CONCLUSIONS
Sommaire. — Scepticisme à Tégard des théories générales fatales productions de la pensée humaine. — Le classement dos théories révèle les lois que suit rintclligcnce pour construii-e. — La connaissance des lois de Tesprit peut servir à le modiRer et à rétendre. — Les progrès techniques. — La science est une action par laquelle se libère matériellement l'humanité.
Dans un autre ouvrage nous avons essayé d'élablir qu'en biologie les faits et les théories actuelles se rangent de façon à constituer une mécîinique. L'élude historique montre qu'il en a toujours été ainsi. Ce n'est donc pas un classement artificiel mais une construction qui répond au fonctionnement même de l'esprit humain pour élaborer la science. De là résulte, à l'égard des théories générales, fatales productions de noire pensée, un certain scepticisme critique.
Y a-t-il à cela quelque mal? Nous estimons plutôt que c'est un bien de ne pas s'endormir dans la béate croyance au succès définitif cl d'être sollicités toujours à l'étude par le doute permanent sur la valeur des résultats atteints. La science c<t née du libre examen, ses hypothèses ne peuvent jias plus être des dogmes que ses méthodes des rites traditionnellemenl accomplis. Le progrès a pour condition première la
crainte de raccoutumance intellectuelie; son plus puissant facteur est Tirrévérence.
On n'en doit pas évidemment conclure à condamner en bloc tous les essais théoriques, puisqu*aussi bien ils sont indispensables et représentent les tentatives mêmes que Thomme fait pour comprendre et pour digérer intellectuellement les données sensorielles. Mais il faut s'attacher à bien dégager les critères pour classer les théories, pour les juger en les comparant avec celles seulement qui leur sont comparables, pour ne pas éterniser de stériles controverses où nous avons fait voir de simples malentendus indépendants de la connaissance des faits.
Du reste, c'est seulement en prenant ainsi conscience des conditions de notre pensée que nous cesserons d'être les éternelles dupes de nos illusions toujours renouvelées, et que nous pourrons peu à peu réussir à nous cn'er, par l'elTort dirigé, une intelligence capable de comprendre les découvertes techniques que nous réalisons.
Puisqu'aussi le facteur le plus certain du progrès est dans la technique, il faut concentrer les plus grands eHorls sur les recherches du laboratoire. Les résultats qu'elles ont donnés et qu'elles donnent sont suffisants pour légitimer dans le passé toutes les satisfactions et dans lavenir toutes les espérances.
Il reste encore que tout le long de son histoire la science, éducatrice de pensées, a été aussi une action permanente, que par ses applications répétées elle a libéré l'homme d*une grosse part de sa tâche matérielle et des souffrances dues aux maladies ou à la mauvaise hygiène. Elle a collaboré à la répartition plus équitable des joies et du repos.
Sa tâche, de ce côté, est maintenant de faire comprendre aux affranchis d'hier quelles sont les véritables joies ne laissant ni remords, ni usures, ni