‹ Napoléon III: manuscrits inéditsChapitre 25 sur 44 · Ateliers nationaux · texte numérisé non relu

Ateliers nationaux

L'idée n'avait rien de contraire ni au droit ni à la science; rien de compromettant pour la fortune publique.

Elle découlait de la reconnaissance du Droit au travail; elle avait pour base l'existence de travaux d'utilité publique, dont le budget, sous Louis-Philippe, atteignait déjà un chilTre fort élevé et qu'on pouvait doubler en rendant ces travaux plus productifs; elle supposait d'ailleurs un provisoire.

Mais on ne voulait pas de Uroit au travail.

On voulait d'ores et déjà faire échec au socialisme et à la République.

Au lieu de donner un travail utile, les choses furent arrangées de façon à ce que les ouvriers n'eussent rien à faire du tout, un travail dérisoire, et que la subvention fût payée à des bandes de désœuvrés.

Qui fît cela? On l'ignora. Chacun s'en est lavé les mains; personne n'osait prendre d'initiative; tout le monde à la politique, etc.

2. — Le gouvernement provisoire avait déposé un projet de loi pour la retraite des chemins de fer.

Repoussé à grands cris comme socialiste.

3. — Commission des travailleurs : impuissante, ce fut l'enterrement de la question.

4. — Autorisation de rentrée à Louis-Napoléon. Une portion de lu République complice «le cette œuvre.

- Puisque l'on rejetait les prétendants des familles de Bourbons et d'Orléans, il fallait rejeter celui de la famille Bona- .parte ; coupable d'ailleurs de tentative d'usurpateur à main armée, et déjà notoirement compromis dans l'agitation de juin. Mais, en 18 $-8, avoir été condamné sous Louis- Philippe était un titre à la considération. Les Républicains ne savaient plus même que les gouvernements sont solidaires.

5. — Transportation sans jugement : imité «les anciens despotes.

0. — Refus de fixer la journée de travail à 10 heures. Idée juste, comme unité de mesure générale du travail, mais qui, isolée, et rendue obligatoire, était impuissante. Elle fut r«poussée par de sordides et sophistiques motifs, (]ui laissaient voir Tarriôre-pensée de l'exploitation.

7. — Candidature de Louis-Napoléon. Abandon do celle du général Cavaignac. La majorité de l'Assemblée n'est pas suivie par le pays.

Ralliement de tous les partis monarchiques.

8. — Expédition de Rome : conçue dans un but <lo pai-i- Jicition et d'influence nationale, mais aussitôt détoirn'e de son l)ut, par le ministère, d'accord avec la minorilo de l'Assemblée.

£• Législative. — :iS mai l^iO. 2 déc— J ans, mois, 5 jours.

9. — Trahison sur l'ulfiiire Je Rome; «lêû H la MonLagne. Qui amène le 13 juin : bien heureux qu'il n'y ait pas eu

une seconde édition do l'alTaire de Tannée dernière.

La législative se regarie comme ayant seulement pour mandat de contenir et de refouler la Révolution, et do surveiller le Président.

Tactique périlleuse, comme on verra.

10. — Cette assemblée représente le pur esprit de la réaction. C'est à ses cliefs et à ses journaux qu'on peut attribuer cette grande et profonde immoralité de la coyiédie du ralliement h la République, dont la Majoritr tiationale fut dupe, ce qui amena des malentendus favorables au Président.

Les Républicains s'émeuvent de cette adhésion si prompte, et si accusée. De là, la distinction des républicains de la veille et du lefultmain.

Professions de foi ampoulées, fracasses, de gens qui, dans quelques mois, diront imi>rudemment : La Ri*publiqm' n*t\</ fnK ce fjuc tiou< avons cru. elle nous a tromprs.

Ce fut là un crime qui devait porter de tristes fruits.

Que ne se taisait-on? L'abstention eilt été morale, digne ; peu utile peut-être, mais, en tous cas. meilleure que l'apostasie et la trahison.

Mauvais conseils des prwlent^.

11. — Prati(iue large, elfroyable, de la calomnie, contre les républicains. Ikuits atroces, propagés en avril, mai, juin, iS, et décembre 51. Faits, idées, écrits, pensées, intentions, tout est travesti, accusé. Et chaque jour, on a l'air de se dire : Tiens, tiens, c'est cela qui est la République I...

Cela était pris pour de l'habileté.

Sans cesse, la société, la famille, la religion, la propriété, tout était en péril, parce que le peuple demandait du travail...

12. — Exécution des meurtriers (supposés) du général Bréa. Assassinat juridique des meurtriers dans leur droit vis-à-vis d'un officier général qui trahissait.

Historique,

Il est certain que la Constituante était inconciliable avec le Président.

Les dates suivantes le prouvent :

20 janvier : Complot bonapartiste ;

9 février : Refus de confiance de l'Assemblée;

22 mars : Déclaration que la Constitution est violée; une partie de l'Assemblée fait scission et se retire ;

7 mai : Ordre donné au pouvoir exécutif de ramener l'expédition romaine à sa destination;

14 mui : Blâme infligé à L. Faucher, faussaire.

Evidemment cela ne pouvait aller d'accord.

D'ailleurs, l'Assemblée cavaignuquiste était en contradiction avec le pays.

De là, la proposition Ratteau, appuyée d'une masse de pétitions qui forcèrent enfin l'Assemblée Constituante à se dissoudre, bien qu'elle se crût le droit de faire les lois organiques.

A peine celle-ci est arrivée qu'elle dévoile ses pensées.

Elle avoue que l'expédition romaine a pour but de combattre la dt^magogie europècmw.

Projets de réviser la Constitution.

Projets de rappel des familles royales exilées.

Candidature du prince de Joinville.

Paiement du douaire de la princesse Hélène.

Refus de pension aux veuves des citoyens morts pour la République.

Procès de Bourges.

Procès de Versailles, etc.

Quoi qu'il en soit, Ledru-Rollin, fut pris avec les siens dans un vrai traquenard.

L'ordre de bombardement était contraire aux décisions de rAsserablée: il y avait trahison flagrante de la République; violation de la Constitution par la partie réactionnaire et monarchique de l'Assemblée, d'accord avec le Président. A partir de ce jour, la Bourgeoisie, ou plutôt l'Assemblée,

est en demeure d'agir, de procurer le travail, l'aisance, l'ordre! c'est-à-dire de faire marcher la République, ce que précisément elle ne voulait pas, ni le Présilent non plus.

Mais ici la division se met au camp.

Quel sera le bénéficiaire de la trahison ?

Trois partis : Bourbon, Orléans, Bonaparte.

Dés juillet iO, les journaux blancs s'apen;oivenl qu'ils sont pris pour dupes. Ils protestent; ils parlent comme les républicains : La GazMe demande la liberté de la Prcs^ey accuse Montalembert de s'être trompé d'erreur,

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