‹ NapolineChapitre 46 sur 75 · CHAPITRE QUATRIÈME. io · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME. io

Tel eût été flatteur du tyran sous l'Empire , Se fait flatteur du peuple, et bâcle une satire. De l'argent du libraire ils sont tous envieux ; Et puis la médisance — est ce qu'on vend le mieux.

Lui seul fait tous les frais de notre politique :

L'Europe est un bazar, Paris une boutique.

A l'Argent, notre orgueil lui-même est immolé;

Ce que coûte l'honneur est bientôt calculé.

C'est le budget et non l'honneur que l'on consulte.

Quarante millions!... pour venger une insulte.

Ah ! vraiment, c'est trop cher ! — et l'on courbe le front;

Pour garder son argent, on garde son affront,

Kt l'on supporte en paix l'arrogance ennemie

Par lâcheté.^... Non pas, — mais par économie.

io6 NAPOLINE.

Enfin, dans ce jeune homme au cœur noble, bien ne,

A de bas sentlmens par son siècle entraîné.

Dans Alfred — j'ai montré ce qu'on est dans le monde.

Quand on veut que la mode ou l'argent vous seconde.

Hélas ! dès qu'on y rêve un brillant avenir.

Il faut se faire avare et vain pour parvenir;

Car il faut de l'argent, beaucoup d'argent, pour être

Quelque chose à Paris, — et se faire connaître;

Et, comme Alfred, chacun sacrifie à l'argent

Les rêves de son coem-, d'un cœur même exigeant.

Comme lui , pour briller, à de vaines chimères

On immole ses goûts , ses vertus les plus chères ; —

Puis, lorsqu'on est blasé sur tant de vanité,

Lorsque de ces plaisirs on voit la nudité.

Quand on sait que ce jeu ne satisfait personne.

Que le monde jamais ne rend ce qu'on lui donne. . . .

Sur le passé, l'on jette un douloureux regard —

Aux premiers vœux du cœur on levient, — mais trop tard !

Page 1