LA JEUNE MENDIANTE
Les heureux époux qu'elle implore, Hélas ! n'ont rien donné.
Eh, quoi! dit-elle en ses alarmes,
Le malheur seul est généreux.
Dieu les punira de mes larmes :
Allons prier pour eux.
Eomanc^.
Hamancf,
HÉLAS ! à ma mère elle-même J'en ai fait le cruel serment; Je ne dirai pas : « Je yous aime » , A celui qui fliit mon tourment.
'l'ji ROMANCE.
Mon regard ne sera plus tendre;
Je l'éviterai chaque jour;
Mais, s'il mérite mon amour.
Son cœur saura bien me comprendre.
En vain à regret je m'engage
A suivre cette austère loi ;
Il est un am.oureux langage
Qui me trahira malgré moi.
En vain , refusant de l'entendre ,
Je serai fidèle à ce vœu ;
La crainte est encore un aveu :
Son cœur saura bien me comprendre.
Dans une parure de fête Il aime la simplicité;
ROMANCE. 273
J'aurai quelques fleurs sur ma tête,
Et son bouquet à mon côté;
Au bal, sans le chercher, l'attendre,
D'avance je m'engagerai ,
Mais tristement je danserai;
Son coeur saura bien me comprendre.
Un chant plaintif peut seul lui plaire
Si je dois chanter devant lui ,
C'est la romance qu'il préfère
Que je veux choisir aujourd'hui.
Je chanterai cet air si tendre
Sans le regarder une fois ;
Mais, au trem^blement de ma voix.
Son cœur saura bien me comprendre.
On ne veut plus que je l'écoute;
t74 ROMANCE.
Mais dois-je feindre un cœur léger?
Non; je fuirai ceux qu'il redoute :
Plutôt mourir que l'aflliger.
De l'amour je puis me défendre
Sans l'offenser, sans le trahir.
En pleurant je vais obéir;
Son coem- saura bien me comprendre.
€^\)an&on.
mndon.
La chose la plus folle Sans peine arrivera , La plus vaine parole Soudain s'accomplira;
a^S CHANSON.
Mais jamais mon Isam-e, Tra deri dera,
La belle que j'adore, Ne me trahira.
La Seine vagabonde
A Pékin coulera.
Et tout à coup son onde
En vin se changera ;
Mais jamais mon Isaure, etc.
Le feu sans étincelles , Sans flammes, brûlera; Le Temps perdra ses ailes, Et Dieu l'arrêtera; Mais jamais mon Isaure, etc.