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GENÈSE ET GÉNÉRATION

même il y a eu des controverses tenant à l'ignorance des faits ; et sur la genèse les hommes qui tous l'admettent se font deux idées didérenles. Pour les uns la genèse n'a eu lieu qu'une fois, c'est la création. Elle ne s'est pas reproduite depuis, en aucun lieu ni en aucun temps. Que Ton considère ou non celte genèse comme Tœuvre d'un esprit créateur, cela n'importe pas puisqu'il s'agit toujours au fond de la formation des vivants avec le limon de la terre.

D*autres, comme L. Agassiz, pensent que la genèse s'est répétée à diverses reprises et que l'intelligence créatrice a manifesté son pouvoir par plusieurs créations, en nombre limité cependant et générales à chaque fois.

D'autres enfin croient que la genèse ou génération spontanée peut se faire, soit fréquemment, soit accidentellement, à n'importe quel moment de l'histjire de la terre, avec ou sans intervention de l'esprit créateur, AnaTtis, Isis, Aphrodite ou Dieu. Il est du reste curieux de remarquer que ces sujets dont les religions s'embarrassent sans nécessité ne devraient point leur importer du tout.

Voilà donc deux concepts essentiels que tous les hommes ont toujours admis; et la controverse n'a porté que sur la part revenant à chacun des deux processus universellement reconnus. Toutes les théories ou les croyances accordent à la génération une importance incontestée et à la genèse une importance très grande aussi, mais elles la situent diversement dans le temps.

Dès l'antiquité la plus reculée, on se rendit compte de la reproduction par germe non seiilement pour les êtres élevés en organisation, mais même pour les plus inférieurs ; et, par exemple, Homère sait très bien que les mouches engcndrçnt des vers. Nous lisons en effet au chant XIX de l'Iliade : « Je crains « que les mouches ne pénètrent dans les blessures

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« faites par Tairain au noble fils de Méoétius, n'engen «( drent des vers, ne souillent ce corps et que les « chairs ne soient entièrement corrompues. » Cependant à côté de ces affirmations nettes, les idées de génération spontanée étaient fort solides dans le monde antique. £n laissant de côté les données sui lesquelles se sont édifiés les mythes, nous voyons encore Aristote croire que la fermentation du limon produit les anguilles, et que les chenilles naissent de la putréfaction des plantes et de la rosée. Il sait que les papillons, les mouches, les poux^ les mollusques ont des œufs, mais il considère ceux-ci comme ordinairement stériles. L'état d'esprit de ses contemporains ne lui permet pas d'être exclusivement générationiste.

La génération spontanée exposée par Lucrèce admettait la naissance d'animaux même compliqués comme les chenilles, les mouches, les vers, les puces, les souris, aux dépens de matières en décomposition, du mucus et de la rosée. Ces données restèrent courantes pendant tout le moyen âge et la renaissance et même au xvu* siècle John Jonston reproduisait encore les propos d'Aristote sur la naissance des chenilles. Malgré la profession d'Harvey qui en 1651 attribuait un œuf pour origine à tout être vivant, laqueslion était loin d'être tranchée; aussi Redi, médecin des ducs de Toscane à Florence, en reprit-il l'étude d'une façon méthodique. Dans un mémoire sur la génération des insectes en 16G8, il prouva par l'expérience que les vers ne se développent point dans la viande mise à l'abri des mouches et qu'aucun animal ne tire son origine du corps sur lequel on le voit apparaître, mais qu'il provient d'un œuf préalablement dépo^ié par une femelle. 11 fit aussi sur les vers parasites des expériences semblables. A la môme époque Yallisneri ctlectua des recherches analogues et arriva à des conclusions i<lentiques relativement

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