CHAPITRE PREMIER
La force du jeune âge est dans son ignorance; Vieillards! . . . notre sagesse, à nous, c'est l'espérance !
Mais non.... de nos erreurs les cruels sont jaloux; Le trop plein de leurs ans retombe aussi sur nous. Dans nos beaux jours troublés, la nuit touche à l'aurore A quinze ans, dans l'erreur, on peut rêver encore ^ Mais à vingt ans l'on sait que plaire n'est qu'un jeu. Qu'un cœui^ froid peut parler un langage de feu ; Jeunes, on nous apprend à fuir ce qui nous charme.
Ainsi, l'esprit tremblant d'une indécise alarme, Napoline, à l'espoir se livrant à demi. Sentait auprès d'Alfred un obstacle ennemi;
Puis venaient ces avis d'une grossière adresse, Qui taquinent le cœur et faussent la tendresse,
i8 NAPOLINE.
Qui font d'un pur amour senti profondément Une sotte bravade, un fol entêtement. D'épigrammes sans art les parens sont prodigues. Napoline voyait ces petites intrigues; Elle avait pour tuteur son oncle maternel , Un bellâtre, nomme monsieur de Beavicaslel. Or, on écoute mal un oncle petit-maître.
A ce portrait fidèle on peut le reconnaître
C'était un de ces gens qu'on nomme bons garçons;
De ces vieillards légers qu'on traite sans façons;
Un quasi philosophe à petites idées,
Aux discours peu décents, aux manières guindées.
Futile avec bon sens, ignorant avec goût,
Il savait sans esprit causer fort bien de tout;