CHAPITRE QUATRIÈME. io
Oh! quant à la duchesse, N'allez pas voir en elle une Illustre princesse , Ni madame de R'^'*"'*", ni madame de T — Ce que j'ai peint en elle est la Société, Telle que je l'ai vue, et telle qu'on la trouve; Belle quand elle fuit, — laide quand on l'éprouve; Squelette bien vêtu , mannequin coloré , Frêle idole de bois dans un temple doré ; Beauté de convenance , affreuse sans toilette ; Femme qui gagnerait à n'être que coquette ; Souper de comédie , au dessert de carton ; Fruits de Florence, en marbre, — et roses de Batton ; Nature d'opéra, vertu de mélodrame; Ne donnant rien aux arts, rien à l'esprit, à l'àme. Abreuvant de dégoûts ses plus chers favoris... Voilà comme j'ai \u le monde de Paris.
lo.-i NAPOLIJNF.
L'Héritière — n'est pas un portrait équivoque : En elle, j'ai montré le vrai dieu de l'époque, L'Argent! — qui rend l'esprit et le courage nuls , Qui change le génie et l'amour en calculs; L'Argent! la providence ou plutôt la ressource De l'univers! Dieu saint ! dont le temple est la Bourse. Dans ce temple superbe ouvert à son pouvoir, Le prêtre est un banquier, l'autel est un comptoir; Et le parquet bruyant est le saint tabernacle.
Dont un agent de change est le sublime oracle.
A la voix argentine on nous voit courir tous.
L'argent fait nos talens , dénature nos goûts ;
Tel eut représenté Socrate, Achille, Horace,
D'un infirme au pouvoir dessine la grimace;
Tel eut fait pour l'autel des psaumes en latin,
Flétrit son bon curé du nom de calotin ;