LÀ LANGUE ARABE
Au Yîie siècle de notre ôre, un ii»ouvement «Hmiigt; se manifeste au .sein de l'Arabie centrale : un peuple, jusqu'alors ignon\ s'évetUe tout-à-coup sous l'impulsion d'une fol nouvelle et marche avec un enthousiasme sans exemple à la conquête du monde. £n moins d'un siècle, il subjugue TOrient romain, la Perse, l'Egypte, toute TAfrique septentrionale, la Sidle, FEspagne et une partie de la France. Partout, il impose aux vaincus sa religion, ses mœurs et sa langue, liais, heureusement pour la civilisation moderne, le drapeau de Tlslamisme ne brille qu*un temps. Ecrasés, en 733, sous la masse d*arroe de Charles Martel, les arabes se retirent dès le xiie siècle vers le raidi et l'Orient, leur berceau et, vraisemblablement, leur dernier asile .
« Parmi les phénomènes que présente celte apparition inattendue d'une conscience nouvelle dans l'immanité, dit M. Re*
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AHENIMŒ.
naii, dans ••on admirable histoire d<*s langues séiniti'^uos, le plus étraii^i» et le |>ltis inexplitMlile, est peut-être i.; 1 u/^iie araho ellc-ir, -itnv ( ''•île lanj^ue, auparavant inconnue, se n,ontre ii nouîï Muul.iineiiM lit <l:iii> loufe ?n perfection, avec sa flexibilit*î, ^a I iciiesse nitune, tellement complète, en un mot. que depuis ce temps jusqu'à nos jours, elle n'a subi aucune modieation importante. Il n'y a pour elle ni eofance. ni vieillesse; une fois qu'on a «igoalé son apparition et ses prodigieuses oonquéles, tout est dit sur son compte. Je ne sais si Ton trouverait un autre eicmple d*un idiome entrant dans le monde comme celui-d, sans état archaïque, sans degrés intermédiaires m tâtonnements, i
Tout le monde sait que Tarabe (brme une des principales branches des langues que Ton nomme sémitiques : que cette lan|7ue les a «mi quelque sorte toutes absorbées et qiu , malgré la (b'ciiiliMifre du inahométismo, elle est encore la plus répandue (iiii soit dans le monde. Maintenant, est-elle plus moderne que Thébrru et l'araméen ? peut-elle revendiquer une origine commune ou n'en est-elle qu'une dérivation? £n un mot, l'hypothèse d'une langue sémitique primitive est-elle vraisemblable ? Ce sont là des problèmes fort intéressants sans doute, mais dont la solution appartient essentiellement au domaine de la philologie ou de la linguistique.
Dire en peu de roots ce qu^est la langue arabe ; en préconiser l'étude parmi les colons et les fonctionnaires de FAlgérie; indiquer sommairement les avantages à retirer d'une connaissance peut-être trop négligée jusqu'ici, tel est le but que nous nous soranics proposé.
Composéefî de pièces de rapport, nos langues modernes ne peuvent donner aucune idée de la régularité systématique qui préside à l.^ formation des mots arabes. Tons, quel que soit le nombre de lettres qui s'y rencontrent, se réduisent infailliblement à trois radicales. Ce travail d'élimination est d'ailleurs indispensable pour se aervir des dictionnaires qui ne donnent, dans Tordre alphabétique, que la racine elle-même. Formée de
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trokcousounet», celte racine et>t en quelque sorte le 1} pu unique, et comme la pierre angulaire sur laquelle repose Tédifice grammatical tout ent ier.
Cette particularité, à elle seule, soulève dlmportantes questions. On serait tenté de se demander si de pareilles langues sont l'œuvre de Fustige et du temps, ou si , au contraire, elles sont le produit du travail des grammairiens et des savants. L'histoire de rhumanité ne fournit aucun exemple qui permette d'accepter cette dernière hypothèse. Si Ton observe d'ailleurs que dans toutes les langues sémitiques, rexprcssion dos idées mctaj)h\>;ii|ues appartient toujours par un chu'; an domaine de la sensation et aux impressions dn m )nde externe, il est permis de croire que ces langues se rapprochent plus qu'aucune, autre du langage primitif qui dut être révélé à l'homme au premier âge de sa création.
Le verbe, qui, dans toutes les langues, est réellement Tâme du discours, mérite un examen partirAilier. Réduit à deux temps seulement en arabe, il rend cependant, à l'aide de quelques particules et de certaines juxtapositions de mots, toutes les nuances du passé, du présent et du futur; mais ce qui doit particulièrement exciter la curiosité, c'est l'ingénieux système des formes, qui permet de modifier, de façonner le sens primitif du verbe, sans l'altérer d'une manière sensilde. Ainsi, prenons pour exemple le verbe 'aiem ( ^-J^ ) qui veut dire sa-*
wir; en redoublant la seconde radicale 'allem ( X ) il signifiera /"airtî i>ai'oir, par conséquent, enseigner; en plaçant un al if entre la première radicale et la seconde, nous aurons
àlem (1) (^^^) dUcuUr avec quelqu'un sur la acience. Si
(1) Il est extrêmement difQcile pour ne pas dire impossible, de rendre avec des lettres française:* la prononciation et le système graphique des
arabes. La racine 'aUm n<> conltent que trots consonnes: la première n'ayant pas d'équivalente en français, nous la représentons ronvf^nfinnneU lement par \ la seconde csl un l et la troisième un m ; réunie:», noub aurions 'Im et avec l*ad jonction d*un alif 'a/m.
nous i^toni un t d«vaot la pranière radicale, et si nous re-
doabluiu» lu seconde, nous aurons t'alleiu ( ^J^' ) cire fait sachant, apprendre. Enfin ra4iooction de la syllabe est à la
racine, de cette manière : esValem ( U&r » *^ sert à exprimer le désir, la volonté d'apprendre.
Ce mécanisme fort «impîp en lui-tut-rae, donne au langage un laconisme auquel les langues de l'Europe ne sauraient atteindre sans tomber dans une obscurité invincible. Quel admirable moyen d'éviter les circonlocutions, les mots parasites, les qui et les que dont le françab est parfois encombré ! Aussi ne faudraît-t-il pas hésiter à placer Tarabe au-dessus de la plih part des langues connues, s*il ponraitse produire avec un système graphit^ue complet. Mais un alphabet, composé de 20 lettres, toutes consonnes, à IVxceptioo de trois quasi-voyelles, dites lettres faible;). c|ni. parleur nature mArae, donnent lieu aux plus grandes ditVicuUés ^irraiiiuiaticales, sera toujours un obstacle sérieux à U divijl«:aiii>a de la langue littérale, ou écrite. Qup l'on njonte à rot écucil naturel une prodigieuse richesse de ^Mioniînesct une incertitude constante dans le sens vrai des racines ou des dérivés, et l'on comprendra aisément le découragement qui s^empare de la plupart de ceux qui entreprennent rétude de cette langue.
n n*en est pas cependant de plus nécessaire en Algérie. Bien des années s*écouleront avant que nous n*ayoQS amené les indigènes à parler fhmçais, et, ce résultat obtenu, nous ne serions pas encore dispensés de nous assimiler lenr langue.
Dans un article remarquable, publiéparM. Isiuayl Ui bain (i), on trouve ce reproche un peu sévère, niais que pour notre compte, nous acceptons avec hunjilité: t N'est-ce pas une honte pour nous, qu'après vingt ans de domination en Algérie, lorsqu'il s'agit de ranger trois millions de musulmans sous
^1/ Hevue de PariSf ituvembre 1851.
LA LANtiUË AHAHK.
notre auluiite, aucun professeur de droit n'ait songé k faire quelques leçons sur lâ jurisprudence musulmane, sur les lois qui régissent ces peuples ? Nous avons cependant en Algérie des juges français auxquels les arabes ont souvent recours volontairement, ou qui sont chargés de juger leurs procès en appel. La justice peut-elle rendre des arrêts équitables quand elle ignore les. éléments les plus essentiels des conditions sociales au milieu desquelles vivent les justiciables ? »
Rien n'est plus juste et plus sensé, si toutefois cette observation critique, prise dans son esprit, s'iipplique à tous les fonctionnaires de l'Algérie, n tous les ai^iMiLs de radmiuistratiou qui, à un titre quelconque, se trouvent en rapport avec les indigènes. Oui, il faut h tout prix qiuî nous connaissions la religion, les lois, les mœurs, les coutumes et même les préjugés des peuples que nous sommes appelés, non pas seulement à dominer, mais encore à transformer et à séduire par les douceurs du bien-être et le spectacle grandiose d'ime civilisation dont nous sommes justement glorieux. Or, pour atteindre ce but, rétude de l*arabe est une nécessité de premier ordre. Sans doute, il n*est pas donné à tout le monde de pénétrer les mystères de la langue écrite : le temps et raptltude font quelque fois défaut; mais il n^est personne qui ne puisse apprendre à parler au milieu des indigènes et avec les leçons d'un professeur tel que M. Bresnier (1).
On a souvent loué avec raison les immenses services rendus par les bureaux arabes. Sans eux, le rôle denotr • ;li mee n eut pas été moins glorieux assurément, mais eut-il été aussi efficace ? Lorsque les vaincus, implorant la miséricorde du vainqueur, consentent à vivre en paix avec les chrétiens qu'ils détestent au fond du cœur, ne faut-il pas déployer auprès d'eux la finesse d'un diplomate, l'habileté d'un administrateur, la
(1) M. Bresnier est depuis 30 ans prolesseur de la chaire d'arabe à Alger. Il existe égaleimt de très-bons professeurs à Conslaniine et à Orsn.
M APPENDICE
s^i^iicitê d'un jiin^'onsulte, et souvent njrrm' l'e^jH^ ieiice d'un liiuHiHpr ? Est-i! un seul ofTîcier de bureaux arabes qui consentiraient à accepter une pareille tïkche, à assumer sur sa tète une semblable responsabilité s'il oe connaissait parfaitement la langue de ses adroinibtrés 7 Non sealement il risquerait de se tromper et d*Mre trompé grossièreroentf mais il n'inspirerait aucune confiance autour de lui. Ses épaulettes elles-mêmes ne le sauveraient ni du dédain» ni de la raillerie. Victime des mille roueries de ce f>euple tout à la fi>is ignorant et civilisé, il ne saurait ni modérer la rapacité des grands, ni réprimer IMnsu* bordinntion drs (u tils. La confusion, le désordre et l'insurrection serairut le.-» IVuits inévitables de sa funeste iraprudeuco. Qu'on lise les charmantes sonnes aiabes que le roniinatidant Richard a si bien point. ^ d apn-s nature (1) et on comprendra sans peine notre insi;»tance sur l'utilité pratique de la langue arabe.
S'il en est ainsi, pourqaoi les fonctionnaires civils de l'Algérie se laissent-ils si facilement dépasser par cette phalange d*liommes 'éminents, qui ont administré ou qui administrent encore les affkires arabes ?
Cefiiit regrettable peut être expliqué de diverses manières. Les offiders des bureaux arabes ont trouvé dans rexerdce du pouvoir absolu à Pégard d*un peuple habitué de longue main à la servitude, cauteleux par nécessité, et obséquieux par tempérament, une immense satisfaction J araour-piopre. Souverains dispensateurs aux yeux des indigènes des récompenses et des peines, eiivnonues d'hommes attentifs h leurs momdres gestes, vivant en quelque sorte dans une atmosphère purement arabe, ils ont dû se livrer avec passion à l'étude d'une langue qui est le principal instrument de leurs snccës. La mission des fonetionnaires civils a été toute différente. Il semble que Pou sesoitelTorcé de placer entre les hidigènes et eux une
(1) Voir les SccMi Ht mœut » arabei el les Mystères du peuple arabe par M. Ch. Richard.
LA LAiNGUE ARABE.
sorte de bairicie. Â peine les bureaux arabes niiliiaires s'étaient-ils retirés du littoral ou des grands centres européens, que les bureaux arabes civils venaient prendre leur place dans des conditions plus mesquines, et par conséquent plus tracas- Bières* Le bureau arabe civil a voulu avoir ses immunités et 868 privilèges. Il lui a follu ses prisons, ses tribunaux, ses cavaliers, sep fantasias et tout ce fastueux entourage qui a sa raison d'Hre en territoire militaire, et qui devient ridicule à mesure que l'importance arabe diminue.
On nous reprochera peut- être de tomber dans les inconvénients d'un cercle vicieux. Les bureaux arabes civils n'ont été créés, nous dira«t-oa, que pour suppléer à l'insuffisance des fonction^ naires dans leurs rapports avec les indigènes. Ce raisonnement est plus spécieux que vrai : d'abcn'd les arabes comprennent mieux nos affaires qu'on ne le suppose lorsque leur intérêt leur sert de guide ; ensuite il existe dans les administrations plus de sujets capables qu'on ne pense, si on savait les employer ; enfin, si le mëmerégimese perpétue, qu'on nous indique par quel charme on entraînera des hommes intelligents à surmonter les découragements et les dégoûts qui accompagnent une étude très-lente, très-difficile, et dont le but n'est pas déterminé ? l'appât des récompenses n'est-il pas un stimulant sérieux ? Ah ! c'est ici qu'il est permis de dire que la part n'a pas été égale entre les uns et les antres. Sans compter les faits de guerre qui méritent des faveurs spéciales, combien d'officiers ont franchi rapidement les grades inférieurs pour s'élever aux premiers rangs de l'armée, tandis que les arabisants des administrations civiles demeuraient confinés dans les emplois subalternes, impuissants à utiliser des connaissances acquises au prix de tant d'efforts et de persévérance ! Il est vrni que cette proscription malheureuse parait toucher à son terme, puisque deux ou trois d'entre eux sont enfin parvenus à de hautes fonctions. Il mi également juste de reconnaitre que le gouvernement n'est pas resté insensible à un état de choses si nuisible aux intérêts du pays.
su
APPEMNCK.
Un décret du 4 décetubre 1840, «ecorda une prime annaelle de 200 ou 400 francs, seli>n leur capacité, aux fonctionnairel et tmykfféê de tout grade de radministration civile de TAlgérie. Le rafiport adressé à cette occasion au Président de la république, contenait le passage suivant :
« Les diverses admiaislrations qui ont présidé aux alCiires de TAlgérie se sont efforcées de propager dans ce pays, surtout parmi les employés du gouvernement, l'étude de la langue amhe, qui «st d'une si hautft importance pour nos relations avec les intll;4fnes. Malheiirpusement les îtuvuies qui ont été adoptfH's. n'ont produit aucun n^sultat, ci c esi à peine si actuellement quelques rares agents parlent très-iauparfaitemeot cette langue. >
Plus tard, M. le ministre de la guerre actuel ftt étendre le bénéfice du décret du 4 décembre 1849 aux agents des services des domaines» des forêts, des contributions diverses, etc.
Dana le rapport annexé au nouveau décret, son excellence M. le maréchal Randon, s*exprimait ainsi : c Le décret du 4 décembre 1840 a eu pour but, en vulgarisant Tétude de Tarabe parmi les agents de l'administration, d'arriver à la suppression des interprètes civils, dont la plupart, sans posséder à fond lu laii;^uc arabe, ii onten fait d'instruction générale, que des connaissances incomidètes. et à les remplacer par des employés parlant l'idiome du pays, et aptes en outre à remplir une autre tiichc, soit dans le service sédentaire, soit dans le service actif. ^ En vulgarisant ainsi la connaissance de l'arabe parmi les employés, radministration trouvera bientôt, je Tespère, un mode de recrutement facile pour les fonctions qui exigent que le fonctionnaire puisse se mettre en communication directe avec les indigènes ; il en résultera que les affaires seront mieux et plus vite traitées, au grand avantage de radministration et des administrés. »
Dans sa sollicitude pour les intérêts de l'Algérie, M. le comte de Chasseloup-Laubat i)résenta, en 1860, deux nouveaux décrets à la signature de l'Empereur, accordant les avantages de
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la prime à la magistrature, anz aeseeeeurs mueulmai», aux cadis et à leurs adels.
« Ainsi, disait M* le ministre de TAlgérie, appeler Tattention des magistrats flrançais sur Vétude de Tarabe, exciter les fonctionnaires indigènes à parler notre langue, tel est le double but que nous tievons nous proposer, et vers lequel tendent les deux décrets que j'ai Thonneur de soumettre à Votre Majesti^, — La magistrature française verra dans celui qui la concerne bien moins un encouragement qu'un moyen de légitimer les récompenses exceptionnelles que doivent lui mériter les nouveaux services qu'elle va rendre. — Dans le second .décret la magistrature musulmane trouvera une preuve du prix que le gouvememeni attache au- développement des connaissances qui peuvent contribuer à l'œuvre qu*il poursuit. »
Loin de nous la pensée de critiquer des mesures qui témoignent d'une grande bienveillance de la part du gouvernement, et d'un véritable désir de bien faire ; mais ces mesures ont-elles été réellement eflicaces ? Il ne semble pas que, depuis cette époque, le nombre des arabisants ait sensiblement augmentt'. Si l'argent pouvait être en France, ce que nous ne ci oyons pas, un véritable stimulant, la prime serait évidemment insutlîsanté : malgré la gratuité des cours, l'étude de l'arabe coûte beaucoup plus qu'on ne pense (1). Mais là n'est pas le principal inconvénient du système rémunératoire adopté : les aspirants à la prime sont dans la nécessité de s'asseoir de nouveau sur les bancs de Técole. Non seulement ils doivent subir des épreuves écrites, mais il leur fkut encore justifier oralement de leur capacité devant un jury d*examen. Ce n'est pas tout, ils sont soumis à une révision périodique qui les oblige à affronter jusqu*à trois fois les mêmes périls. Or, quand nous insistons, sur i'jiitiispensabilité des études arabes, nous n'entendons nullement en restreindre la nécessité aux jeunes gens ou aux cm-
Cl) Le Dictionnaire de Kasimirski à lui seul se vend 105 francs.
ployés «utnlteme» «la ridwinittnilion : Ce «ont le» cbefe de ter%icet, im magbtrals, les fonctkmiuûres de tous raogg qa*ii importe de mettre «o rebUàon directe avec les indigènes. Pour crai-ci, iesexAment sont incompatibles avec la dignité de leur kfSB et le prestige qui s'attache à leurs fonetloDs.
Qu*a ceux (}ui parleaA et entendent bien l'arabe, choee trèsfiMÎle à constater, en dehors des examens, on accorde dea distinction» ou des aviuitnges particuliers ; qu'on leur confie des missions houoralile^. qu*à mérite cgal^ ou leur donne la prétortMsrc sur l»^uj-s concurrents, non arabisants, et nous rroMHiâ pouvoir aflirmer <{uo l'émulation produira en peu. d'années des nésultttUinattendas.
On a toujours paru attaclier beaucoup d'importance à ce que les indigènes apprissent le français ; on s'est imaginé qu'avec notre langue nos idées, pénétrant dies eux, parriendraient à détruire leur fimatisme et leurs préjugés. Nous voudrions qa*il en fut ainsi ; mais, sauf un exemple illustre (1). Tmqiérienoe nous a démontré que les musulmans pouvaient concevoir de restime, deTstiacbement, et de la reconnaissance même, pour un français, sans rien abandonner de leur baine pour les cbrétieiis en général. Avec eux, chacun de nos bienfaits s'est en quelcjue sorte retourné contre nous. Nous les avons conduits gratuitement à La Mecque, ils en sont revenus plus exaltés ; nous leur avons apjji is le niamenieiu des annes, beaucoup s'en sont servi contre nou« ; nous avons euiret«uu des écoles religieuses, elietf ont enseigné le fanatisme.
Nous serons toujours asset généreux pour n*en pas conserver de ressentiment ; mais si nous ne voulons pas être dupes, apprenons la langue des arabes. En leur donnant cette nouvelle marque de supériorité, nous acquerrons la mesure exacte qui doit régler nos rapports avec eux et le jour où deux mille français, fonctionnaires, militaires ou coloos^ entendront parfiûie-
(l)L-énir Abd'SUailer.
LA LANGUE ARABE. :t1T
ment Tidiome du pays, le gouvernement pourra sans crainte retirer 20,000 hommes de troupes.
Si cette proposition est vraie, le résultat vaut bien la peine qu'on y songe.
F. DVBARD.
Toulon, 10 septembre 1865.
INDEX ALPHABETIQUE