ACTIONS DU MILIEU SUR LA FORME DES VIVANTS
sont (le quelque importance pour les manifestations vitales, qui donc s'inquiète jamais du sens dans lequel se fait la rolalion de la terre? Et qui pourrait cependant prétendre que cela est indiiïérent, ou que les faits connus de nous ne seraient pas entièrement changés si notre planète tournait en sens inverse ou avec une autre vitesse ?
Il ne saurait donc être question d'établir les lois de la continuité absolue ; il faut se borner à tracer quelques sentiers dans la forêt, mais n'oublier jamais combien les profondeurs inexplorées recèlent d'inattendu et d'incompris. La méthode qui a permis de défricher les quelques traces dont nous venons de parler est la méthode expérimentale. Ses résultats emplissent d'un immense orgueil Tàme des techniciens, bien que sa colossale insuffisance nous ait surtout frappés à la première réflexion. Il ne faut pas, du reste, que notre mécontentement soit un prétexte à quelque lâche renoncement, mais, au contraire, une excitation à de nouveaux efforts; et nous devons, en attendant, porter à la méthode expérimentale la vénération modérée qui convient à notre meilleur instrument logique et l'utiliser, s'il se peut, pour arracher quelques lambeaux de vérité au mystère du monde.
La méthode expérimentale repose essentiellement sur un mode spécial de la comparaison. Ce travail de notre esprit s'accomplit en statique par le simple examen des ressemblances et des différences et par le jugement que nous portons sur leur importance relative. En cinématique, on peut dire la comparaison sérielle, puisqu'elle s'attache à établir entre les objets vivants des fonctions continues. La comparaison dont on use en dynamique est bisérielle, en ce sens qu'elle met en regard deux séries d'événements, à l'eiïet de rechercher les relations causales immédiatement accessibles. Sans nous étendre davantage sur ce sujet,
que nous avons traité autre part (1), faisons toutefois remarquer que le principal effort de Texpérience en biologie tend à établir des rapports entre les phénomènes vitaux et ceux dont est le siège la matière inorganisée.
Les idées générales de cet ordre, exprimées déjà ainsi que nous Tavons dit par les philosophes grecs, furent reprises plus tard. Ce fut d'abord une exploration vague marquée par les efforts de Paracclse.Ilse nommait Théophraste Bombastde Ilohenheim et naquit en 1493 dans le canton de Schwitz. Il devint professeur de médecine à B&le, en 1527, mais dut plus tard abandonner sa chaire et mourut dans la misère en 1541. Ayant rejeté rautoritéd'IIippocrate, de Galien et d'Avicenne, il oppose aux quatre éléments d'Aristote les trois principes de ce qu'il appelle les mixtes : sel, soufre et mercure. Il croit reconnaître une harmonie mystérieuse entre le sel, le corps humain et la terre, entre le mercure, Tàme et l'eau, entre le soufre, Tesprit et Tair. Quoique ses conceptions soient empruntées au mysticisme alchimique de son temps, il recherche une correspondance entre les phénomènes vitaux et ceux de la matière étudiée chimiquement si imparfaitement que ce fût. On ne peut pas dire qu'il ait établi une causalité quelconque, mais il a reconnu des rapports et fait des rapprochements. Si vagues et si mal fondés soient-ils, ils marquentun pas, indécis sans doute et mal assuré, mais enfln qui est dans la direction dynamique.
Van Helmont (1577-1644) fut le premier à penser que les vivants et d'abord les plantes opèrent chimiquement et que leur vie n'est pas autre chose qu'un ensemble de réactions comparables à celles du laboratoire. Il chercha à démontrer expérimentalement que les végétaux construisent leur substance