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ACTIONS DU MILIEU SUR LA FOnMC DES VIVANTS 163

dniqucmcnt d*air et d*eau. Pour l'homme, il demeu rait encore influencé par les idées contemporaines qui ['écartaient de la nature, et il distinguait en lui deux principes immatériels spéciaux : l'archée, prin* cipe vital qui pénètre le corps entier, qui exécute les fonctions de nutrition et combat les maladies; puis le duumvirat ou âme proprement dite, principe intelligent qui siôge dans Tcstomac et dans la rate et non dans le cerveau.

Nous voyons arriver avec BuITon des idées à la fois plus précises et plus juslcs, attribuant une efficacité pour modifier les êtres aux actions du milieu et spécialement à l'aliment : « La qualité, la quantité de « la chair varient suivant les ditrérentes nourritures. a Cette matière organique, que l'animal assimile à <f son corps par la nutrition, n'est pas absolument « indifférente à recevoir telle ou telle modification ; M elle retient quelques caractères de Tempreinte de « son premier état, et agit, par sa propre forme, sur

« celle du corps organisé qu'elle nourrit L'on peut

«< donc présumer que des animaux auxquels on ne « donnerait jamais que la même espèce de nourrice ture prendraient en assez peu de temps une teinu ture des qualités de cette nourriture. Ce ne serait (( plus la nourriture qui s'assimilerait en entier à la « forme de l'animal, mais l'animal qui s'assimilerait « en partie à la forme de la nourriture. » Et ce dernier point de vue nous paraît singulièrement plus large que ceux mêmes des physiologistes les plus modernes, lesquels, avec leur assimilation fonctionnelle ou non fonctionnelle, regardent toujours la non vie du côté du vivant.

Cependant les études de cet ordre gagnaient peu à peu en précision. En 1733, le jésuite Nicolas Sarrabat démontra pour la première fois que la sève monte dans les plantes par les vaisseaux du bois, et ce fut le prélude des travaux que devait accomplir Dutrochet.

Botaniste éminent, auteur de nombreuses recherches réunies enlS37 sous le titre de: Mémoires pour servir à riiistoire anaiomique et physiologique des végétaux et des animaux^ il a condensé sa doctrine dans les lignes suivantes : « Les êtres vivants doivent être « considérés comme des laboratoires dans lesquels la « nature opère des phénomènes et confectionne des « substances qui ne peuvent avoir de durée que « sous rinfluence des causes particulières qui ont « présidé à leur production. La vie se compose de « phénomènes chimiques et physiques spéciaux qui « doivent se rattacher à la physique et à la chimie « générale. Il faut donc chercher à découvrir quels « sont les phénomènes spéciaux de la physique et de « la chimie auxquels le mouvement vital doit son « existence. Je pense avoir fait le premier pas dans « cette voie par la découverte de Tendosmose. o Cette découverte, en effet, relative au passage des liquides à travers les membranes, fut,*en 1828, le premier pas et un pas considérable ; il n'y a guère dans la suite que celle des diastases, puis des toxines, qui peuvent lui être comparées comme importance. Elles forment ensemble les trois assises fondamentales de nos conceptions actuelles sur les phénomènes vitaux.

Nous ne pouvons suivre toutes les études qui préparèrent rédification de la physiologie ; nous retiendrons seulement celles qui ont mis en évidence des actions capables d'un retentissement certain sur la forme. Déjà William Edwards nous intéresse à ce point de vue avec les expériences qu'il institua dès 1820 et réunit en un mémoire intitulé : De iinfluence des agents physiques sur les animaux vertébrés. Il y établit notamment que la grenouille adulte ne trouve dans Teau assez d'air pour sa respiration par la peau qu'au-dessous de 10". Au-dessus de celte température, elle doit y ajouter de l'air puisé dans Tatmosphère. On peut voir dans le surcroit d'activité

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