‹ Napoléon, ou, Schoenbrunn et Ste.-HélèneChapitre 23 sur 57 · LOUISE , HUBERT · texte numérisé non relu

LOUISE , HUBERT

Salut à la beauté !

HUBERT 5 en entrant.

LOUISE

A qui parliez-vous donc là , beau sergent ?

HUBERT

Eh bien , aux tambours du bataillon qui sont logés ici. C'est que, voyez-vous, il va falloir jouer des jambes et des baguettes.

( ^0 ) XOUISE.

Comment, est-ce que vous allez partir?

HUBERT

Eh! non, ne vous faites pas de chagrin, ma syrène; une grande revue , simplement. . . Ah ! ça , où est donc le bourgeois , avec tous ses l3uveurs de bière ?• . .

LOUISE

Ils sont tous au temple, pour le mariage de Mam'zelle.

HUBERT

Le mariage ! . . • ce mot là me fait un drôle d'effet.

LOUISE

Et à moi aussi , beau grenadier !

HUBERT

Je me souviens qu'à Berlin j^ai eu des idées de ce genre là.

LOUISE

Comment , à Berlin ? . . .

Oui, Oui, mais soyez tranquille , ça n'a pas eu de suites fâcheuses. C'est comme à Ratisbonne , il y avait une petite brune. • .

LOUISE

Encore une ! . . . Fi ! c'est affreux !

HUBERT

Celle-là, par exemple , c'est difFe'rent.

LOUISE

Vous Pavez refusée ?

HUBERT

Non , c'est elle qui m'a planté là pour un tambour-major.

LOUISE

Il paraît , Monsieur, que vous avez fait beaucoup de conquêtes ?

HUBERT

En tous genres ; c'est mon état. . . mais aujourd'hui, ça n'est plus ça, c'est pour le bon motif; et dès demain , je demande à mon colonel la permission de vous épouser . . .

LOUISE

Ah! comme il est gentil !

HUBERT

Par exemple, je suis sûr d'avance qu'il me la refusera.

LOUISE

Et moi qui comptais là-dessus... Oh! que je suis fâchée , maintenant, de n'avoir pas pris mon Irompelte de hussards , ou bien... mon houlan qui avait de si belles moustaches , ou bien...

HUBERT , ^interrompant.

Oh ! oh ! îl paraît ma dulcinée, que c'est comme moi à Berlin et à Ratisbonne.

LOUISE

Allez , Monsieur, vous êtes un monstre l

HUBERT

Fixe et immobile, amour de mon cœur... Je vais vous prouver que je ne suis pas de l'infanterie légère... Tenez , laissez-moi faire encore une douzaine de campagnes, et foi de grenadier, je vous rapporte ensuite mon cœur et ma main, une croix de plus et une jambe de moins.

LOUISE

Plus souvent que je voudrais d'un mari invalide!

HUBERT

Et si on faisait la paix , petit cœur de rocher ?

LOUISE

Eh bien ?

HUBERÎ.

Êhbien, je prendrais mon congé, et j'unirais par les liens de riiyménée , la gloire et la beauté.

LOUISE

Vous m'emmèneriez en France?

HUBERT

Oui.

A Paris?

HUBERT

Non . . . mais dans l'endroit où s'est retiré mon brave homme de père : un village superbe , quarante maisons et cent cinquante habitans.

LOUISE

C'est égal, j^accepte.

HUBERT

Eh bien! alors , il ne vous reste plus qu'à dire à l'empereur d'Autriche qu il soit bon enfant.

LOUISE

Je ne peux pas aller dire à l'empereur d'Autriche. . .

HUBERT

C'est donc bien difficile de parler à François?. . è

LOUISE

Ah ! voilà toute la noce qui revient !

HUBERT

Ça ne me regarde pas : il faut que je pense à la revue. Je

Vais m'inslnuer dans ma petite chambre ; car il ne faut pas s'embrouiller dans les feux de file. . . il s'agit d'être bel homme et de soigner la tenue, . . Adieu , ma poule.

( Il sort en chantant : )

Mon bras à ma patrie ,

IMon cœur à nïon arniej Mourir gaîment pour la gloire et son objet. C'est le devoir d'un grenadier français.

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