‹ NapoléonChapitre 26 sur 36 · SOLIGNAC · texte numérisé non relu

SOLIGNAC

Je n'ai jamais flatté votre majesté; au contraire, je disais la vérité sans contrainte; mais en ce temps, je crois de mon devoir de me présenter pour vous offrir tous les services possibles. La fermentation de la capitale est extrême; une nombreuse population forme des attroupemens, et donne de vives inquiétudes. L'a(!;itation , l'incertitude deviennent extrêmes. Les membres les mieux intentionnés et les plus influensdes assemblées nationales proclament ouvertement leurs sentimens , et demandent que l'on prenne un parti décisif pour rétablir l'ordre. Ce matin, cette opinion était tellement forte, qu'elle semblait irrésistible. 'L'acte addhionnd est déclaré hautement un obstacle à tout rapprochement entre la France et l'einpereur ^*. Le découragement règne dans tous les cœurs. Si sa majesté eût entendu nos vœux, elle eût connu tous ses périls ; elliiçeût su quelle ne pouvait être absoute de sa dictature hnpériaie, même par La victoire... Maintenant le président de la chambre des représentans , les premiers de l'Etat, les meilleurs amis de votre majesté sont entièrement d^accord , et viennent supplier l'empereur de sauver la patrie. Un décret de déchéance pourrait être le prétexte d'une insurrection; la capitale deviendrait une scène de désordres graves ; le pays serait engagé dans une guerre civile... Poiir éviter ces maux, il est nécessaire que l'abdication de votre majesté vienne d'elle-même ; enfin, qu'elle soit un acte volontaire de son dévouement pour le pays.

// .ne s'agit pas de moi, il s^agit de la France. On €ut que j'abdique; c'est autour de moi, autour de mon

nom , que se groupe l'armée. Je fais partie actuellemenL de ce que rennemi attaque; je fais donc partie de ce que la France doit défendre ^^JMainlenant qua le conseil donne son avis. [S' adressant au conseil (jui se tait.) Je vous comprends; vous êtes tous d'accord.

LE PRliMItR MINISTRE.

Avec des hommes et de l'argent , votre majesté peut repousser ses ennemis ; et sans ce secours , elle ne peut que céder.

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