur, en quittant la dernière ville de colonisation qu'il ait visitée, sont des plus ngnificatives. A B6ne, MM. Nicolas et Joannon ont été faits chevaliers de la Légion d*honneor, en récompense des sacrifices, des efforts constants et des capitaux considérables, affectés à leurs grandes cultures.

€ Ces distinctions, auxquelles applaudit toute la province, montrent de quel c6tc se portait l'attention du Souverain ; elles sont l'indue peu contestable du courant d'idées dans lequel rKmpercur, convaincu par ses propres yeux, était entraîné avant de quitter l'Algérie. — Ainsi, au spectacle du travail national et civilisateur, s'est évanoui soudain le mirage du trop fameux royaume arabe. F. o. »

Après les préaentatioos officielles, durant lesquelles l'Empereur 8*est entretenu avec diverses personnes, Sa Majesté est montée en voiture an milieu des acclamations de la foule. Elle a passé bous Tare de triomphe construit à la Marine^ avec du liège et du minerai; puis, contournant extérieurement l'arsenal « Elle a traversé la ville par la rue Neuve-Saint-Augustin, aux deux extrémités de laquelle l'attendaient deux jiouvcaux arcs de triomphe: celui de la ville et celui de la communauté israélite. De là, api î s avoir fait le tour de la place d'Armes, également oniée de trois arcs de triomphe élevés, le premier par la chambre de commerce, le second par les coraUleurs^ le

BOMB.

troisième par la population maltaise^ et après avoir passe lie- Tant la mosquée brillamment décorée par les musulmans, £Ue est ressortie de la ville par la nie de Constantine. L'Empereur s'est arrêté à Textrémité des Allées pour exprimer à M. le curé le regret de ne pouvoir ^ter l'église, et il s'est rendu, par le cbemin de la Gonduîte-d'Eau et celui du Roisseau-d^Or, aux ruines d'Hippone, où l'attendait H. le maire. Sa Migesté, après avoir visité les citernes et le tombeau de saint Augustin, a jeté un regard d'admiration sur le magniûc^ue panorama qui s'étendait a ses pieds.

Nous trouvons, dans une correspondance particulière, les détails suivants sur cette excursion de i'£mpereur, dans les environs de Bôae.

H. le Maire et M. de Gantés, sons-préfet de l'arrondissement, avaient insisté auprès de l'Empereur pour obtenir un sursis à son départ, qui était fixé pour cinq heures. Sa Majesté avait répondu : qu'Elle regrettait bien vivement de ne pouvoir contremander son départ; mais qu'Elle était pressée et qu'il lui était impossible de prolonger son séjour à Bbne.

Dans le but d utiliser le iviieux possible le peu de temps cj^ue TEmpereur pouvait consacrer au chef-lieu de son arrondissement, M, le sous-préfet proposa à Sa Majesté, qui voulut bien, y consentir, de visiter les environs de la ville.

Dirigé par M. de Gantes qui se tenait à cheval, à côté de la voiture de Sa Mi^esté, le cortège impérial se mit en marche.

L'avenue Randon, Tune des plus jolies promenades de cette charmante ville, fut d'abord parcourue ; le cortège suivit ensuite l'allée qui entoure la pépiméreet dont les arbres forment un berceau de verdure impénétrable au soleil ; de lÀ il descendit par la loute de l'Edougli a la colonne Randon, monument élevé en souvenir de la route ouverte par le maréchal, pour pacifier le pâté de TEdûugh et mettre en valeur ses richesses forestières.

J)e la colonne Randon^ le cortège impérial remonta vers le chemin de ceinture en passant par la Conduite d'Eau. Cette

IM l'HUN LNCE DE ahNSTANTLNE,

rouie a«t lant oonlredil Tune des plus belles de TAlgéris; elle e».t pliuit^ À droite et à guucfae de trembles, qui ont atteint uns hauteur prodigieuse, et bordée sur tout son parcours de jardins jonchés de fleurs et de verdure. L Liupercur tît mettre ses rhevAux au pas pour jouir plus longtemps du bien-être qii il -riiililait y éprouxor.

l>u cheinin de ceiriture, la pruineiiade se continua vers ilip(>onc, en longeant le Buisseau-d'Or, que bordent, sur toute Ui ligne, des ormes touiïus et gigantesques. Sur le mamelon d'Hippone, TEmperear mit pied k terre et mta les raines des ci te mes romaines.

te M ly^^ ^ rendit ensuite au bms de TAlélik. Les colons européens et indigènes avaient installé, dans les prairies de ce bel établissement, leur plus beau bétail ao nombre de 4 ou 5»000 tètes, leurs instraments aratoires, tout attelés, leurs cbarrettes éhargL es do sacs de blé, de balles de foin, de laine, de coton. t*ne teilleuse mue par une locomobile transformait en quelques uiiimto.> dos gerbes de lin en filasses, et un .superbe service de table eu toile darnassco, ti-ssée en France, avec du lai de la loc^ilitô. faisait pre.sseiitir l'avonir lie cetie l'iclie culture

L'Kmpereur parut s'intéresser vivement à cette exhibition, et se mêlant à la foule des colons, il causait avec chacun d'eux, avec cette bonté, cette familiarité qui Tont rendu si popu* laire.

Après s*ètre entretenu avec les représentants des associations ootonni&res organisées entre européens et indigènes, l'Empereur poursuivit son eicursion en suivant la rive gauche de la Seybous, Jusqu'à Tusine de l'Alélik, le seul haut fourneau que possède encore TAlgérie. Sa Majesté est montée en wagon sur le chemin de fer que la Compagni9>Talabot a fait construire pour l'exploitation des mines d'Aïn-Mokra. L'intention de Sa Majesté était d'aller jusqu'aux mines, mais l'heure du départ approchait; P^ilc dut se borner à aller jusqu'en vue du lac Fetzara, dont le dessèchement semble la préoccuper vivement.

A cinq heures le cortège impérial rentrait en viUe, et Si|

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