FLORENCE, VI AVRIL MDCCCXXXI
le seul but de mon ambition. Je viens vous prier de m'ouvrir les portes de la France, et de me permettre de la servir comme simple soldat. Je pouvais me consoler de ne pas être dans ma patrie lorsque, dans un pays malheureux, la liberté m'appelait sous les drapeaux, mais à présent que le courage a dû céder au nombre, je me vois obligé de fuir de l'Italie. Puisque tous les Etats de l'Europe me sont fermés, la France est le seul où l'on ne me ferait pas un crime d'avoir embrassé la sainte cause de l'indépen danced'un peuple; mais une loi cruelle m'en bannit. Séparé de ma famille, inconsolable de la perte de mon frère, mort en Romagne, après avoir donné tant de preuves de son amour pour la liberté, la vie me serait insupportable si je n'osais espérer que Votre Majesté me permette de rentrer comme simple citoyen dans les rangs français — heureux si je peux mourir un jour en combattant pour ma patrie. La France et Votre Majesté pourraient compter sur mes serments et sur ma reconnaissance. »
Casimir-Périer fait part à la reine de la réception de la susdite et il ajoute :
« — On s'habituera à vous voir en France, ainsi que votre fils. Mais si, plus tard, il prenait du service, il faudrait qu'il changeait de nom. »
Telle est la version de la reine Hortense. M. le duc d'Aumale en fournit une autre, dans sa LcUre sur l'Histoire de France :
« Le lendemain du jour où le roi des Français avait donné audience à la reine Hortense, il y avait conseil des ministres. — « Quoi de nouveau? Messieurs, dit le roi en 8*asseyant. — Une nouvelle fort grave, sire, reprit le maréchal Soult; je sais, à n'en pas douter, par les rapports de la gendarmerie, que la duchesse de Saint-Leu et son fils ont traversé le midi de la France. » Le roi souriait. — « Sire, dit alors M. Gasiiriir-Périer, je puis compléter le renseignement que le maréchal vient de vous fournir. Non seulement la reine Hortense a traversé le midi de la France, mais elle est à Paris; Votre Majesté l'a reçue
hier. — Vons êtes si bien informé^ mon cher ministre, reprit le roi, que vous ne me laissez pas le temps de tous rien apprendre. — Mais moi, sire, j*ai quelque chose à vous apprendre. La duchesse de Saint-Leu ne vous a-t*elle pus présenté les excuses de son fils, retenu dans sa chambre par une indisposition f — En effet. — Eh bien! rassurezvous, il n'est pas malade; à l'heure même où Votre Majesté recevait la mère, le fils était en conférence avec les principaux chefs du parti républicain, et cherchait avec eux le moyen de renverser plus sûrement votre trône. »
Les deux narrations s'accordent sur l'entrevue du roi avec Tex-reine Hortense. Dés la veille du 5 mai, anniversaire de la mort de l'Empereur, lu Colonne fut visitée par de pieux pèlerins qui apportaient des fleurs, couronnaient les aigles du soubassement.
(c J'avoue, écrit la reine, qui s'était logée dans un hôtel de la place Vendôme, que je jouissais de ma fenêtre d'être présente à un si touchant souvenir... »
Le 5, dès le matin, ils étaient en masse et criaient ù tue -té te : « Vive Napoléon II ! » De son hôtel, Louis-Napoléon pouvait les entendre, les compter. Le 9, il y eut un commencement d'émeute; le 10 des rassemblements hostiles se formèrent sur la place Vendôme. A ce moment, le maréchal Lobeau fit venir une pompe i\ incendie de la caserne de la rue de la Paix, et les agitateurs, arrosés largement, se dispersèrent en grondant, moins par peur de cette arme insolite, que faute d'un mot d'ordre qu'ils attendaient de l'hôtel de Hollande.
« On y négociait en cft moment môme. Le ministre de Louis-Philippe était auprès de l'ex-reine, lui rappelant que l'acte de 1810 n'était pas aboli, et que le gouvernement, la soupçonnant ù. cette heure d'avoir pris part au tumulte, était décidé à faire usage de son moyen légal de défense. Elle avait écrit au roi que son fils continuait à être malade^ qu'elle demandait de pouvoir rester encore. La réponse, c'était la visite de Gasimir-Périer, et comme elle se récriait
contre une mesure qui lui semblait a imméritée^ » on en* tendit des clameurs confuses de : « Vive l'Empereur! » puis un escadron qui commençait de charger la foule.
» — Madame, dit l'envoyé du roi, vous entendez ? Voici notre excuse.
» — Monsieur, répondit- elle, la situation de mon fils s'est un peu améliorée depuis hier; si ce mieux se soutient, nous partirons après-demain.
» Six jours plus tard, elle arrivait à C4alais, et le lende* main elle était avec son iils en Angleterre <. »
A Londres, il y eut des menées sourdes pour faire obtenir à Louis-Napoléon le trône vacant de Belgique. Mais Léopold de Saxe-Cobourg réunit soudainement la grande majorité des suffrages du Congrès belge. Ce prince fut nommé le 4 juin. Avant de partir, il vint saluer Hortense et lui dit en prenant congé : « Vous ne me prendrez pas mon royaume en passant, n'est-ce pas? » Cette allusion ne fut pas entendue sans dépit; et, comme un journal semblait s'être fait l'interprète des soupçons du nouveau roi, Louis-Napoléon adressa, en date du 17 juin, la réclamation suivante :
« Monsieur le Rédacteur,
» Je lis dans votre journal du 13 le paragraphe suivant : o Madame la duchesse de Saint-Leu vient de passer quel- » ques semaines à Londres. On suppose que l'ex-reine de » Hollande a été y guetter une occasion de présenter son » fils aux Belges, pour le cas où ils éprouveraient quelques » difficultés dans le choix d'un souverain. »
» Il parait que l'on veut absolument assigner un but politique au séjour de ma mère en Angleterre. Ma mère est allée à Londres uniquement parce qu'elle n'a pas voulu se séparer de l'unique de ses fils qui survit encore.
» Ayant embrassé la cause sacrée de l'indépendance italienne, je suis obligé de chercher un refuge en An<j>Ieterre, la France, hélas I m'étant toujours fermée. Ma mère n'aspire qu'au repos et à la tranquillité.
i. Cf. Napoléon IJI, par A. Morel.
d6i NAPOLÉON III
» Quant à moi, loin de nourrir des idées d'ambition, mon seul désir serait de servir mon pays ou la liberté dans les pays étrangers, et on m'aurait vu dès longtemps, en qualité de simple volontaire, dans les rangs glorieux des Belges ou dans ceux des immortels Polonais, si je n'avais craint qu*on attribuât mes actions à des vues d'intérêt personnel, ou que mon nom n'alarmât une diplomatie timide et incapable de croire à un dévouement désintéressé ou à une sympathie sincère pour des peuples malheureux. »
En 1832, le roi de Rome, Napoléon II, meurt à Vienne* Le prince Louis paraissait beaucoup l'aimer. Voici de lui une lettre écrite vers 1830 :
« Mon cher cousin,
» Nous sommes très tourmentés depuis quelque temps de votre maladie. Je m'adresse à tout le monde pour avoir des nouvelles de votre santé, et l'incertitude où me laissent ces rap])orts indirects me cause la plus grande anxiété.
» Si vous connaissiez tout rattachement que nous vous portons et jus<ju'où va notre dévouement pour vous, vous concevriez notre douleur de ne pas avoir de relations directes avec celui que nous avons été élevés à chérir comme parent et à honorer comme fils de l'empereur Napoléon.
» Ah I si la présence d'un neveu de votre père pouvait vous faire quelque bien, si les soins d'un ami qui porte le même nom que vous pouvaient soulager vos souffrances, je serais trop heureux d'avoir pu en quelque chose être utile à celui qui est l'objet de toute mon affection.
» J'espère que les personnes auxquelles parviendra ma lettre avant vous seront assez compatissantes pour vous faire parvenir l'expression d'un attachement qui ne peut pas vous être indifférent. »
Napoléon II mort, le prince Louis devenait le chef de l'impérialisme.
Vers cette époque. Chateaubriand se trouvait en Suisse et le prince Louis-Napoléon lui soumit un travail publié depuis sous le titre de Rh^erics politiques. En effet, ce sont
bien les rêveries d'un apprenti politique, d'un spéculatif mécontent de ce qui est, incertain de ce qui sera, désireux de jouer un rôle dans le monde. Louis-Napoléon se décla* rait à la fois monarchiste et républicain, patriote surtout.
« D'après les opinions que j'avance, disait-il, on voit que mes principes sont entièrement républicains. Eh ! quoi de plus beau, en effet, que de rêver à l'empire de la vertu, au développement de nos facultés, au progrès de la civilisation?... Les patriotes d'aujourd'hui sont en grande partie républicains. »
Mais, dans la pratique, il faut renoncer à l'idéal et se résigner à voir subsister un trône.
« Si, dans mon projet de constitution, je préfère la forme monarchique, c'est que je pense que ce gouvernement conviendrait plus à la France, en ce qu'il donnerait plus de tranquillité, de force et de liberté. »
Les raisons sur lesquelles il s'appuie, il les développe :
« Si le Rhin était mer, si la vertu était toujours le seul mobile, si le mérite parvenait seul au pouvoir, alors je voudrais une république pure et simple. Mais, entourés comme nous le sommes d'ennemis redoutables qui ont à leurs ordres des milliers de soldats qui peuvent renouveler chez nous l'irruption des barbares, je crois que la république ne pourrait repousser l'invasion étrangère et comprimer les troubles civils, qu'en ayant recours aux moyens de rigueur qui nuisent à la liberté. Quant à la vertu et au mérite, on voit souvent dans une république qu'ils ne peuvent atteindre qu'un certain degré : ou l'ambition les corrompt ou la jalousie les perd. C'est ainsi que tous les génies transcendants sont souvent écartés par la déflance qu'ils inspirent, et l'intrigue alors triomphe du mérite qui pouvait illustrer la patrie. »
C'est bien regrettable, mais il faut renoncer à la république I
« L'agitation qui rogne dans tous les pays, l'amour de la liberté qui s'est emparé de tous les esprits, l'énergie que la
coDûance en une bonne cause a mise dans toutes les âmes, tous ces indices d*un désir impérieux nous mèneront à an résultat heureux. Oui, le jour viendra et peut-être n'est-il pas loin^ où la vertu triomphera de l'intrigue, où le mérite aura plus de force que les préjugés, où la gloire couronnera la liberté. Pour arriver k ce but, chacun a rêvé des moyens dilférents ; je crois qu*on ne peut y parvenir qu'en réunissant les deux causes populaires, celle de Napoléon II et celle de la République...
c( Je voudrais un gouvernement qui procurât tous les avanUiges de la République sans entraîner les mêmes inconvénients; en un mot un gouvernement qui fût fort sans despotisme, libre sans anarchie, indépendant sans conquête. »
Quelles sont les bases d'un projet de Constitution?
i( Les trois pouvoirs de l'Etat seraient : le Peuple» le Corps léi^'islatif et l'Empereur.
» Le Peuple aurait le pouvoir électif et de sanction. » Le Corps législatif aurait le pouvoir délibératif. » L'Empereur le pouvoir exécutif. »
L'opuscule fut accueilli avec une profonde indifférence. Néanmoins, le prince publia bientôt une autre brochure : Considridtionti politiques et militaires sur la Suisse,
Les habitants du canton de Thurgovie lurent ou ne lurent pas ces divagations. Mais, peu après, Louis-Napoléon rerut d'eux le titre de citoyen. L'année suivante (1834), il devint capitaine au régiment d'artillerie de Berne.
Il ne perd pas de vue la France et écrit à sa mère :
c Bade, 4 juillet 1834.
» Ma chère mère,
» Je ne suis pas de votre avis, en ce qui concerne la politi(iue de la France. Je trouve que ce qui pouvait faire le plus de tort au gouvernement actuel, c'est une Chambre composée presque entièrement de ses amis. Il s*obstine à voir dan? cette mesquine réunion des représentants de 2^)^1.000 Français, toute la France, et il se perdra comme
les autres. La Chambre de 1830 montra quelque peu d'énergie parce que les Bourbons avaient indisposé même les classes bourgeoises. Cependant, elle était bien loin d'être à la hauteur des sentiments de la rue, et ce n'est que malgré elle qu'on l'entraîna à la Révolution. Tant que le suffage universel ne sera pas une des lois fondamentales de l'État, la représentation nationale ne sera que la représentation d'intérêts particuliers, les députés ne seront les mandataires que d'une classe, et la Chambre n'aura ni dignité ni inQuence. Elle ne fera que timbrer les actes d'un pouvoir passionné et aveugle. Telle est mon opinion. »
c Bade, jaillet 183 'f.
« Ma chère mère,
»... Vous vous plaignez de l'injustice des hommes et moi j'ose dire que vous avez tort de vous en plaindre. Comment les Français se souviendraient-ils de nous, quand nous-mêmes nous avons tâché pendant quinze ans de nous faire oublier. Quand» pendent quinze ans le sens moral des actions de tous les membres de ma famille a été la peur de se compromettre, et qu'ils ont évité toute occasion de se montrer, tout moyen de se rappeler publiquement au souvenir du peuple?... On ne retire que ce que l'on sème et il n'y a rien de plus vrai que ces deux vers de Racine :
Les Dieux sont de nos jours les maîtres souverains; Mais, seigneur, notre gloire est dans nos propres mains.
)) Je suis fâché de vous voir tourmentée par des affaires d'intérêt, si c'est surtout en pensant à moi que vos inquiétudes s'accroissent, je me marierai bientôt et tout s'arrangera. D'ailleurs, ce n'est pas la fortune qui rend indépendant, c'est le caractère, et, demain, s'il fallait vendre tous mes objets de luxe, qui se bornent à mes chevaux, et travailler pour vivre, je me trouverais sinon aussi content, du moins aussi heureux et aussi indépendant. »
c Bade, 13 juillet 1834.
» Chère mère,
» Je viens de recevoir du gouvernement de Eerne !e bre-
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vrl h: iiItuîLr i'jrtlllerie honoraire. Cette Dinnîrre flatle:;.s<r 'ir r'^^-or. ire j n.u «ieaiân-le, me fait «l 'autant plus de {l'ji-ir l'i'eW^ îûe {«nj-ive que mon nom ne trouvera de sym{'a:hie iu-^ i i >'i r-^^ne la •lémo-rralie. Hier, j'étais à me jroii.ener :i pl^d >îir \i roule de Zurich lors^^ue a passé un «rhuriol rempli de tireurs bernois. Dt-s qu'ils m'ont vu ils se sont mis à crier : Vive Napoléon! Ces démonstrations amicales S'jnt autant de consolations pour un proscrit comme n^oi. a " Je me marierai bientôt et tout s'arrangera. » A quel maria;;e fait allusion le prince? nous l'ignorons. Ce que nous savons, c'est qu'à cette époque le bruit courait qu'il devait épouser la fille de don Pedro du Portugal. Il le démentît dans les termes suivants rendus publics par l'intermédiaire des journaux :
f Plusieurs journaux, afin de couper court à l'invention, publient la nouvelle que je serais sur le point d'aller en PortUî/al pour y solliciter lu main de la reine dona Maria. Quelque llalleuse que puisse être pour moi la conjecture d'une ullian«*e avec une jeune femme vertueuse et une reine fort belle, j'estime de mon devoir d'opposer un démenti d'autjnt plus énertriqiie que rien, de mon côté, n'a pu autoriser une semblable erreur.
o Je dois ajouter que, malgré le grand intérêt que je porte à tm peuple qui a su ga;jner sa lil>erté. je déclinerais l'honneur d'aspirer au trône de Portu;;al, même si quelques-uns rn'v «îonviîiient.
.) La noble con«luile de mon p»**re qui abdiqua en 1810, dans son impossil»ililé de concilier les intérêts delà France ave*: <:eux <ie la Hollande, est encore présente à ma mémoire.
» Par ce gnind exemple, mon père m'a montré combien, en loîit^rs circonstances, on «ioit préférer sa patrie à un tronc étranger. En ce qui me concerne, habitué que je suis à aimer mon ï>:iys avant tout, rien ne saurait l'emporter sur les intérêts de la France.
M Convaincu que le grand nom que je porte ne sera pas
toujours un titre à l'envie aux yeux de mes compatriole>, puisqu'il leur rappelle quinze ans de gloire, j'attendrai patiemment dans un pays libre et hospitalier que le pen[>le rappelle au milieu de lui ceux qui ont été bannis par douze cent mille étrangers. L'attente du jour où il me sera permis de servir la France, en qualité de citoyen et de soldat, soutient mon cœur, et vaut mieux, à mon avis, (|ue tons les trônes du monde. »
Citons encore trois lettres, adressées A son ancien préoop teur :
« Ar<}nonl)erg. 18 foviior 1834.
» Mon cher monsieur Vieillard,
» Nous voici donc encore exilés de la France ))ar ceux qui se disent ses représentants; ah! s'ils rei>résenlaient lidélement le peuple, j'aime A croire qu'ils' nous ouvriraient les bras au lieu de nous repousser. Oui, d'après le disi.-ours de M Soull, le gouverneiuent ne nous exile que parce «iiio nous ne sommes nas encore inJifTércnts à la nation. .M::is des débats de la Chambre on peut tirer une grande Io<;on pour les gens qui ont la puissan«'e, c'e^t «jue le temps c'^t passé où un individu pouvait espérer de fonder une dynasliL* ou d'établir pour soi et les siens une espèce de culte. Voyez TEuïpereur Napoléon, le plus j^rand homme des temps mcdernes, si le peuple en masse lui conserve un teu'lre souvenir et des sentiments de reconnaissance, il n'a néanm-HUs pas pu réussir à conserver un parti à la famille et un au->i à sa personne. Chose désolante! Bertrand, «jiie la l)nuclie mourante de Napoléon qualifiait du nom d'ami, lui, la victime de l'Ile d'Elbe et de l'île de Sainte-Hélène, accuse les mânes de son Empereur d'une ambition démcsurOo. Soult, soldat de l'Empire, se lève [M)ur llétrir les rest^.s <ie celle époque glorieuse. Et Salverle préfère au remè lo héroïque qui sauve, le système légal <[ui vous ôte la vie. VAi\ vous avez raison, ce n'est i)as dans les salons dorés ni dans les réunions des gens timorés qu'on nous rendra Justi.'e. mais dans la rue. C'est h\ qu'il faut s'adresser aujourd'hui pour trouver quelques sentiments nobles. Que je les [iliins,
ces gens h idées étroites qui se croient forts parce qu'ils ont une coterie, un parti! lis ignorent que leur puissance serait plus grande, si, au lieu d'avoir pour eux seulement quelqu>'s réunions d'individus, ils avaient des idées et des intérêts communs avec toute la nation. Il est vrai qu'avec un parti on peut faire la guerre, mais aussi on ne peut rien consolider parce qu'on n'a pas de racines dans le pays. »
€ Arenenberg, 30 janvier 1833.
»... Quant à ma position, croyez que ie la comprends bien, quoiqu'elle soit très compliquée. Je sais que je suis beaucoup par mon nom, rien encore par moi-même. Aristocrate par naissance, démocrate par nature et par opinion; devant tout î\ l'hérédité, et réellement tout à l'élection; rejeté par les uns pour mon nom, par les autres pour mon titre ; taxé d'ambitions personnelles dés que je fais un pas hors de ma sphère accoutumée, taxé d'apathie et d'indifférence si je reste tranquilledans mon coin ; enfin, inspirant les mômescraintes, à cause de l'intluence de mon nom et aux libéraux et aux absolutistes, je n'ai d'amis politiques que parmi ceux qui, habitués aux jeux de la fortune, pensent que parmi les chances possibles de l'avenir je puis devenir un en-cas utile. C'est parce (jae je connais toutes les difficultés qui s'opposeraient à mon premier pas dans une carrière quelconque que j'ai pris pour principe de ne suivre que les inspirations de mon cœur, de ma raison, de ma conscience, de ne me laisser arrêter pur aucune considération d'intérêt secondaire, quand je crois agir utilement dans un but d'intérêt — enfin de marcher toujours dans une ligne droite, quelques difficultés que je rencontre en route, m'efforçant ainsi de m'élever assez haut pour «ju'un des rayons mourants du soleil de Sainte-Hélène puisse m'éclairer... »
i Genève, 29 avril 1835.
\) ... J'ai été bien péniblement affecté par la mort de mon cousin ' ; c'est un véritable malheur pour sa famille et pour le Portugal. Le Constitutionnel contenait sur sa mort