LE PRÉSIDENT DU CONSEIL
L'opinion publique est avec les chambres; et c'est Ta vis des chambres , qu'un sacrifice est demandé. Il faut défendre le sol de la patrie sans arriére-pensée.
LE GÉNÉRAL SOLICNAC.
Son génie et la volonté nationale ont élevé sa majesté à la souveraineté; mais pouvons-nous rester toujours en guerre? ne serait-ce pas exposer la France aux plus grands malheurs : le bien public doit lui dire d'abdiquer. Le seul recours pour la nation est dans les négociations. L'empereur n'a plus qu'à se retirer dans les États-Unis d'Amérique. Là, sa majesté ne possédera pas les privilèges et le cérémonial du pouvoir suprême; mais du moins ses malheurs la mettront à l'abri des outrages; elle recevra le respect universel et les hommages qui sont dus à ses talens et à son haut caractère.
Déchéance! que la mienne soit résolue, et que l'autorité publique la prononce. Le temps presse , et rien n'est déterminé ! 11 ne reste plus que deux partis; celui de rentrer dans l'intérieur pour y tenter le sort des armes , ou d'aller en exil. La guerre civile ferait périr tout ce que la France a cCliommcs généreux ^ et cela pour n obtenir que quelques arrangemens favorables âmes intérêts person^ nels. Cette idée me répugne; je ne veux point devenir le prétexte du ravas^e de nos provinces , m" priver le parti
national de ses plus rrais appuis , qui , tôt OU lifà > pourront rétablir riionneur et l'indépendance de la patrie. (S'adrcssaiit au CGiiseiL) Quand je suis arrivé au gouvernement, j\:i pris moins d'autorité que l'on ne voulait m en donner» Je suis C homme du peuple ; je n ai jamais voulu l'opprimer pour mon plaisir ; j'ai voulu l'empire du inonde, et ^ pour l' obtenir, un pouvoir sans bornes mêlait nécessaire : qui ne l'aurait voulu à ma place ? Le monde m'invitait à le régir ; j'ai trouvé plus de résistance dans quelques Français obscurs et désarfnés , que dans tous les rois, si fiers aujourd'hui de n'avoir plus un homme populaire pour égal *^ A ma rentrée de Cannes, jeii avais plus qu une mission, c'était de relever la France; mais les alliés n admettent ni le pardon des injures, ni le pardon des bienfaits! [S\idressant au président de la chambre des représentans,) Jesuistouchéde la franchise et des observalions énergiques qui m'ont été adressées sur la crise actuelle de nos allaires : je les sens bien. Je sais ce qui est possible et ce qui ne l'est pas. Retournez à la cham*bre des représentans : demain, j'altendrai leur députation. J^ abdiquerai, s'il le faut ; je cède à la nécessité : tout est décidé maintenant ; je m'en vais en exil.