‹ Napoléon III intimeChapitre 110 sur 114 · Le Daily TeUgraph · texte numérisé non relu

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CHISLEUURST 47!

mais nuUo cspérnnco d'avenir no remplit en ce moment les deux cœurs brisés. Le peuple anglais tout entier partage leur douleur'. »

C'est le jour de ses funérailles surtout qu*on devait voir quels regrets avait laissés Napoléon III. Jamais prince détrôné n*en avait eu, n*en aura de pareilles. « Aucun souverain mourant dans son palais n*a jamais rencontré une reconnaissance plus absolue de son rang suprême. Dans cette maison de campagne de Chislehurst, on retrouvait les Tuileries de 1870 '. » Derrière les ambassadeurs, les envoyés spéciaux ou les missions représentant tous les souverains d'Europe, et parmi des Français de tout rang, de toute condition, n*ayant reçu de l'Empire aucune faveur, on y

1. Dans un autre article, le Daily Sews disait : • Pendant plut de vingt ans, Napoléon III a été le personnage le plus en vue en Europe. Depuis Louis xi V, Napoléon i^^ excepté, personne n'avait eu plus d'influence sur les afl'aires du ccmtiuent » — Le Time$ : « La postérité lui rendra Justice... Il fit toujours de son mieux le bien de son pays. A l'extérieur sa politique était généreuse. L'Angleterre n'eut jamais un repr(»clie à lui adresser... Il était la patience et la mansuéUidc uiAmcs. Il a vécu un long règne qui laissera une grande place dans l'histoire. Ses qualités étaient extraordinaires et la nature l'avait doué outre uicsurr. • — L'Kxeler and Plymoulh Gazelle : « Il avait une Ame vraiment im|>ériale, une Ame comme on n'en rencontre qu'une sur cent millions d'hommes. > — Le Manchetler't Gurhian : ■ Si quehfue chose peut adoucir la douleur de sa veuve, c'est la douleur de tous ceux qui l'entourent et les sympathies des millions d'hommes qui prennent |>art à son désespoir. •

Nous ne pourrions continuer longtemps la reproductiou de ces hommages rendus par la presse anglaise, par la presse de tous les pays, A la uiémoire de l'Empereur. Contraints de nous borner nous n'ajouterons plus que deux extraits. Un journal américain disait : • La noble abqégation qu'a montrée Napoléon 111 depuis 1870 doit commander le respect et l'admiration à ses plus implacables ennemis. L'histoire ne montre nulle part d'exemple plus frappant de majesté dans le malheur que celui que nous a donné Napoléon III. • — La Gazelta d'Italia : • Par un historien impartial, Napoléon 111 sera peut-être proclamé plus grand que son oncle. >»

2. Le Times. -— De son correspondant de Londres, VUnion recevait et publiait loyalement le même témoignage : « L'arnu(*nce a dépassé tout ce qu'on pouvait attendre... Il me sera permis de constater dans l'Uniom^ où l'on comprend le culte des souvenirs et la fidélité au malheur, qu'un grand nombrn de ceux qui devaient leur élévation À Napoléon III se pressaient autour de son cercueil... L'ex-grand chambellan de la Cour Impériale disait hier qu'aux plus beaux jours de l'Empire ou n'avait jamni« vu ton! de courtisans réunis. ••

voyait: deux maréchaux, vingt-sept anciens ministres, vingt et un officiers généraux de la marine ou de Tarmée, quatorze membres de TAssemblée nationale, trente-cinq anciens préfets, plus de deux cents membres du Sénat, du Corps législatif ou du Conseil d'État. Et le nombre de ces anciens serviteurs de Napoléon III eût été doublé; si tous ceux qui désiraient se rendre en Angleterre, officiers ou fonctionnaires du nouveau régime, ne s*en étaient vu refuser l'autorisation, accordée seulement à ceux qui avaient fait partie de la Maison impériale.

Elles se trouvèrent là, reconstituées au complet, cette maison de l'Empereur et cette maison de Tlmpératrice, qu'une sotte légende avait accusées, qu'elle accuse parfois encore d'avoir déserté les Tuileries, avant que la Régente ait dû les quitter '. En veut-on la preuve? On n'a qu'à se rendre à la Bibliothèque du Musée Carnavalet, à y demander le journal tenu par le Grand-Maître des Cérémonies, sous l'Empire, continué pieusement depuis, comme si l'Empire eût été encore debout, par son secrétaire. On y verra qu'en janvier 1873, comme en juillet 1879, tous ceux qui avaient formé la cour impériale se trouvaient réunis à Chislehurst, pour y faire, autour d'un cercueil, leur dernier service d'honneur. Ils ne remplissaient pas, par respect de leur passé, un simple devoir de convenance : on le devinait aisément à leur attitude. Ils avaient aimé l'Empereur, ils le regrettaient plus que personne, l'ayant vu de plus près*.

1. •• I/abandon partout, partout la lolitude! Pas un serviteur ii*avait eu l'idée de rester à son poste » répétait encore un livre réceuinient publié. Si les Tuileries s'étaient vidées avant le départ de rimpératricc, c'était par son ordre foruiel et réitéré. Dès le mois de Janvier 1871, un auuiùnier do TEmpereur avait protesté contre celte injuste accusation dans le journal Le iiége de Paris, Cette protestation appuyée des détails les plus précis fut souvent renouvelée par d'autres. Mais nulle aftirniation n*a la valeur d'un chiffre : disons donc que la liste de ceux qui vinrent, dans la matinée du 4 septembre, se mettre à la disposition de Tlmpératrice a été dressée et qu'elle existe encore : elle comprend cent quatre noms !

2. • ... M. de Niewerkerquc, —, écrivait il y a peu d'années le marquis de Chenneviéres, — professait pour son maître l'attachement entier, de corps et d'Ame, qui fut commun a tous lesofflciers de la maison impé-

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Dans In modeste église de Chislehurst, on en vit plus d*un s^essuyer les yeux, lorsque, après avoir loué, « la foi si humble et si profonde » de son auguste paroissien, Mgr Goddard, visiblement ému lui-môme, ajouta : « Aucune &me n'a été plus noble, plus généreuse que celle de TEmpereur... Sa bonté attachante, pénétrant tous ceux qui rapprochaient de dévouement pour lui, sa fidélité à ses amis, sa reconnaissance pour le moindre service rendu, vertus si belles et si rares, suffisaient seules pour le désigner comme roi parmi les hommes. Mais il y avait en lui quelque chose de plus grand encore : un magnanime pardon des injures, dont ceux qui vivaient en dehors de son cercle immédiat ne peuvent se faire une idée juste. »

Quelques semaines plus tard, le testament de Napoléon III était déposé à la Cour des Probates, et, par cette formalité même, se trouvait livré à la publicité. Tout le monde pouvait donc contrôler cette attestation du sollicitor qui l'avait reçu: « L'actif est évalué au-dessous de 120,000 liv. st. mais il faut observer que cette somme est sujette à des réclamations qui la réduiront de moitié. » En apprenant ce que laissait le souverain auquel nous avions dû une si haute prospérité, la presse anglaise offrait à sa mémoire un nouveau tribut d'admiration : « Ceux qui portent aujourd'hui le nom de l'Empereur, disait-elle, doivent être fiers de pouvoir montrer au monde qu'ils ont rendu à la France ce qu'ils en avaient reçu*... Napoléon III n'a profité de ses immenses revenus que pour faire le bien autour de lui... Pressé de demandes, il répondait à toutes... V Empereur s'est toujours ressemblé à lui-même ; en approctiant de sa fin il était tel

que dans sa jeunesse^. »

C'est ce que nous disions nous-méme, au début de cette

riale, r'eftt-à-dire à loua ceux qui approchèrent fatuiliôreiiirnt de ce prince douK et admirablement humain, toujoun égh\ en net affeclioni, courtoU et généreux aux plus humble*... • Souvenii'g d'un anden Uirtcteur de% ItenuJT'Artt.

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