‹ NapolineChapitre 13 sur 75 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Elle invite à grands frais le poète à la mode ; Puis, tandis que pour elle il dit sa plus belle ode, Elle rattache un gant, un noeud, un bracelet; Si l'on chante, elle cause au milieu d'un couplet. Fausse pour être aimable, et bonne par système, Chacun de ses regards semble implorer qu'on l'aime; Et je vous jm^e, moi, qu'on n'en refuse aucun. Elle sait enivrer d'un factice parfum; Elle attire, elle plaît; et moi-même j'avoue. Je la déteste. . . . eh bien ! je comprends qu'on la loue,

Et je lui reconnais un charme séducteur.

Toujours, à son aspect, d'un sentiment flatteur,

Malgré tous mes griefs, je me sentis saisie....

Ah! c'est que l'élégance est de la poésie !

La seconde rivale était une beauté.

Imposante, en effet, par sa rotondité;

C'était tout bonnement une grosse héritière.

Parure de princesse et raine de fruitière;

Sa démarche , son ton et ses discours bavards ,

Ses petits yeux chinois lançant de longs regards ,

Tout en elle disait aux âmes délirantes :

(( PAPA me donnera cent mille écus de rentes! »

Et, contre tout cela, combattait chaque jour Un ange de beauté, de génie et d'amour!

Voilà bien des portraits, dira-t-on, dans ce livre! Eh! quand on voit les gens avec qui l'on doit vivre. Déjà ne sait-on pas le sort qui vous attend? Tel ami , — tel destin, — tel défaut donne tant!

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