SCENE VIL
LES MÊMES, NAPOLÉON, LE GRAND - MARÉCHAL, LE DOCTEUR ANTOMARCHÏ, MARCHAND.
NAPOLÉON. // est très- faible , et entre appuyé sur le docteur et le grand-maréchal.
Ne vous affligez pas Contre l'ordre du docteur , j'avais
( ao)
voulu ëcrîre;tlelà cette faiblesse qui vous a tous effrayés..» Allez , allez , mes enfans . • . ( Hubert , Claudy et tous les dômes-' tiques se retirent. — Napoléon va s^ asseoir sur le canapé'.) Maréchal, êtes- vous bien sûr que je me suis souvenu de tout le monde, dans mes dernières dispositions?
LE GRAND-MARÉCHAL
Oui, sire.
Pourtant, j'aurais voulu ajouter un dernier codicile à mon testament. Docteur, en aurai-je le temps?
ANTOMARCHI. '
Oui, mais pas aujourd'hui.
Combien pensez-vous que j'ai encore à vivre?
ANTOMARCHI
Mais , sire ...
Répondez * . . L'idée de la mort n'a rien de terrible pour moi : depuis trois semaines , elle est la compagne de mon oreiller. Parlez , parlez sans crainte.
ANTOMARCHI , hésitant.
Avec des soins , des ménagemens, une année entière. • .
NAPOLÉON, r interrompant.
Docteur, vous cherchez à m'abuser... Je n'ai pas un jour, peut-être pas une heure à vivre.
LE GK AND -MARÉCHAL
Sire, écartez ces idées pénibles.
Mon ami , l'heure est venue . . . Docteur , quand je serai mort, que mes cendres soientdéposées près de la fontaine des Saules... ( Au maréchal. ) Mon vieux camarade , j'avais rêvé une tombe ^plus glorieuse . . . Sous la colonne î . . • peut - être un jour î . . • Mon fils , mon enfant , je mourrai sans le voir !..... Maréchal , s'il vous est permis d^arriver jusqu'à lui , dites-lui qu'il n'oublie pas qu'il est né prince français, et qu'il ne porte jamais les armes contre la France. .... Ah ! que je souffre ! . . . C'est un couteau qu'ils ont mis là, et ils ont brisé la lame dans la plaie.
ANTOMARCHI
Consentez à prendre un peu de repos. . .
Oui , le repos éternel. . . Qu'on me porte sur ce lit. . . C'est
celoî qui m'a serri dans mes campagnes. . . c'est là que je dois finir.
( Pendant ce qui précède ^ le maréchal a été appeler tout le
monde, )