‹ Napoléon III, sa vie, ses œuvres et ses opinionsChapitre 15 sur 41 · LITRE T · texte numérisé non relu

LITRE T

LE PRETOIRE ET LA PRISO>'

Les conjurés s'étaient présentés à la caserne de Boulogne un peu avant six heures du matin ; vers huit heures ils étaient tous ou presque tous arrêtés au nombre de soixante-quinze. Louis Bonaparte, trempé jusqu'aux os, à peine vêtu, était transféré de la plage au château.

Le 8 août, une voiture de poste vint le prendre; elle était accompagnée de gardes municipaux.

En descendant un escalier qui conduit dans la cour du château, il tourna ses regards vers les fenêtres où se montraient les visages des autres prisonniers. « Adieu, mes amis, s'écria-t-il, je proteste contre mon enlèvement. ))

Ils répondirent : « Adieu , mon prince ! » L'un d'eux ajouta : « L'ombre de l'Empereur vous protégera. »

Ces derniers mots qui font sourire par leur naïveté furent cependant une prophétie. Le gouvernement du Roi. hébété par l'obsession de ce fantôme qui le hantait, allait imaginer cette fois, — au lieu de livrer le prince à la justice ordinaire du pays, — de le traduire devant la Chambre des pairs, transformée en haute-cour de justice.

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