‹ Nature et surnaturelChapitre 70 sur 89 · Est-ce aussi une vérité de raison et d'expérience · texte numérisé non relu

Est-ce aussi une vérité de raison et d'expérience

2. Explication théologique. 11 y a deux choses à expliquer : notre état physique, et notre état moral.

1. Etat plijsiqne. Dieu avait fait à la nature humaine dans Adam des dons auxquels elle n'aAait nul droit, à charge de lei transmettre aux siens comme un bien de famille ; Adam, en les perdant pour lui-même, les perd aussi pour ses descendants, comme un père de famille, en se ruinant, ruine les siens. Dès lors ces dons précieux ne sont plus pour nous ; mais rien ne nous manque de ce c[ui est dû à la nature comme telle.

Quand on dit que notre libre arljitrc a vl6 affaibli (ou perdu), c'est par comparaison avec les privilèges qu'il avait dans Adam.

Quand on dit que l'homme « en perdant les dons gratuits a été blessé dans sa nature », la formule no signifie pas, de soi, autre chose que la perte de la perfection que la nature même recevait des dons gratuits.

Quelques théologiens ont tenu pour un afTaiblisscmcnt de nos forces naturelles. Le dogme n'y est pas directement intéressé, mais seulement la logique et la science du dogme. Il est rare d'ailleurs (pi'il n'y ait pas là des malentendus ou des influences hétérodoxes.

On voit combien nous sommes loin des conceptions qu'on prête d'ordinaire aux Catholiques, lesquelles sont des conceptions protestantes ou baïanistes.

2. Etat moral. Comment pouvons-nous naître pécheurs, enfants de colère ?

1. Il n'y a pas péché actuel commis, mais péché originel contracté.

2. L'àme est vraiment privée de la grâce, qu'elle devrait avoir dans l'intention divine : elle est détournée de sa un surnaturelle; elle n'est pas, comme elle devrait l'être, amie de Dieu etnepeutlui plaire, Dieu ne trouvant pas en elle ce rcilct divin, qu'il s'attendait, pour ainsi dire, à y trouver.

SyO NATURE ET SURNATUREL

3. Cet état n'est pas directement imputable à la pci'sonnc ni à la volonté de rcntant ; mais il est imputable à la nature Inunaine réalisée dans cet cnl'ant, Dieu ayant voulu, par une disposition positive de sa providence, que tous les mendjres fussent solidali'cs, dans celle épreuve, de l'obéissance ou de la désobéissance du clicf, et fissent comme une seule personne morale avec lui.

4. En somme, l'état de pécbé élant la privation de la grâce sanclillantc en punition d'un acte coupable delà volonté, le péché originel est cette même privation imputable, à cause du péché d'Adam, à la nature c|ui a péché dans la personne de son représentant moral. Ce n'est donc pas un péché personnel, au sens plein de ce mot ; et il n'est pas volontaire en ce sens cpie l'enfant l'ait personnellement voulu, mais en ce sens seulement cju'il est membre de la famille dont le chef l'a voulu, et cju'il forme aux yeux de Dieu une seule personne morale avec ce chef. Il y a donc vouloir au sens où il y a péché, vouloir de la nature humaine et péché de la nature humaine .

3. Où est le mystère. Il n'est pas dans l'état physique de l'enfant, — cet état est son état naturel. Il n'est même pas, à proprement parler, en ce cpie l'enfant est privé, par la faute de notre premier père, des dons précieux que Dieu lui destinait. 11 est dans la solidarité morale, dans ce fait cpie Dieu impute, en quclcjue sorte, à tous les enfants de la famille la faute du chef de famille. Les analogies naturelles des solidarités humaines, fidèles en tout le reste, sont quelcjue peu en délicit sur ce point, c[uoi(|ue non absolument. H y a analogie parfaite dans notre solidarité avec Jésus-Christ. Môme là où il y a mystère, nous voyons assez qu'il n'y a rien contre la justice, ni la sagesse, ni la bonté de Dieu.

APPENDICE I. — CA^'EVAS DES LEÇONS O'] î

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