Testament du cardinal Richelieu
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Moins d'un an après la proclamation de l'Empire, Napoléon III conduisit à Notre-Dame mademoiselle Eugénie de Montijo; il en faisait une impératrice. Un homme d'Etat très en vue, — ce fut lui qui fut chargé par l'Empereur d'annon.'er à mademoiselle de Montijo une élévation au trône — résuma la situ ition d'un mot : « Ce mariage, dit-il, est un joli poème. » Et il ajouta : « L'Empereur fait concurrence à M. de Musset, et son règne ne sera, je le crois, que le chant d'une nuit. »
« L'Empereur était un sentimental; mais ce n'est pas dans si sentimentalité qu'il convient de rechercher l'empressement ([ui le fit s'allier avec mademoiselle de Montijo. Très ajjpréciateur de rêlément féminin et habitué à la satisfaction prestjue immédiate de ses caprices, de ses désirs, il lui arriva de tomher amoureux de mademoiselle de Montijo, et, comme seule de toutes les femmes qu'il aima ou qu'il sembla aimer, elle ne lui permit aucune privante, elle le tint sans cesse dans un éloignement de son cœur, il se l»iqua au jeu, eut l'obsession de son amour, et comme pour le faire pali^able, il n'eut devant lui (jue ce moyen, le mariage, ainsi que tous les amoureux obstinés dans sa passion, il se jura d'être heureux, sans calculer \ei conséquences politi«iues de l'acte qu'il accomplissait, ou mieux en refusant de les envisager.
»... ilejretta-t-il, ]>lus tard, alors que les années firent lointaine en lui, sa « folie, » cette explosion d'une passion (jui intéres.sa et troubla si fort l'Europe? — Nul ne saurait le dire... Jamais il ne formula une plainte à ce sujet, jamais il ne blessa les oreilles de l'Impératrice par quelque allusion que ce fût à ce que ses amis avaient appelé sa sottise... »
«... M. de Concourt, se trouvant un soir en wagon, eut devant lui un vieillard — c'était au lendemain de la déclaration de guerre, je crois — qui parlait de l'Empereur et narrait l'histoire deson mariage, prétendant tenir l'anecdote
de M. de Momy à qui Napoléon III lui-môme l'avait confiée.
» Un jour — c'est M. de Concourt qui s'exprime sous la dictée du voyageur -^ l'empereur demanda à mademoiselle de Montijo, avec une certaine insistance^ et faisant appel à l'honneur d'un homme, si elle avait jamais eu un attachement sérieux.
» Mademoiselle de Montijo avait répondu :
» — Je vous tromperais, Sire, si je ne vous avouiiis pas que mon cœur a parlé; et même plusieurs fois; mais ce que je puis vous assurer c'est que je suis toujours mademoiselle de Montijo.
» Sur cette affirmation^ l'Empereur avait dit : » — Eh bien, mademoiselle, vous serez impératrice... » «... On pourrait^ en tant que femme, simplement, résumer la personnalité de l'impératrice Eugénie dans une comparaison et prononcer qu'elle fut assez semblable à ces jolis oiseaux des pays ensoleillés qui passent insaisissables; et complétant cette comparaison par une sorte de formule, on pourrait ajouter qu'elle fut, moralement, une incohérence, un mélange de bonlé et d'indifférence inconsciente, de légèreté et d'autorité sans fondement, de sentiments chevaleresques et de raison pratique, presque terre à terre.
» Son analyse exacte nous la montre, en effet, ainsi, dans une diffusion absolue et constante ^.. »