Les troubles cardiaques qui accompagnent les accès
d'angor pectoris sont variables ; quelquefois il n'y en a aucun, d'autres fois il y a accélération, d'autres fois encore ralentissement.
Heberden dit avoir vu un cas dans lequel le pouls était resté normal; nous avons vu Parry dire que lantôt le pouls est normal, tantôt inégal.
Jurine dit qu'on n'observe dans le pouls ni palpitation ni intermittence. « En général, dit G. Sée, les contractions cardiaques sont accélérées et violentes, quoique le pouls soit habituellement petit, concentré, filiforme, difficile à saisir. »
On observe donc toutes les modifications possibles du pouls ou même aucune modification.
« Parfois cependant, dit Huchard, il devient tellement petit qu'on peut à peine le sentir (Wall), et j'ai pour ma part, noté la petitesse extrême du pouls avec sa suppression à l'un des côtés... la connaissance de ce fait est extrêmement important, car elle permet d'éviter des erreurs de diagnostic que j'ai souvent vu commettre, cette inégalité des pulsations radiales étant à tort rattachée à un anévrysme aortique ou à un rétrécissement athéromateux de la sous clavière gauche. »
7. Lauder Brunton, Walter Moxon et Huchard, ont constaté l'élévation subite de la pression artérielle pendant les accès d'angine de poitrine. « Dans d'autres cas cependant, dit Huchard, cette tension vasculaire serait diminuée, de sorte qu'on trouverait dans ces phénomènes difîerents la raison de la diversité d'action du nitrite d'amyle. » Il faut donc conclure que ces variations de la tension artérielle ne sont pas constantes dans l'angine de poitrine organique, dans la forme fonctionnelle au
contraire l'élévation de la pression artérielle est la règle.
8. Les angineux présentent-ils des maladies organiques du cœur ? Aucune incompatibilité ne sépare la sténocardie des maladies organiques du cœur, au contraire, par la vieillesse prématurée que celles-ci occasionnent, elles favorisent l'artériosclérose; de plus l'artériosclérose peut envahir les valvules sigmoides et même les valvules mitrales.
< Avant tout, dit Huchard, ils sont artérioscléreux, et ils ne sont aortiques qu'à la faveur de l'artériosclérose. Celle-ci peut envahir la valvule mitrale, déterminer une lésion de cet orifice, alors qu'elle atteint à peine l'aorte, et alors vous vous trouvez en présence de ce fait paradoxal en apparence, d'une angine de poitrine chez un mitral. »
Cet auteur rapporte le cas d'un employé de commerce qui, depuis 3 ans, souffrait d'accès d'angine de poitrine; à l'auscultation on trouva un souffle très intense d'insuffisance mitrale, alors qu'à la base il n'y avait aucun bruit morbide, a J'admets, dit Trousseau, que l'angine de poitrine peut être et est fréquemment symptomatique d'une lésion organique du cœur, mais je l'admets seulement en ce sens qu'il y a une simple coïncidence. »
Je conclus donc pour ce point, qui me parait important, puisqu'il est mentionné dans la question posée par la Société :
L'angine de poitrine peut s'accompagner d'une maladie organique du cœur, mais jamais elle n'en est symptomatique (il est entendu que maladie organique veut dire ici maladie valvulaire) .