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CHAPITRE DEUXIÈME

Elle était de ces gens qu'un malheur déconcerte ;

De ces êtres parfaits et toujours méconnus ,

Vieillis par la raison, mais restés ingénus;

Vivant de sentimens que le m.onde refoule,

Qui peuvent traverser — mais non suivre la foule;

Aigles qui ne sauraient modérer leur essor,

Riches qui ne sauraient diviser leur trésor :

Tout ou rien, c'est le cri de leur âme infinie;

Ils ne peuvent marcher qu'au pas de leur génie ;

Rougiraient d'éprouver un demi-sentiment ;

Un amour, c'est pour eux un entiej^ dévouement :

Ils ne peuvent singer la piété des autres;

Ils \ivent sans croyance, — ou bien se font apôtres;

Ils ne comprennent pas qu'on se donne à moitié

A la religion, à l'amour, l'amitié;

Que l'on prie à midi le ciel, et que l'on aille ,

Après — se promener i« Saint-Cloud, à Vrrsaiilc;

Qu'on aime un peu sa femme, et sa maîtresse un peu, Un peu sa sœur, un peu son frère et son neveu; Que chaque dévouement, chaque amour ait son heure. Ils comprennent qu'on aime une fois — el qu'on mem^e; Ils comprennent qu'à Dieu l'on consacre ses jours. Mais il faut que ce soit sans partage — > et toujom-s.

Telle fut Napoline, et sa fin le dénote;

Elle eût été martyi^e — et ne fut point dévote.

On dit : Qui peut le plus peut le moins ; folle erreur !

Proverbe sm^anné qui me met en fureur !

Lablache ne sam^ait chanter une romance;

Taglioni se perdrait dans une contre-danse ;

L'élégant lord Sejmom^, si brillant à cheval.

Sur un âne rétif figurerait fort mal;

Et Soumet ne pourrait, sans une peine atroce,

Tourner un vaudeville et des couplets de noce !

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