VIII INTRODUCTION
en se bornant aux disciplines présumées simples comme la géométrie ou la mécanique, les progrès du savoir et de la réflexion ont conduit les penseurs les mieux informés de la réalité scientllique, un Henri Poincaré par exemple (et l'on aura l'occasion d'insister sur ce point dans les pages qui suivent) à reprendre vis-à-vis de systèmes classiques, tels que celui d'Eiiclide ou de Newton, l'attitude du doute méthodique, à remettre en question les principes.
Après l'échec de l'espérance positiviste, comment apparaîtront donc les principes qui sont l'objet de la philosophie? Désespérant d'en justilier rationnellement lavaleur, on se contentera de dir€,soit qu'ils sont acceptés du dehors par une convention d'origine sociale, soit qu'ils sont projetés du dedans comme l'expression d'un tempérament individuel. Le philosophe aura le choix d'être un avocat ou un artiste. Il est un avocat quand il argum<nite en faveur de telle ou telle doctrine, observant dans une École l'attitude qu'ont, dans les partis et dans les Églises, les hommes politiques ou les théologiens. Il sera un artiste s'il demande à la coordination de thèmes abstraits cette traduction du rêve intérieur que le poète et le musicien tentent à l'aide d'instruments différents. Conceptions antagonistes, également irréfutables d'ailleurs puisqu'elles ne prétendent pas à l'établissement d'une vérité quelconque, puisqu'elles réduisent la philosophie à la superlicialité d'une synthèse subjective et arbitraire, mais conceptions également insuffisantes, en ce sens qu'elles sont, à cause de leur superlicialité même, impuissantes à rendre compte de soi. Ni le dogme de l'École ni l'œuvre d'art ne naissent par gêné-