SCÈNE IX
ws PRÉCÉDENS, VOLDIK, NATALIE, PHŒDOR.
PHŒDOR, annonçant
Les voici !
Le Prince lui fait signe de s* éloigner. Il obéit, DOluOSKl y à part.
Je respire à peine.
N AT A LIE , émue par la surprise et la joie.
Cher Prince !.... Est-ce bien toi que le ciel nous amène ? Pardonne au trouble, à l'embarras Que ton subit aspect nous cause.
En lui présentant son père, que son état d'abaissement semble coumr de confusion.
Sans le respect profond que ton rang nous impose, Mon père, avec transport, eût volé dans tes bras.
DOLOSKI, embrassant Voldik,
C'est à moi de baigner de larmes de tendresse • Le bienfaiteur de ma jeunesse.
En quel état je le revoi !
VOLDÏK.
Et c'est depuis quinze ans
DOLOSKI.
Aux champs de Moldavie, Du Croissant redouté le vainqueur et l'effroi !....
lo NATALIE,
VOLDIK.
N'est plus qu'un vîl mortel abreuvé d'infamie;
NATALIE , le ranimant.
Le crime avilit seul. Voldik en est exempt.
DOLOSKI.
Va ! le sceau du malheur imprimé sur ta vie
Te rend à mes regards plus auguste et plus grand.
VOLDIK.
Oui, je puis, sans rougir, supporter l'esclavage ;
Je n'ai point mérité mes fers.
Mais, Doloski ! ma fille avec moi les partage. Pour embrasser les maux que mon cœur a soufferts,'
Elle a de sa pairie abandonné la plage
Sur des bords étrangers, dans les regrets amers.
J'ai vu se flétrir son bel âge.
Comment ne pas gémir de mes affreux revers !
NATALIE^ viçement , d'un tonexpansîf^ et avec une légère nuance de gaité.
Ah ! contre sa douleur, cher Prince, je réclame ! Libres des faux besoins qui tourmentoient notre âme , Guéris de la grandeur, et sages sans effort , Avons-nous donc sujet de nous plaindre du sort?
Non. Cette terre d'infortune Dès loDg-leiiips n'a plus rien qui nous soit odieux. Sous des traits inconnus à la foule commune
La raison s'y montre à nos yeux, Et calme nos ennuis en épurant nos vœux.