‹ NapolineChapitre 4 sur 75 · CHAPITRE PREMIER. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. i

C'étaient de longs tableaux des pompes de l'Asie, Des chameaux, des palmiers si pleins de poésie, Des trombes , des volcans , des sièges , des combats , Et, ce qui me plait tant, des bons mots de soldats; C'était enfin la force unie à la finesse. Et tant de souvenirs avec tant de jeunesse!

Alors je l'écoutais avec ravissement; J'aimais la dignité de son regard charmant; J'aimais dans son maintien cette noblesse innée. Des hommes du commun rarement pardonnée. Souvent j'avais besoin de me dire tout bas Qu'elle était mon amie, et qu'il ne m'aimait pas! Mais, grâce au ciel, un voeu tant soit peu malhonnête N'a jamais pu rester plus d'une heure en ma tète. Aussi, sachant éteindre un parjure désir. Je les voyais tous deux s'aimer avec plaisir.

iG NAPOLINE.

Hélas! ce court bonheur ne fut pas sans orage; Car les illusions ne sont plus du jeune âge, Depuis que nos pareils, par de prudens discours. Pour sauver l'avenir déflorent nos beaux jours. Les précoces leçons de leur expérience, Sans éclairer le coeur, troublent la confiance : Même au sein des plaisirs on attend le chagrin. C'est un mauvais service à rendre au pèlerin Que l'avertir toujours des dangers du passage. Dans de certains périls vaut mieux un fou qu'un sage. Tel, sur le front des rocs s'élance avec ardeur. Chancelle — quand du gouffre il sait la profondeur. Vieillards, gardez pour vous vos préceptes arides, Gardez votre prudence, elle sied à \os rides; D'une sublime erreur n'arrêtez point l'excès; C'est la témérité qui fait les grands succès.

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