‹ NapoléonChapitre 5 sur 36 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

BONAPARTE et VOLNEY.

BONAPARTE

Me voilà sans emploi ; mais je me console de ne plus servir un pays que se disputent les factions ; cependant je 7ie puis rester oisif; je vais chercher du service ailleurs. Tu connais la Turquie, où Ton s'occupait d'un armement centre l'Autriche : donne-moi des reriseipiemens sur ce pays; mes services dans C artillerie peuvent m y rendre utile.

VOLNEY

C'est parce que je connais ce pays , que je ne te conseillerai jam,ais de fy rendre.

Eh bien ! j*irai en Russie; on y accueille les Français; tu y as des aw^is avec lesquels tu corresponds.

VOLNEY

Le renvoi de la médaille qu'oit m'y avait dccer7iée, a détruit toutes mes relations avec ce pays. D'ailleurs , les Français quon accueille en Russie ^ ne sont pas de ceux qui appartiennent à ton opinion *. C rois-moi , renonce à ton projet; c est en France que tes talens trouveront le

plus de chances favorables ; plus les factions se succèdent rapidement , moins une destitution est durable,

BONAPARTE

J'ai tout tenté pour être réiniëgré; rien ne m'a réussi. Dans les révolutions , on ne peut compter que sur ce qui est fait.

VOLNEY

Je sais toute La part que le hasard peut avoir sur les déterm,inatio7is politiques. Peu de nations sont parvenues à jouir des bienfaits de la liberté, parce que peu d'entre elles ont eu le courage et les vertus nécessaires ^ : mais le gouvernement va prendre une forme nouvelle ,* et La Pieveillière Lepeaux y aura de l'influence. C'est mon compatriote; il a été autrefois mon collègue. J*ai lieu de croire que ma recommandation ne sera pas sans elïct. Je l'attends maintenant; je pourrai te présenter h lui. Tu sauras ainsi de suite s'il veut nous écouter. Le voici.

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