CHAPITRE DEUXIÈME
Napoliiie aperçut Alfred en face d'elle; Il tenait par la main la fière demoiselle Gobinard = — l'héritière au regard engageant. En elle , on croyait voir danser un sac d'argent. Sur sa tête elle avait placé beaucoup de choses ; Des nattes, des bijoux, des épis et des roses. Alfred, avec candeur, admirait tout cela.
Napoline la vit et d'effroi recula.
Mais il ne faut jamais rire dans ime fcte ; L'ennui seul est permis, c'est un plaisir honnête. Napoline étouffait sa gaîté, — cependant Elle se demandait quel étrange accident. Quel devoir imposé , quelle aventure affreuse , Faisait à son Alfred subir cette danseuse. Eh ! comment deviner qu'il a sollicité Cet honneur qu'à sa place un autre eût évité ! Comment croire jamais qu'Alfred l'avait choisie. Et (ju'elle méiilail loule sa jalousie!
INAPOLINK.
Alfjcd vit Napollnc, et rougit aussitôt;
Mais près d'elle il passa, sans lui dire un seul mot
(( De cette grosse femme il est honteux, sans doute, (( Pensa-t-elle ; il me fuit , sa gaité me redoute. « 11 craint de ne pouvoir garder son sérieux, (( En me voyant sourire, en rencontrant mes yeux.»
Salut. — Voici vçnir l'instant des révérences; Les devoirs accomplis, viennent les préférences. On danse par égard , et l'on cause par goût. — Mais il faut accomplir le devoir jusqu'au bout, Reconduire à sa place une danseuse émue , Et Napoline attend ; — Alfred l'a reconnue ;