CC : cornée
Ht: cavité du kyste contenant des cellules desquamées et des leucocytes, t P : paroi épithéliale du kyste.
FR: revêtement épithélial de la membrane de Descemet.
1T: tractus flbro-conjonctif réunissant la cornée à, la capsule cristallinienne .
bord inférieur du cristallin qu'elle n'atteint pas, de sorte qu'il existe entre les deux un détroit par lequel la chambre antérieure comi munique avec le corps vitré.
Un examen attentif avec un moyen grossissement permet de voir que le cristallin n'est pas venu seulement s'appliquer contre la cornée, mais que la cristalloïde antérieure est rompue à sa partie moyenne si bien que les fibres cristalliniennes herniées ont formé un véritable champignon. En outre et surtout il faut remarquer une bande épithéliale de l'épaisseur de l'épithélium cornéen qui est
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lendue entre la crislalloïde rompue et la membrane de Descemet de telle sorte qu'on ne peut se défendre de lui attribuer un rôle dans le déplacement de la lentille. On est d'autant plus porté à le faire que par son autre extrémité (tig. 7) elle a décollé légèrement la membrane de Descemel comme si elle avait exercé une traction sur cette membrane.
Au moment où elle aborde la cornée, la bande épithéliale ne se contente pas de s'y insérer ; elle se coude à angle droit pour s'insi-
Fig. 10. — Détail de la cavité du petit kyste épithélial. Grossissement : 550 diamètres.
Lp : leucocyte polynucléaire.
Ed : cellules épithéliales desquamées.
P: parois épithéliales du kyste.
nuer au devant des masses crislalliniennes où on la perd. Dans la partie inférieure libre de la chambre antérieure, on ne retrouve pas de cellules épithéliales, mais l'angle irido-cornéen est obstrué par une infiltration de cellules et des amas de pigment ; en outre, il est impossible de retrouver le canal de Schlemm. Sur d'autres coupes il est possible de voir l'épithélium tapisser la face postérieure de la cornée qui n'est pas en contact avec le cristallin et atteindre l'angle irido-cornéen (fig. 8). Signalons pour finir une coupe qui nous a paru particulièrement
ninléressante. Elle traverse une petite cavité kystique comprimée Jdans un tractus fîbro-conjonctif s'élenclant de la capsule cristalliunienne à la cornée, dont la cavité est presque remplie par un ccontenu cellulaire (fig. 9). Tandis que les cellules pariétales sont «allongées et aplaties, les cellules de la cavité sont globuleuses et i|quelques-unes particulièrement volumineuses rappellent les figures rpubliées par Meller et où cet auteur a cru reconnaître des coccidies. ILa plupart de ces cellules nous semblent des cellules épithéliales idesquamées et en dégénérescence globuleuse. On distingue entre eelles un certain nombre de leucocytes polynucléaires (fig. 10).
En résumé, l'épithélium cornéen antérieur pénétrant par une fplaie de la cornée a formé des kystes de la chambre antérieure, il aa tapissé la plus grande étendue de ses parois, et a déterminé une I luxation du cristallin, le tout aboutissant en définitive à la suppression complète des voies de filtration de l'humeur aqueuse.
(Observation II. — Plaie opératoire de la cornée suivies plusieurs années après du développement d'un kyste précornéen. — Invasion épilhèliale de la chambre antérieure. — Prolongement en bissac du kyste épithélial sous la conjonctive.
Mine Bed... Jeanne, 27 ans, se présente le 12 septembre 1900 à la i consultation du service de Lariboisière (Dr Delens suppléé par le IDrMorax). La malade vient demander conseil pour une saillie i exagérée du globe oculaire gauche qui pourrait être prise à prei mière vue pour un staphylome opaque de la cornée. Cette saillie | provoque une gêne légère par suite de son volume. Elle constitue » en outre une difformité très apparente et gênante. L'aspect du kyste i est assez bien reproduit dans la photographie que nous prîmes le jjour même. En écartant les paupières de l'oeil gauche, on constate I tout d'abord qu'il ne s'agit pas d'un staphylome cornéen, mais d'une I production kystique volumineuse en forme de croissant et entoui rant le globe oculaire sur ses faces supérieure, inférieure et ex- I terne. La cornée elle-même existe et le bord concave du kyste n'empiète que sur une étendue de 2 à 3 millimètres de la surface
• cornéenne transparente. Cette transparence permet de reconnaître l'iris qui paraît accolé à la face postérieure de la cornée. La paroi
i antérieure du kyste, régulièrement recourbée, lisse, a une coloration I blanchâtre, albuginée. Elle est transparente à moitié et sillonnée
• de quelques pinceaux vasculaires. Le bord convexe du kyste situé du côté temporal paraît s'étendre assez fortement en arrière et l'on n'arrive pas à le délimiter exactement malgré la déviation du globe en strabisme convergent très accusé.
La malade nous raconte qu'elle présentait depuis la. naissance une cataracte congénitale de l'œil gauche. On avait conseillé l'opération de la cataracte et la malade en 1891 était entrée à l'Hôtel- Dieu pour la subir. L'opération avait été faite par Panas. Elle dit
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avoir bougé au cours de l'intervention, ce qui aurait empêché l'achèvement de l'intervention. Celle-ci aurait été recommencée le lendemain sous l'aneslhésie chloroformique. A la suite de l'opération, il ne semble pas y avoir eu de symptômes infectieux ; néanmoins le résultat fonctionnel fut nul.
De 1891 à 1898, la malade ne semble pas avoir été gênée par son œil gauche.
En décembre et janvier 1898, elle présente des.symptômes d'irritation oculaire assez gênants. L'œil était gêné ; il y avait des douleurs péri-orbitaires. Ces symptômes durèrent 2 mois, puis dispa-
Kig. H. — Obs. II. Mme B... Avant l'ablation du segment antérieur. On voit le kyste faire saillie au devant du globe.
rurent complètement. Un an après, en octobre 1899, elle remarque pour la première fois au-dessus de la cornée, un point blanc gros comme la tête d'une épingle, siégeant au-dessus de l'ancienne cicatrice opératoire. Ce point grossit rapidement et atteignit dans l'espace de 2 mois le volume actuel. Depuis lors, l'œil gauche a passé par des périodes d'irritation ou de calme. Il se produit par instants des douleurs péri-oculaires.
Le 11 septembre 1900, on fait avec une seringue de Pravaz une ponction aseptique du kyste et l'on relire 2 centimètres cubes environ d'un liquide transparent ne contenant pas ou presque pasd'élémenls cellulaires et se troublanl à peine par le chauffage après addition d'une goutle d'acide acétique. Après la ponction, la paroi du l<ysle se flélril.mais dès le lendemain, le kyste s'est reformé comme avant la ponction. Notons encore que (avant loule intervention) la
pression sur le kyste était assez douloureuse et que la tension oculaire était un peu inférieure à celle du côté opposé. L'acuité de l'œil droit était absolument normale. Bien que peu fixé sur la nature de ce kyste, nous proposons à la malade, en raison de l'effacement de la chambre antérieure, uneablation du segment antérieur. L'opération est pratiquée le 12 septembre 1900 sous l'anesthésie chloroformique. On dissèque la conjonctive assez loin de la cornée et on ponctionne la région ciliaire à la limite du muscle ciliaire ainsi que le démontrent les préparations analomiques. On enlève
i Fig. 12. — Coupe nntéro-postérieure du segment antérieur montrant la communication du kyste de la chambre antérieure avec le kyste sous-conjonctivul. La chambre antérieure et le kyste sont tapissés par un cpithélium pavimenteux stratifié. — Grossissement: 7 diamètres. I C : cornée.
P : paroi antérieure du kyste exlrabulbaire. chambre antérieure, cavité du kyste extrabulbaire, sclérotique.
iris et corps ciliaire du côté nasal, iris et corps ciliaire du côté temporal. : revêtement épithélial de la capsule crislallinienne. masses cristalliniennes formant une cataracte secondaire. 0 orifice de communication entre la chambre antérieure et le kyste extra-bulbaire.
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