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Les angineux, disait Heberden, n'éprouvent

aucune gêne dans la respiration. » Parry appelle également l'attention sur l'absence de dyspnée dans cette maladie. Wichman dit : « Dans l'angine, la gêne ou la suffocation est rarement assez violente pour qu'on remarque dans l'acte de la respiration un changement différent de l'état naturel. » Jurine dit que les malades qu'il a vu n'éprouvaient aucune peine à respirer.

« Quand à la respiration, dit G. Sée. elle n'est pas troublée, et cette intégrité même est un des caractères les plus intéressants de la maladie. »

« L'angine de poitrine, dit Huchard, ne s'accompagne pas de troubles sérieux dans la respiration ; il n'y a pas dyspnée, mais apnée. »

En consultant les nombreuses observations qui se rapportent à cette maladie, on voit que les troubles de la respiration sont des plus variables, tantôt il y a respiration normale, tantôt dyspnée, tantôt encore respiration accélérée, cette variabilité même des symptômes indique qu'il ne s'agit pas d'une manifestation indispensable à la production de l'accès ; on comprend d'ailleurs bien que l'aortite s'aggravant, il y ait congestion pulmonaire venant compliquer la sténocardie.

La marche de la maladie et sa durée sont extrêmement variables, certains malades voient leurs accès séparés par une longue période de repos, des mois, des années même ; d'autres au contraire en sont atteints presque tous les jours et même plusieurs fois par jour. La terminaison habituelle de l'angine de poitrine organique est la mort, contrairement à ce qui se passe pour l'angine de poitrine fonctionnelle qui guérit généralement.

« La mort, dit G. Sée, est la terminaison la plus fréquente de l'angine de poitrine, et, si tardive que puisse être l'échéance fatale, on doit toujours la prévoir et la craindre. » Les statistiques prouvent, en effet, que les neuf dixièmes des angineux meurent de leur maladie, ajoutons à cela que d'être angineux n'empêche pas de mourir d'autre chose, ajoutons encore que certains cas classés dans la forme organique doivent être considérés comme appartenant à la forme fonctionnelle et nous pourrons conclure que l'angine de poitrine organique tue presque toujours.

Comment se fait-il alors que G. Sée, s'écrie : « En dépit de ces résultats statistiques, la guérison n'est pas exceptionnelle, et les faits rapportés par Heberden, Fotterghill, Gintrac, Beau, Gelineau, Axenfeld, suffisent à prouver que la terminaison de la maladie n'est pas toujours absolument funeste. » C'est que l'éminent clinicien, n'admet pas deux espèces d'angine de poitrine et que ces cas qu'il mentionne sont précisément ceux qui appartiennent à l'angine de poitrine fonctionnelle.

« Je ne saurais, dit-il encore, trop énergiquement protester contre cette dichotomie aussi artificielle qu'erronée. » Huchard dit au contraire que « la terminaison de l'angine de poitrine vraie, livrée à elle-même, est presque toujours fatale. »

La mort est ordinairement subite et le malade tombe comme une masse, comme s'il était frappé d'apoplexie, d'autres fois c'est dans le cours ou à la fin d'un accès. Le mécanisme de cette mort est facile à expliquer, car dans le cas de mort foudroyante sans prodômes, il s'agit généralement d'une embolie, provenant dune plaque

athéromateuse, venant bouclier une branche des artères coronaires; dans le cas de mort pendant un accès, on peut admettre que le cœur, affaibli et dégénéré par une nutrition insuffisante, n'a plus la force de traverser l'orage qui constitue l'accès. La mort peut cependant aussi être lente, car il ne faut pas oublier que les angineux sont artérioscléreux, d'où résulte la dégénérescence du myocarde, la dilatation du cœur et tout ce qui s'ensuit.

La durée de la maladie est éminemment variable, on voit des malades mourir au bout de quelques mois, d'autres au contraire vivent dix, quinze, et même vingt ans.

Sur 18 cas d'après Lartigues, la mort est survenue :

1 fois au bout de

2 1/2 mois 3 à 4 mois 5 mois

2 ans

3 ans

5 à 6 ans

6 à 7 ans 8 ans 10 ans

17 à 18 ans.

a Quand à la durée de la maladie, dit G. Sée, elle est tellement variable qu'on ne peut vraiment lui assigner aucune limite exacte, c'est entre 11 mois et 15 à 20 années qu'elle peut osciller. »

En résumé donc l'angine de poitrine se manifeste par des accès subits et courts, atteignant un homme dans la santé la plus florissante; la première atteinte est généralement provoquée par un mouvement ou un effort;

le malade qui marche ou monte un escalier s'arrête subitement sous l'influence d'une douleur aiguë à la région précordiale, et d'une angoisse indescriptible ; son visage exprime la terreur la plus profonde, ses traits s'altèrent, il pâlit ; la douleur partie du cœur se dirige vers l'épaule et s'irradie à la face interne du bras gauche. Après une ou deux minutes, à la pâleur extrême du visage, succède une rougeur intense, la douleur cesse, l'angoisse disparaît et le patient se remet en route comme si rien ne lui était arrivé.

Mais bientôt des accès semblables se représentent, provoqués par le moindre mouvement, la moindre émotion, ils se rapprochent, leur intensité croît, et finalement arrive ce que le malade redoute chaque fois que son mal le reprend : la mort, subite, instantanée, sans aucun prodrome.

Tel est la description succincte de l'accès type d'angine de poitrine ; tous les malades ne présentent pas cette forme, mais toujours les deux phénomènes primordiaux et nécessaires se rencontrent : la douleur et l'angoisse.

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