SCÈNE PREMIÈRE
NAPOLÉON, DE BUBNA, LE DUC, LE GÉNÉRAL, AiDE'DE-cAMP DE SERVICE; HUBERT, LE DOCTEUR,
Maréchaux, Généraux, Officiers supérieurs, le Mameluck de l'empereur.
( Napoléon , s^ arrêtant devant Huhert qui est en serre-file à l'un des pelotons de la ^arde, lui fait signe d'avancer,)
HUBERT , la main au bonnet* Pre'sent !
Tu te nommes Hubert?
Oui, mon empereur. Jérôme Hubert, enfant de Paris. J'ai six frères au service , et mon père est invalide.
Tu étais à Toulon ?
HUBERT
Oui, mon empereur; simple volontaire, et vous capitaine.
NA.POLÉON, Caporal à Marengo ?
HUBERT
Oui , mon empereur, et vous premier consul.
Sergent à Austerlitz?
HUBERT
Oui, sirC; et vous empereur.
Veux-tu un grade de plus?
HUBERT
J'aime mieux la croix , si ça vous est égal, NAPOLÉON.
La voilà î ( // lui donne la sienne , qu^il attache lui « jnême sur la poit ine d' Hubert. )
HUBERT
Merci, mon empereur. Bon , j'ai mon affaire.
( // se remet à son rang,) NAPOLÉON, à un officier supérieur»
Colonel, votre régiment a été oublié... Vous me proposerez quatre légionnaires par bataillon. ( Du fond.) Soldats, je suis content de vous.
DE BUBNA, au duc.
Avec des mots comme celui-là , on prend des empires.
LE DUC , s' avançant {iU'deç>ant de Napoléon. Votre Mcjjesté doit être satisfaite?
Ma garde est magnifique!
LE DUC
Eu vérité, on le demande, si rien pourrait arrêter le cbef d'une telle armée ?
Eh! eh! il ne faut qu'une balle N'est - il pas vrai, comte de Bubna?
DE BUBNA
Oui , sire , rien qu\uie; même celle d'un maladroit.
Depuis quinze ans je vis dans une atmosphère de balles ; mais je ne finirai pas ainsi, ce n'est pas ma destinée. Je n'ai d'inquiétude , sur les champs de bataille, que pour mes voisins
Yoyez-vous, monsieur de Bubna, ma journée n'est pas faite. (// indique du doigt , un point de la sphère céleste. ) Ce soir , à dix heures , regardez là . . . sur la flèche du château de Schoenbrunn . . • vous y verrez une brillante étoile . • . Cette étoile , je la vois tous les jours. . . {Açecfeu^ et comme inspiré.) L'Espagne aura son temps; l'Italie est en marche. Et vous, messieurs les courtisans Autrichiens , qui prêchez la liberté aux universités allemandes, craignez qu'un jour la liberté ne vous déborde. Les rois me détestent, mais les peuples m^aiment.Le sens commun leur dit que je suis l'homme des peuples : ils savent bien ce qu^ils au-
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raient, si l'on me ctilbulait. Voyez mes soldats , comme ils me dierissentj c'est qu'ils me connaissent jusqu^au fond de l'âme. (Se tournant i^ers un marcchaL) N'est-il pas vrai, mareclial , que renipereur est un bon camarade? ( Le maréchal s^incline profondément,^ Maréchal , montrez donc un peu au comte de Bubna la précision de nos manoeuvres. Comte de Bubna! la garde de votre maître est aussi fort b,elle , fort instruite. Je tiens beaucoup à votre opinion sur nous.
DE BUBNA
Sire, je vous la donnerai avec toute la franchise d'un allemand.
NAPOLÉON 5 aux ojficiei^s.
Messieurs , suivez le maréchal.
( Tous les officiers accompagnent le général. — On entend le
commandement. — Les troupes s^ éloignent , et les dernières U^
gnes 5 en quittant la scène , laissent voir Frederick Staps , dont
les yeux sont fixés sur l^ empereur,)