GENÈSE ET GÉNÉRATION
aux vers que Ton rencontre dans l'intérieur de certains fruits. Cet auteur fut conduit à admettre que tous les vers intestinaux se trouvaient dans le paradis terrestre et dans l'intestin du premier homme, ce qui devait plutôt le gôncr, mais il importe avant tout d'être logique et conséquent.
Le débat parut momentanément clos, du moins dans les écrits savants, mais il ne tarda pas à se rouvrir. L'emploi du microscope ainsi que la découverte des êtres inférieurs qui en résulta fournirent d'autres objets sur lesquels on crut pouvoir adapter le concept. Ce fut Needham qui le remit en honneur en 1745. Tout en se défendant du matérialisme, il ^considère la nature comme douée d'une force productive de vie, d'un principe particulier de fécondité capable d'organiser les matières en décomposition et de les transformer eninfusoires. Les animaux produits de la sorte dégénèrent ensuite en végétaux. L'auteur et le système furent très bien accueillis par BufTon qui trouvait ces indications conformes à ses propres vues sur la génération ; elles furent d'ailleurs conservées par Lamarck.
Wrisberg également retirait en 1765 de ses expériences la conclusion que l'eau, la chaleur et une substance animale ou végétale quelconque étaient nécessaires et suffisaient à la génération des organismes.
Un célèbre professeur de Pavie, Spallanzani, combattit énergiquement ces interprétations. Comme Bonnet, avec lequel il était d'ailleurs en relations amicales, il croit à la préexistence des germes pour tous les organismes et pense, relativement aux infusoires, que si Ton obtient des formes diverses de ceux-ci suivant les substances infusées, cela tient à ce qu'avec ces dernières on n'introduit pas toujours les mêmes œufs.
Il fut suivi dans cette voie par Schwann, un des
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auteurs de la théorie cellulaire, puis en 1854 par SchrOder et Dusch.
Le problème paraissait encore une fois résolu ; mais en 1859 Pouchet de Rouen remit tout en question par ses expériences auxquelles s'opposèrent de suite celles de Pasteur. A côté de Pouchet, nous voyons le botaniste Trécul qui, par de multiples essais, dans lesquels toutes les précautions ne sont pas prises, prétend obtenir des générations spontanées et oppose ces faits mal obscnés aux admirables et pour toujours démonstratives recherches de Pasteur. TrécuL ayant rencontré dans Tintéricur de certaines plantes (Calar dium) des filaments de végétaux inférieurs, ne pouvait admettre que dans ces tissus profonds si parfaitement clos, ils avaient pu pénétrer et pensait qu'ils avaient dû y être produits par génération spontanée. Il niait ainsi, pour des idées à priori, toute infestation parasitaire, par laquelle on explique au contraire aujour* d'hui les innombrables faits analogues à celui qu'avait observé Trécul et découverts depuis.
Ce n'était pas au reste d'une plume légère que les hétérogénistes, ou partisans de la génération spontanée, défendaient leur opinion ou plutôt célébraient leur triomphe qu'ils croyaient assuré. Pouchet, le plus fougueux d'entre eux, écrit quelque part (1). « L'un « des hommes qui honorent le plus la science italienne, « l'illustre Mantegazza, dans des travaux qui resteront « à jamais célèbres, a démontré victorieusement com- « bien étaient erronées les théories des panspermistes. « M. Musset de Toulouse et l'illustre professeur Joly, « parleurs importantes recherches subies générations « spontanées, ont porté le dernier coup à cette préic tendue dissémination des germes. M. Ezio Castoldi « de Milan a aussi, dans un savant mémoire critique, « démontré toute Tinanité des hypothèses de M. Pas- « teur. »