LE PERSONNEL DES JOURNALISTES AU TEMPS DE NAPOLÉON
Il faut mettre à part la noble équipe des Débats^ si habilement dirigée par les Bertin. Elle mérite une place d'honneur. Nous lui consacrerons un chapitre spécial.
Joignons-y des hommes de valeur tels que Rœderer, Maret, Fontanes. Ils furent attirés hors de la sphère journalistique à laquelle ils appartenaient ; Napoléon en fit de hauts fonctionnaires grassement payés, mais aussi strictement « enchaînés ».
Quant au reste, quelle piètre galerie 1 Quelle absence absolue de caractère 1 Quelle docilité à servir 1 Quel empressement à se précipiter dans les bureaux de la police pour y toucher les gages de leur domesticité I Cette bassesse est déconcertante 1
Il faut bien l'avouer, Napoléon ne rencontra .pas chez les journalistes, et, d'une manière générale, chez les intellectuels de l'époque, l'esprit de résistance^ et d'indépendance qu'il trouva chez les prêtres et lefi|^ évêques ! •
Les gens de plume auraient-ils pu, avec im peu plus de dignité, élever une barrière morale contre
le despotisme de Napoléon? Il est permis de le penser, car Napoléon redoutait l'opinion publique, et, s'il Pavait trouvée un peu plus résistante, il aurait été contraint de la ménager, autant pour son bien que pour celui de la nation.
Passons-les donc rapidement en revue, ces journalistes du Consulat et de TEmpire. Ce n'est pas que notre profession ait grand honneur à tirer de ces ancêtres. Loin de là !