LE GRAND-MARÉCHAL, LE DOCTEUR ANTOMARCHL
LE grand-mar:echai;.
Vous pensez donc , docteur, que Tempereur n'est pas attaqué de cette maladie cruelle qu'on dit tenir à sa famille, et qui enleva son père à quarante ans ?
ANTOMARCHI
Sir Hudson Lowe voudrait le faire croire , mais il n'en est rien.
LE GRAND-MARECHAL
Mais d'où viennent alors ces souffrances affreuses qui le déchirent?
ANTOMARCHI
Depuis trois semaines , et surtout pendant cette dernière nuit si terrible que j'ai passé là, près de son lit, j'ai observé attentivement tous les symtômes du mal, . . Sur mon honneur et ma conscience , j'affirme que Napoléon , sous un autre climat, avec l'exercice qui lui est nécessaire, pouvait encore espérer de longues années . • . C/est la captivité , c'est Fair de Sainte-Hélène qui le tuent.
LE GRAND-MARÉCHAL
Ainsi donc , c'est d'eux seuls que viendra le crime !
ANTOMARCHI
Et votre brave Hubert?
LE GRAND-MARÉCHAL
Il marche encore avec peine; mais sa guérison avance ♦.• Docteur, vous êtes , ici, notre Providence!
ANTOMARCHI
Quand j'ai accepté les tristes fonctions qui me sont confiées , je n^ai pas oublié que l'Europe avait les yeux fixés sur ce rocher... J'ai fait mon devoir; je m'attends à une disgrâce, comme coupable d'humanité; mais j'espère au moins qu'un nom honorable sera l'héritage de mes enfans.
LE GRAND-MARÉCHAL
Il me semble que j'ai entendu du bruit dans la salle du bain.
ANTOMARCHI
Je me rends auprès de notre malade ; car il a besoin des soins de chaque instant, • . De la résignation , monsieur le maréchal.
(78) LE GRAND-MARÉCHAL 5 VarrétauL Espérez-vous nous le rendre ?
ANTOMARCHI
Avant un mois, nous retournerons tous en Europe.
( // sort par la porte à gauche, )