SCÈNE PREMIÈRE
NAPOLÉOiN BONAPARTE, SON SECRÉTAIRE, LA REVEILLIÈRE LEPEAUX.
LE SECRÉTAIRE
Ma radiation de la liste des émigrés n'étant pas encore prononcée, malgré vos sollicitations, je crains que la pentarchie qui nous domine , ne renouvelle , contre les anciennesfamilles,*lesmcsurcsdespotir|ues de février 1796.
BONAPARTE
Tu m'as accompagné dans la campagne d'Italie; ne t'elFraie de rien ; ta es attaché à ma personne ; ils ne t'arracheront pas à mes côtés; La ReveiUière Lepeaux et moi nous t'en répondons.
LA REVEILLiîiRE LEPEAUX.
Citoyen général.,, aussitôt que j'ai eu connaissance de la réclamati^on de ton secrétaire , je me suis hâté de la mettre sous les yeux du Directoire exécutif,* tu le verras par l'arrêté suivant.
(Donnant l'arrêté au secrétaire» ) LE SECRÉTAIRE , lisant.
« Liberté, égalité, 22 brumaire de l'an 6 de la répu- ».blique une et indivisible. Au citoyen Bonaparte , général » en clief de l'armée d'An2;leterre.
» Le gouvernement , citoyen général , n*a pas vouïtf -!> laisser subsister , parmi les traîtres à la patrie , le nom 3 d'un citoyen qui approche le conquérant de l'Italie.
» Le nom de Fauvelet Eouricnno sera rayé de toutes^ » les listes d'émigrés. »
Dieu merci , c'est une affaire finie.
L/x REVEiLLiÈRE LEPEAux , à Bonaparte.
Te voilà donc de retour à Paris ; j'avais bien prévu que, quelque fussent les grands intérêts à régler au congrès de Radstadt, ta ne serais pas homme à te débattre longtemps avec la chancellerie allemande. Tu as arrêté les bases principales du traité; maintenant, c'est aux diplomates à s'occuper des détails.
BONAPABTE.
Je suis très- satisfait d'èlre de retour de l'Italie , débarrassé de ces fainéans de Vienne ; ils sont sans talens et sans énergie. J^ ai maintenant i5o mille Livres de rentes: avec cette fortune, je suis indépendant. Malgré mon amour pour la gloire, je ne fais point fi des richesses ; je le dis comme je le pense; je ne vante pas la pauvreté en désirant la fortune ; je ne suis pas un capucin '.