‹ Napoléon, ou, Schoenbrunn et Ste.-HélèneChapitre 6 sur 57 · SCÈNE vir · texte numérisé non relu

SCÈNE vir

LES MÊMES , excepté LOUISE.

( Us la salirent tous en répétant : vive la gaîté ! — Mais à peine est -elle sortie ^ quHl s ferment soigneusement la porte ^ et redes^ cendent mystérieusement la scène. ^

FRÉDÉRICH.

Enfin nous voilà seuls , et personne ici ne soupçonne le motif de notre réunion. ( Prenant sur la table un des verres que Louise a rempli, et Véiei^ant : ) A Findëpendance de rAllemagne!

TOUS , r imitant.

A Findëpendance de l'Allemagne !

FRÉdÉriCH, à un étudiant»

Baron, avez-vous des nouvelles?

LE BARON

Notre société fait chaque jour de nouveaux prosélytes. Lé hoble et l'artisan, le pauvre et le riche , briguent tous l'honneur de se joindre aux vrais Amis de la Vertu.

XAVIER

On assure que le prince Charles lui - même veut mettre soa nom sur la liste.

ERÉDÉRICâ,

Et notre armée ?

LE BARON

Hëlas ! toujours en retraite. . .

XAVIER

Nos soldats sont pourtant aussi braves que les leurs. Napoléon. ^

( îo) PRÉDÉRÎCH.

Oiiil mais il faut bien l'ayouer, les talens dn prince Charles le cèdent au génie de Napoléon.

LE BARON

Il suffit donc d'un seul homme pour asservir toute une nation !

FREDERICK

Et si cet homme cessait de vivre ?

LE BARON

Je devine ta pensée.

FRÉDÉRICH.

Son arme'e, privée de ce chef redoutable, n^aurait plus que sa valeur; nous aurions pour nous le nombre et le bon droit, tout s'armerait, et bientôt l'Allemagne affranchie , bénirait la main qui aurait frappé le conquérant.

LE BARON

Ah! si Napoléon venait h Vienne!

FREDERICK

Qui nous empêche de l'aller chercher? Ecoutez ^ mes amis! ( Tous VentourenU ) Vous sentez - vous le courage de sacrifier à notre sainte cause, votre fortune, votre avenir de bonheur, jusqu'à votre existence?

LE BARON

Tout pour la liberté !

TOUS

Nous le jurons!

FREDERICK

Eh bien donc ! qu'un de nous se dévoue au salut de tous. Qu'an nom des peuples qui maudissent leur esclavage, il arme son bras^ qu'il trappe, et qu'il assure d'un seul coup Tindépendance de PAUemagne !

TOUS

Nous sommes prêts !

FREDERICK

Mais qui nous achèvera cette glorieuse entreprise?

TOUS

Moi !

FREDERICK

Mes amis, le ciel seul doit désigner celui d'entre nous qu'il destine à ce noble sacrifice. . . Que vos noms et le mien soient écrits, mêlés ensemble, et que le sort choisisse.

XAVIER

C'est cela, justice pour tout le monde.

( // se met à la fable , et écrit le nom de chacun sur un papier, qu^il roule ensuite. )

LE BARON

Frëdërich , il n'est aucun de nous qui n*aspire à Thonneur d'accomplir cette noble mission ... et je lis dans tes yeux le généreux espoir qui t'anime ; mais nous t'en supplions , laisse - nous te donner une dernière preuve d'amitié'. • .

FREDERICK

Que veux-ta dire ?

LE BARON

Ta fiancée... elle attend de toi le bonheur^ et si tu mourrais, elle ne te survivrait pas. • . Permets-nous de ne pas mêler ton nom à celui de tes amis.

FREDERICK

Qu'osez-vous me proposer?... N'avez-vous pas aussi une amante, une mère, de tendres affections?. . . J'aime Clémence plus que la vie ; mais Clémence mérite que je sois digne d'elle... Plus un mot là-dessus, je vous en prie. . . Xavier , tout est-il prêt?

XAVIER , présentant le chapeau clans lequel il a Jeté tous les

noms.

Voici tous les noms réunis.

FREDERICK

Baron , tirez vous-même celui que le destin appelle.

LE BARON , tirant un nom du chapeau»

Frédérich Staps !

TOUS

Frédéricb !

FREDERICK, atJcc enthousiasme.

C'est donc moi qui suis l'élu de la Providence! c'est mon bras qui doit à jamais délivrer mon pays!. . . Mes amis, vous verrez si je sais tenir mon serment !

TOtrs , prenant leurs verres.

A la gloire de Frédérich ! (^ Ils hoiuent. )

FREDERICK

Surtout, au snccès de mon entreprise!. . . Honneur au Tungenbund ! et qwe chacun répète avec moi le chant sacré des Amis de la Vertu !

Air nouveau de M. Ficcini,

Un jour de gloire ^

Et de liberté, Courte victoire , Trépas enchanté j C'est ia carrière Qui nous est chère , Nous voulons la liberté!

TOUS 1.ES ÉTUDIANS JiN CHCEUR.

Un jour de gloire, etc., etc.

FRÉDÉRICH.

Armons nos bras des fers de l'esclavage. Armons nos cœurs d'un généreux courag'e ^

Le courage , en nos jeunes cœurs.

Est plus fort que l'a^-ain qui tonne ;

La liberté suit les vainqueurs , {bis. )

C'est le courage qui la donne.

CHCEUR.

Un jour de gloire

Et de liberté , etc. , etc.

XAVIER, qui a été au fond.

Mes amîs, de la prudence!... il m'a semble' qu'on nous écoutait . • .

TOUS, reprenant leurs verres.

Chanter , rire et boire , Trinquer en fumant, , C'est la seule gloire Du brave Allemand ; C'est la carrière Qui nous est chère , C'est le refrain de l'étudiant.

XAVIER , au fond.

Non, je me serai trompé, je n'entends personne.

( Ils se rapprochent tous de Frédérich» )

rnÉDÉRicH.

Frères ,aniis , réchauffons dans notre âme ,

De la vertu la belliqueuse fianiiue j Sur la terre de nos aïeux , Que Napoléon frappé tombe, Ou bien descendons glorieux , (hls) Près de nos pères , dans la tombe.

CHCEUR.

Un jour de gloire

El de liberté > etc. , etc.

HUBERT, en dehors.

Holà ! ch ! le bourgeois ! la fille î . . .

FREDERICK

Un soldat français! qu'il ne se doute de rieu.

( Ils reprennent leurs verres et préparent leurs pipes, )

CHCEUR.

Chanter, rire et boire.

Trinquer en fumant ,

C'est la seule gloire

Du brave Allemand 3

C'est la carrière

Qui nous est chère ,

C'est le refrain de l'étudiant.

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