Emile Ollivier, L* Empire Libéral, t. 1, p
carde de la Révolution et de TEmpire que leurs armées avûent poursuivie avec tant d'acharnement sur tous les champs de bataille de TEmpire.
A Napoléon III, qu'ils avaient vu monter sur le trône avec de vives appréhensions, mais qui avait su acquérir, conserver leur amitié, sans jamais leur sacrifier ni les intérêts ni la dignité de son pays, ils firent un tout autre accueil. Pour le souverain déchu ils eurent constamment la même déférence et les mêmes égards que s'il eût encore porté la couronne '.
Dès que l'Empereur fut installé à Ghislehurst, Lord Malmesbury vint Ty saluer. En retrouvant sur la terre d'exil le prince qu'il y avait connu quarante années auparavant, dont il avait vu depuis et souvent jalousé Téclatante fortune, il éprouvait une vive impression, aussitôt consignée sur sou journal : « J'avoue avoir été extraordinairement ému. Sa dignité calme et tranquille, son absence de surexcitation et de toute irritation était l'indice d'une force morale digne du stoïcien le plus sévère... Pas un mot de plainte ne lui échappa dans notre entretien... Je le trouvai beaucoup plus affecté des calamités de Paris et de l'anarchie qui régnait en France que de ses propres malheurs. Le fait que les communards se rendaient coupables de semblables horreurs, en présence des armées prussiennes, lui semblait le comble de rhumiliation'... »
Cette impression de l'homme d'État anglais, tous les fidèles venus de France allaient la partager. Chaque jour on
1. « L*accueil cordial de la foule (à son arrivée en Angleterre) lui a montré la généroiité du peuple anglais, ainsi que sa gratitude pour la constante amitié dont, pendant vingt ans, il lui avait donné des prenves. On se rappelait la guerre de Crimée et la sympathie qu*il nous avait témoignée lors de notre conflit avec les États-Unis. Il avait fait pins encore, au moment do la révolte des Cipaycs, lorsque, le salut de Tlnde dépendant de Tarrivée rapide des renforts, il nous avait offert, pour nos troupes, le passage par la France. Pendant tout son règne, les Anglais ont été reçus i I*aris avec une extrême cordialité, bien différente de Taccueil que leur avaient fait les régimes précédents. • L(»rd Malmesbury. Mémoirtê d'un ancien minitlrt^ p. 374.