‹ Nature et traitement de l'angine de poitrineChapitre 9 sur 24 · Artères pulmonaires · texte numérisé non relu

Artères pulmonaires

courbures qu'à leur diamètre ; les artères pulmonaires, qui figurent au 17« rang, doivent cette rareté d'entreprise à la faible tension du sang qu'elles contiennent et à leur grande élasticité.

L'usure, le choc mécanique, dont les artères sont le siège, paraît avoir une influence marquée sur le développement de l'artériosclérose, mais cette action ne donnera pas des résultats identiques chez les différents individus : de même que dix individus, exposés au même refroidissement, auront dix affections différentes, de même l'usure des artères se produira différemment suivant la constitution du sujet atteint, suivant son loms minons résistentive.

La nature de cette moindre résistance est obscure ; cependant Giovanni, après avoir coupé à des chiens le grand sympathique à travers deux espaces intercostaux, retrouve à l'autopsie, quelques mois plus tard, des plaques jaunâtres manifestement athéromateuses. Le même auteur observa, à l'autopsie d'une femme de 50 ans, sujette depuis longtemps à une névralgie faciale à droite, l'artère temporale droite dure et sinueuse, tandis que la gauche était normale.

En 1875 Botkin remarqua que l'artériosclérose est beaucoup plus manifeste du côté où l'on observait des troubles vaso-moteurs, dépendant d'une lésion unilatérale du cerveau. Huchard{i) cite un cas analogue : chez un malade qui souffrait depuis plusieurs années d'une névralgie brachiale, « toutes les artères du bras et de

(1) HuCHARD, Artérites chroniques et ark'riosclérose (Gaz. hebd. méd. et chir.. Juin 1892).

l'avant-bras du côté gauche, siège des douleurs névralgiques, étaient devenues dures, flexueuses et très athéromateuses, tandis que celles de droite avaient gardé leurs caractères normaux. »

Ces expériences et ces faits cliniques semblent prouver que les vaso-moteurs jouent un grand rôle dans la formation de l'athérome artériel.

Ne pourrait-on pas dès lors admettre que cette moindre résistance du système artériel, chez certains individus, est la conséquence d'une faiblesse particulière du système vaso-moteur. Cette hypothèse expliquerait comment l'artériosclérose fait partie du cortège des maladies diathésiques qui, ainsi que nous nous eflforçonsde le prouver dans notre travail sur la diathèse(l), doivent toutes être rapportées à un trouble du système nerveux.

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