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35i NAPOLÉON III INTIME
Enfin, quelque temps après, faisant allusion à la catastrophe qui avait menacé cet « homme providentiel », un jeune et éloquent membre des Gortès de Madrid, M. Aparici y Guijarro, citait à la tribune, en y adhérant, ce mot qu'un de ses amis avait coutume de répéter : n Je vivrai tranquille tant quMl y aura un napoléon dans ma poche et un Napoléon sur le trône de France*. »
L'attentat qui avait provoqué ces manifestations si flaU teuses allait pourtant soumettre Ventente cordiale à une première épreuve. Les bombes jetées sous la voiture de TEmpereur avaient été fabriquées à Londres, où cette industrie révolutionnaire s'exerçait librement, presque au grand jour. Dans une adresse un peu vive, des colonels français protestèrent contre Thospitalité accordée par l'Angleterre aux assassins. De plus, on connaissait le fabricant; on demandait son extradition, sans pouvoir l'obtenir. De là un échange de communications aigres-douces entre les deux gouvernements, de récriminations entre les journaux de Londres et de Paris, qui avaient failli amener la brouille. « Nos relations avec la France sont extrêmement tendues, — écrivait Lord Malmesbury, le 24 février 1858, — cl il faudra dans les deux pays beaucoup de bonne volonté pour détourner l'orage qui les menace. Cependant j*ai grande confiance non seulement dans le bon sens de l'Empereur, mais encore dans le vif désir que je lui connais de rester en bons termes avec l'Angleterre. » Le bon sens de l'Empereur parvint en effet à tout apaiser; et, après nous avoir acquis Tamitié de la Russie, à nous conserver, en même temps, celle de l'Angleterre.
Plus d'une fois cependant nous devions être sur le point de la perdre. L'entente cordiale allait rencontrer bien des écueils, mais les tourner, sans jtimais s*y briser complètement. L^i France désire Texéculion du canal de Suez; TAngleterre y est nettement opposée. — La France veut