‹ NapolineChapitre 60 sur 75 · TE DEUM · texte numérisé non relu

TE DEUM

Gloire à toi, Dieu puissant, Dieu qui bénis nos armes! De lis et de lauriers décorons le saint lieu : En hymne de bonheur changeons nos cris d'alarmes ; Nous sommes vainqueurs; — gloire à Dieu !

0 délire! ces temps si chers à notre histoire, Ces beaux jours de triomphe, ils reviennent encor ; Les soldats d'Austerlitz, de notre vieille gloire. N'ont pas épuisé le trésor.

Tous les fléaux, d'Alger défendaient les murailles; Un soleil implacable embrasait notre camp, Et la terre complice, eu ses noires entrailles. Cachait un factice volcan.

Nos marins combattaient les écueiis et l'orage j La foudre se mêlait aux éclairs de l'airain ; Mais, pour eux, la tempête est un heureux présage. Un souvenir de Navarin.

On débarque — et l'Arabe a mordu la poussière : Le dey rallie en vain ses bataillons épars.

Celui qui des Français insulta la bannière La voit flotter sur ses remparts.

0 mystères du sort ! ô volonté suprême ! Un Français dans nos mm^s amena l'étranger; On l'appela transfuge. ... et cet homme est le même Que Dieu choisit pour nous venger.

A l'amour de nos Rois sa valeur asservie Voyait dans leur retour un gage de bonheur, Et, pour eux, il fit plus que de donner sa vie, Guerrier, il donna son honneur !

Faisant, d'un nom maudit, un souvenir qu'on aime, La victoire lui jette un éclatant pardon , Et, du pur sang d'un fils, le glorieux baptême Lave la tache de son nom.

Français, de tous vos cœurs cfu'un noble orgueil s'empare. D'un drapeau triomphant qu'importe la couleur? S'il fait fuir l'ennemi, qu'importe qu'il se pare D'un aigle — ou d'une blanche fleur?

Ne troublons point des jours rendus à l'espérance j Fions-nous à nos droits , qu'on ne peut nous ravir. Ce Roi qui sait donner tant d'orgueil à la France Ne peut songer à l'asservir.

Soyons amis.—- Un peuple instruit par la victoire Ne voit dans un succès qu'une grande leçon. Dans le siècle des lois , le flambeau de la gloire Est un guide pour la raison.

Gloire à toi. Dieu puissant, Dieu qui bénis nos armes!

De lis et de lauriers décorons le saint lieu. En hymne de bonheur changeons nos cris d'alarmes. Nous sommes vainqueurs ; — gloire à Dieu !

Villiers-sur-Orge, le 1 1 juillet i83o.

E^p^tttir.

Hepentir.

Dajns ma froide raison rempli de confiance, J'avais dit : (( Nul amour ne sam-a m'enilammer » ; Et dès-lors j'excellai dans l'aride science De plaire — sans aimer.

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