V0L>EY
Il ne faut pas attacher trop de prix à Topinion du vulgaire; tu ne dois t'occnper que du bien du pays. La révolution nous a donné les moyens de perfectionner notre constitution , et d'établir nos libertés iVune manière progressive et durable. Il faut servir dignement le peuple, et ne pas s'occuper de lui plaire. IjI chose publique est garantie lorsque le pays nomme véritablement ses mandataires , et surtout lorsque la justice est rendue par àes magistrats inamovibles, et par des j urési?idcpendans. Tu sais bien que les vraies conquêtes, les seules qui ne donnent aucuns regrets , sont celles que l'on fait sur ri2;norance *\
Quelle que soit ma destinée, général en chef, ou ci-
toyen, je ne vivrai que pour la gloire et le bonheur de la France.
VOLNEY
Avec toi , mon cher collègue , la nation n'aurait pas besoin de garanties, parce cjue tu as des idées trop grandes et trop généreuses, pour t'écarter jamais des,principes libéraux; mais tu dois être le premier à les offrir. La demande d'une confla?ice extraordinaire fait naître la méfiance.
BONAPARTE
La marche du gouvernement doit être constamment dirigée dans l'intérêt du peuple, d'où dérivent tous les pouvoirs, et pour qui travaillent tous les gens de bien. Tu n'es que trop heureux, mon ami; comme philosophe, tu es au-dessus de l'ambilion. Pour moi, je l'avoue sans réserve, il me semble que je n'ai déjà plus de gloire; je me révolte à Hdée de voir le peu que j'ai , se flétrir au milieu de l'oisiveté de Paris , tandis que de nouveaux lauriers sont encore h cueillir dans des contrées éloignées. Les lois ) les institutions ^ les monume7iSj les nations ^ tout cela tombe y mais le bruit reste et rele^itit dans d'autres générations. Si je reste inactif, que dira Cliisioire, que pensera la postérité?
VOLÎNEY.
Ce n'est pas par la seule gloire militaire qu'un grand homme doit chercher à s^illuslrer; tu ne peux rien fiûre de mieux que d'établir en France le règne de l'ordre et delà liberté. Sous u?i pouvoir absolu^ l'amour de la gloire l'emporte sur l'amour de la patrie. La distance est immense entre la science et la veriu. L'occupation la plus honorable , comme la plus utile pour toi et pour ton pays, c'est de contribuer à l'extension des idées favorables au bien-être de l'humanité. Il faut savoir respecter le nécessaire du peuple , et frapper le superflu du riche.