‹ Napoléon III intimeChapitre 73 sur 114 · L'Europe et le Second Empire, p · texte numérisé non relu

L'Europe et le Second Empire, p

2. Idem^ p. 33. — 1^ comte de MoiitaU*mbort, bien uioiiis tendre que le comte lie Ciirné poor rKiiipire, ne niait pourtant pas rimportancc de ce succès :« C'était grand et Ueau. 11 était même difficile d'imaginer des résultats plus positifs et plus «*onsidérablcs. • (/>e t Avenir politique de VAnyleterre, p. 33î>.)

capitule 8*y Irouvaicnl r6iinic8 en i85G pour y consacrer le triomphe de sa politique et de ses armes. Napoléon I" avait mainte fois soumis TEurope, il ne Tavait jamais persuadée. Napoléon III avait le bonheur de remporter dans les esprits des victoires que son oncle n'avait pu remporter décisives sur le champ de bataille ; il avait plus fait que vaincre TEurope, il Tavait convaincue* ».

Quelques jours avant la signature du traité de paix, Napoléon III a eu un fils ; et l'Europe entière a paru s'intéresser à sa joie. Dans plusieurs pays le premier ministre venait présenter au représentant de la France les compliments de son souverain. La municipalité de Londres et celle d'Edimbourg envoyaient une adresse à l'Empereur. Des salves étaient tirées par tous les vaisseaux de la flotte britannique et, comme pour un événement national, les élèves de tous les collèges d'Angleterre obtenaient un jour de congé. Le Standard disait : « La naissance d'un héritier du trône de France n'est guère moins satisfaisante pour le peuple anglais que pour la nation française. » L'armée russe s'associait â cetta manifestation générale de sympathie en illuminant ses lignes. Enfin les membres du Congrès de Paris venaient solennellement déposer au pied du trône leurs félicitations et leurs vœux.

Se reportant à cette radieuse époque, M. Weiss écrivit, en 1869, que n l'Empereur était alors l'arbitre du continent», qu'il avait fait de la France, « la maltresse de l'Europe » ; — M. de Pêne, au lendemain de la mort de Napoléon III, qu'« il nous avait ramenés à un degré de gloire et d'éclat dont le secret semblait perdu depuis Louis XIV et Napoléon », qu'il paraissait « porter à la fois le sceptre de la France et celui du monde » ; et, un peu plus tard, qu'en ce beau temps t< le

I, i\. HoTiuM, La Pi-uue et ion roi pendant la guerre de Crimée. » • Il faut avoir ropn-scnlé nolrr poliUi|ne k l'élninger, de 1856 i 1859, — dit fiillciim M. nolhnn, — pour te rendre couipto du pretliKe de riviit|>irf A

rctU' rjMMUic. •

ariO Napoléon m intime

nom do Français était une fierté, une sauvegarde et comme une escorte qui vous accompagnait au bout de Tunivers » ; — M. Valbert enfin qu' « à la suite de la guerre de Crimée, Napoléon était l'objet de toutes les attentions, de tous les ern[)rcssements » ; que « petites et grandes monarchies recherchaient son amitié »] que « TEurope entière lui faisait la cour* ».

Parmi toutes ces cours qui se disputaient sa faveur et son alliance, nulle ne semblait y attacher plus de prix que la cour de Russie vaincue par nous, la cour de Russie, qui, trois ans plus tôt, lui avait marchandé le titre de Frère. M. de Morny, envoyé comme ambassadeur extraordinaire auprès du nouveau czar, écrit à notre ministre des Affaires Etrangères : « La Russie se donne à nous aujourd'hui corps et Ame ». Le prince Gorlschakoff lui dit: « L'Empereur Napoléon est le seul souverain des puissances de premier ordre en (|ui nous ayons confiance ». Le Czar témoigne cette confiance en abandonnant à TEmpercur le règlement de toutes les questions laissées en litige par le traité de Paris. La société, la population russe sont animées des mêmes sentiments. « Les mots de sympathie pour laFrancSy écrit encore le comte de Morny, commencent à méprendre sur les nerfs, tant on nous les répète... Les Français qui résident dans ce pays depuis trente ans et qui ne se sont jamais vus à pareille fête, se rengorgent en voyant comme on nous traite, comme la France a le haut du pavé' ». Le Czar, comme s*il voulait ainsi rendre plus naturelle, plus facile une alliance sincère entre son peuple et notre nation démocratique, inaugure une politique nouvelle en abolissant le servage ; — d'où naît cette curieuse légende de hi NapoleonowscMna (petite secte russe adorant Napoléon comme une divinité) : que le grand Empereur, être immortel, a reparu en Gri-

1. Lfs années d'appifnUssnge de M, de îiismarck. — « I^e Congrèf de Farii |Mirla lu Franru à un iW^rd de presli^^u ({irello iravaU pas connu depuis In Paix d'Amiens. • A. Sorel, Lectui-et llisiori<fU€s^ p. iâO.

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