‹ Napoléon III intimeChapitre 33 sur 114 · Wilhelmthœhe^ par A. Mei.s, p · texte numérisé non relu

Wilhelmthœhe^ par A. Mei.s, p

tni NAPOLÉON III LTTDfE

dîâcnsdion ré?èle ses projets », peut seul bien mener les choses militaires ; que «r poar avoir une armée redoutable, il fan t..,. an despote' l »

Il semble donc qoe la responsabilité de chacnn, à celte phase emelle de notre histoire, était bien nettement déterminée ; qu'après la catastrophe de 1870, justifiant trop les tf'ntatives répétées, les efforts perse? érants de TEmpereor, condamnant trop ceux qui les avaient paralysés, — nnl ne pfiuvait s'y tromper?... Eh bien, si ! Ton s'y trompa, ou Ton feignit de s'y tromper. Parmi les hommes dont nous venions de payer si chèrement Terreur, un seul eut le courage do repentir'. I>es autres, tous les autres, firent leur mea cuipa sur la poitrine de Napoléon III. Loin de se reprocher d'avoir sommé le gouvernement impérial de retirer son projet de ^H(iC}, en le menaçant des barricades, le Journal des Débats disait : « Les rapports de M. Stoffel, malgré leur remarquable lucidité, n'ont pas dessillé des yeux qui n'ont pas voulu voir » ; — et ce n'était pas des yeux de l'opposition qu'il [mrlait, mais bien des yeux de l'Empereur! Le seul «iveugle, le seul ignorant, le seul imprévoyant, c'était Napoléon III. En vain la vigilante opposition lui avait signalé

1. • Or, à Cl» moment-là, il y avait en Europe, deux peuples qui allaient • Vtrrifwlrf*. A la tAte «le l'un île ces peuples il y avait un h«>uime, qui p**%n('t\nii un prestige et une puiésancc en quelque sorte surhumains. (:«;|.iil Nnpol«:on III. Il eut i»cur «les rriaillcries tle quelques douzaine» d iiv/»4-.it4 (t des articles d'une poignée de journalistes et il se laîs!*a mater par eut... Kt, tandis que la France, représentée par ces avorats et ce» j«Hirnalistes, prenait son empereur, le couchait sur ses genoux et lui arrachait un k un les montants de sa couronne, Guillaume, lui, prenait son peuple, et, comme une nourrice fait d'un nourriss^m, le fessait et le forçait .1 avaler l'autorité >» ; il • fouaillait les parlements, les dissolvait, percevait les im(>Ats sans vole préalahle, etc. • J. (Um:ttLx, le Gaulois

2. héf«*ndant Gaston Crémieux devant le conseil de guerre de Marseille, M. riéuif-nt l^raurier s'écriait : # Nous avMn<i, pendant quinze ans, attaqué l'.irmée; nous nous tommes nioqu/'H d'elle Hur tous les rythmes et surtiuis les ton*. Nous avons eu la prétention de di&tribuer le ridicule et, devant la grande Kurope, nous avons reçu le mépris. Nous avons raillé la patrie en disant que c'était un poteau ganlt* par un douanier. .Nous avons aussi raillé Tarmée. Je vous en tiemande pardon en mon nom et au non) de mon parti. »

lo péril imniincnl : clic n*avait pu secouer sa lorpeur. El ce n^élaicni point d'obscurs pamphlétaires qui racontaient ainsi rhistoire de la veille. C'étaient d'éminents parlementaires, telsque Saint Marc-Girardin, — disant en 1872 à la tribune: c( Comment tant d'avis n'onl-ils pas décidé le chef de TEtat h s'organiser pour une guerre qui ne pouvait être évitée, en s'y préparant avec persévérance ? » C'étaient d'austères philosophes comme Litlré, écrivant encore, huit ans après : <c Pour comble et pour suprême caractère de l'incapacité césarienne, Tarmée tomba au-dessous des armées rivales, en dépit de tous les avertissements » .

EnGn, de ces douloureux événements se dégageait une leçon salutaire, — et, pour certains, cette leçon valait bien deux provinces, — c'est qu'un peuple est perdu quand il se . livre aux mains d'un maître *.

Toujours et partout la passion politique s'est assez peu souciée d'être équitable ; mais nous doutons que, — jamais et nulle part, — elle ait commis une aussi flagrante injustice !

I. • Cette leçon doit noim enseigner l'iiitérî^t ({u'a la nation à ne jauiaiv abandonner à aucun maître le xoin de nos aiïairci et do sa |K>liti(|uc. ■ (V** DR Hainniviut., Happorl à l'Assemblée nalionale.\

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