Mils, Wilhelnuhœhe, p
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un employé du télégraphe vient de porter une dépêche', le sait certainement; le prince de la Moskowa veut aller le lui demander : respectant la douleur du père, Napoléon III ne permet pas qu'on la trouble dans son intérêt. Informé, par un serviteur du ch&teau, de ce qui vient de s'y passer, Mels n'hésite plus. Il prend la dépèche et, rencontrant l'Empereur dans le parc de Wilhelmshœhe, il la lui présente, en s*inclinant avec respect, mais « incapable de prononcer une parole. » Cette dépèche sur laquelle « se fixent, anxieux, dévorants^ les regards des généraux qui raccompagnent », Napoléon III la prend d*une main; de Tautre, il serre longuement celle du pauvre père qu'il n'a pas revu depuis son malheur.
u Et alors, — ajoute Mels, — celui qu'on appelait « un despote sanguinaire », se souvint, avant de songer à luimême et à ses infortunes souveraines, que l'homme qui était devant lui s*était arraché à une famille en deuil. Il sentit, dans la bonté infinie de son &me qu'il devait, malgré la solennité historique de Theure, quelques mots à ce père qui venait de dire un dernier adieu à son enfant. Ce que Napoléon me dit, je ne le sais; mais ses paroles venaient du cœur, car je sentais qu'elles arrivaient au mien ! u Et maintenant, termina-t-il, ne vous dérangez plus pour moi, votre place est près des vôtres. » Je m'inclinai et je partis. Les officiers se rapprochèrent pour lire la dépêche. L'Empereur ne Tavait pas encore ouverte. Au coude de l'allée, je me retournai. Il était immobile à la même place et me regardait m'éloigncr. Ayant vu que mes yeux se tournaient vers lui, Napoléon III leva son chapeau. Alors seulement qu'il m'eut entièrement perdu de vue, il consentit à ouvrir la dépèche, — qui lui annonçait sa déchéance*. »
Trois semaines plus tard, le 20 mars, — après avoir entendu la messe au château, après avoir donné à l'officiant, curé d'une petite église voisine, les vases sacrés et les